Leslie R. Martin

Aider les enfants à être des acteurs efficaces de leur santé

La seule pensée de devoir aller chez le médecin ou chez l’infirmière scolaire génère chez bien des personnes des sentiments de nervosité, d’anxiété et même de peur. Que le bureau médical soit dans une tour à bureaux, une petite clinique dans un pays en voie de développement, ou dans la pièce contiguë au bureau du directeur, cela ne fait pas de différence : il est possible d’être dépassé à l’idée de l’imminente visite. Pourquoi ? Que peut-on faire pour améliorer l’interaction entre les professionnels de la santé et les patients ? Les écoles ont-elles un rôle à jouer, et lequel, pour enseigner aux enfants comment communiquer avec les fournisseurs de soins médicaux ?

Les recherches indiquent clairement que les médecins et les patients obtiennent de meilleurs résultats lorsque s’installe entre eux une bonne communication et que les patients participent activement à leurs soins1. Les patients – et les personnels médicaux – éprouvent alors non seulement plus de satisfaction, mais l’observance des traitements prescrits est meilleure, les complications sont moindres et les résultats en matière de santé plus positifs. Tant l’Accreditation Council for Graduate Medical Education (http://www.acgme.org) que l’Association of American Medical Colleges (http://www.aamc.org) ont reconnu officiellement le rôle essentiel d’une communication interpersonnelle entre le personnel médical et les patients. Malgré de nombreuses preuves de son importance, tous les fournisseurs de soins de santé ne sont pas de bons communicateurs, et beaucoup de personnes ne savent pas comment participer activement à leurs soins de santé – soit qu’elles ne sachent pas comment s’y prendre ou qu’elles craignent d’être cataloguées comme patients difficiles. Les gens ont non seulement à se battre pour faire ce qu’il y a de mieux pour leur santé, mais en plus ils trouvent difficiles les interactions avec le personnel médical.

Ces schémas s’installent tôt dans la vie. Il est donc tout à fait logique, pour garantir un plus grand engagement, d’enseigner aux enfants comment interagir avec les professionnels médicaux, et cela dès leur plus jeune âge. Cet article présente un cadre pratique permettant de comprendre quels sont les motifs derrière un engagement personnel envers la santé, et suggère des recommandations pouvant aider les enfants et les adolescents à acquérir des compétences dans ce sens. Les suggestions sont proposées pour un environnement scolaire mais plusieurs sont également applicables à la maison. Les professeurs et le reste du personnel (conseillers en orientation, infirmières scolaires) sont invités à travailler avec les parents afin de déterminer quelles seraient les meilleures façons de cibler des enfants ou des groupes spécifiques.

Si les gens ont de la difficulté à interagir avec les cliniciens, c’est parce qu’ils sont convaincus qu’ils n’ont pas grand-chose à contribuer à la consultation médicale. N’ayant pas de formation professionnelle médicale particulière, ils pensent qu’ils n’ont rien d’important à partager. Bien sûr, parler avec un spécialiste peut être difficile. Pour ajouter à ce problème, les interactions médicales sont souvent expédiées, ont lieu dans des environnements peu familiers et peuvent présenter de nouveaux concepts dans un jargon nouveau. Les patients peuvent être affolés par des expériences désagréables : nommons la blouse de papier peu élégante ou les stress liés aux procédures elles-mêmes.

Si les gens ont de la difficulté à interagir avec les cliniciens, c’est parce qu’ils sont convaincus qu’ils n’ont pas grand-chose à contribuer à la consultation médicale.

Ces anxiétés sont souvent plus marquées chez les enfants2. Leur détresse se manifeste alors de diverses manières : ils pleurent, sont violents, refusent de coopérer3. Ces comportements, et d’autres encore, entravent la dispensation des soins médicaux et signalent combien une telle expérience est désagréable pour le jeune patient. Mais les preuves empiriques des bienfaits d’une bonne communication et de bonnes relations dans les soins médicaux étant établies, il est important de trouver des moyens d’encourager la participation active des patients lors de leur expérience thérapeutique. Tout cela débute par l’apprentissage d’une bonne communication avec les pourvoyeurs de soins de santé, les études démontrant qu’une implication active est importante, et ce, même pour les enfants4.

Il est plus facile d’apprendre ces aptitudes de communication tôt dans la vie que plus tard. Des enfants aussi jeunes que deux ans peuvent communiquer quels sont leurs besoins de soins de santé5, et des études indiquent que cette information de la part des enfants et des adolescents, combinée aux observations parentales peut aider les professionnels de la santé à améliorer les soins de santé6.

Les expériences vécues dans l’enfance – alors que des comportements sont adoptés et des habitudes intégrées – ont une incidence sur la vie ultérieure, et cela est avéré dans de nombreux domaines, sans exclure celui de la santé7. Une multitude d’études montrent que les saines habitudes en relation avec des questions comme l’alimentation, l’exercice, l’hygiène dentaire, s’acquièrent très tôt dans la vie8. Par contre, il y a peu d’études qui se sont arrêtées précisément sur la mise en place d’une bonne gestion de la santé dans le contexte de la consultation médicale elle-même. Que pouvons-nous faire pour inculquer ces aptitudes de communication et de défense de ses droits qui sont d’une importance cruciale ? Quelles sont les techniques les plus pertinentes pour les jeunes gens, et comment pouvons-nous les former et les enseigner au mieux?

Information, motivation et stratégies

Tout comme n’importe qui d’autre, les enfants ont besoin de trois choses en particulier pour changer leurs comportements de santé9. Premièrement, ils ont besoin d’information – s’ils ne comprennent pas ce qu’ils devraient faire, il leur sera presque impossible de le faire. Deuxièmement, ils ont besoin de motivation – il ne suffit pas de savoir quoi faire, encore faut-il avoir envie de le faire. Troisièmement, il leur faut des stratégies pour les aider à surmonter des obstacles et atteindre les objectifs qu’ils se sont fixés. Voyons chacun de ces points un peu plus en détail.

Information

L’information, le premier élément nécessaire, comporte deux volets : le don et la réception. Les adultes eux-mêmes ont de la difficulté à fournir à leur médecin, à l’infirmière ou à une autre personne s’enquérant de leurs symptômes, une information succincte et précise. Par contre, les cliniciens ont absolument besoin de recevoir cette information. Comme dans tout, la pratique favorise la compétence, et verbaliser ses symptômes à la longue devient plus facile. La normalisation de ces genres d’échanges les rendra généralement moins anxiogènes. De plus, il est utile de pouvoir utiliser un vocabulaire approprié. Les recommandations suivantes seront donc utiles pour les professeurs, les infirmières scolaires et les parents :

  1. Vous devez enseigner aux élèves la terminologie exacte des parties du corps et de leurs fonctions plutôt que de créer des étiquettes imaginaires en guise de substituts.
  2. Quand les élèves posent des questions sur des parties du corps ou leurs fonctions, il faut leur donner des réponses simples, directes et appropriées à leur âge. Il ne faut pas dissuader les enfants de poser des questions ou manifester de la gêne ou de l’anxiété dans les discussions sur le corps humain.
  3. Ciblez l’information pour le niveau de développement de l’enfant. Par exemple, des études indiquent que les enfants de 5 ans et moins savent ce qu’est un médicament, mais ils l’identifient par sa forme, sa couleur et son goût. Dès 6 ans, les enfants commencent probablement à reconnaître les marques et à identifier le rôle thérapeutique du médicament (par exemple : un médicament pour la toux). Autour de 10 ans, les enfants peuvent comprendre des explications plus complexes sur les médicaments et leur utilisation. Donc, une question de la part d’un enfant du niveau élémentaire demandant pourquoi il doit prendre un médicament nécessitera une simple explication signalant comment le médicament aidera le corps, alors que la même question venant d’un adolescent exigera une discussion plus détaillée sur le pronostic et les éventuelles répercussions de sa prise de la médication ou de son refus.
  4. Utilisez les ressources disponibles pour augmenter la connaissance de l’élève aussi bien que la vôtre (voir l’encadré page 24). Une ressource en ligne particulièrement bonne est Nemours’kidshealth.org – ce site Web offre des ressources pour les parents, les enfants, les adolescents avec des dictionnaires médicaux, des jeux, des questionnaires, des films, des conseils et des recettes appropriées à leur âge. Les documents sont disponibles en anglais et en espagnol. D’autres très bonnes ressources sont : healthychildren.org (pour les parents) et cdc.gov/family/kidsites (pour les adolescents et les familles). Il est important, pour promouvoir les connaissances en santé, d’indiquer aux jeunes des ressources en ligne fiables sur la santé, et de les intégrer dans le programme scolaire de santé11.

Les niveaux d’anxiété étant souvent élevés pendant une visite chez le docteur, la terminologie médicale peut être moins familière, et la rencontre se faire rapidement. Retenir l’information que l’on a reçue au cours de l’entretien avec son médecin peut aussi être difficile. Ainsi, la préparation la plus importante pourrait être d’aider les enfants à être à l’aise de poser des questions et d’admettre que quelque chose n’est pas clair – mais cela est souvent difficile à faire même pour des adultes. La technique suivante permettra aux enfants de se sentir plus à l’aise de poser des questions :

  • Dans un jeu de rôles, introduisez un mot inhabituel. Encouragez les questions sur la signification du mot, puis réaffirmez positivement les demandes. Il est important à ce point de fortifier les aptitudes. Le jeu de rôles ne doit pas nécessairement toujours être en relation avec la santé.
  • Quand les enfants se sentent à l’aise pour chercher de l’information, élargissez la pratique pour inclure d’autres défis tels que des réponses confuses ou précipitées.

Il peut être difficile de noter les éléments importants d’une information. Un aide-mémoire peut être utile. Voici quelques recommandations pour aider les enfants à devenir de bons consommateurs d’information :

  1. Discutez de ce qui arrivera probablement pendant la visite chez le docteur. Si vous avez sous la main un équipement médical de base (par ex. des abaisse-langue, un stéthoscope, un brassard de tensiomètre), vous pouvez les utiliser pour faire la démonstration ou même « pratiquer » la visite chez le médecin. Ayant obtenu les permissions appropriées, certains aspects plus menaçants de la visite (par ex. les vaccinations) peuvent aussi être abordés. Il peut être très utile pour cette discussion d’inviter dans la classe l’infirmière scolaire ou un autre professionnel médical. Ces derniers peuvent partager leur expertise, et grâce à cette interaction, atténuer l’anxiété que certains élèves peuvent ressentir.
  2. Aidez les enfants à formuler leurs questions à l’avance. Ils peuvent les mettre par écrit et les partager avec le clinicien. Les enfants plus âgés et les adolescents peuvent apporter leur liste avec eux et s’en servir pour se rappeler leurs questions. Les éducateurs et les infirmières scolaires pourraient aider les parents et d’autres responsables de soins à élaborer une liste de questions ou d’inquiétudes par rapport aux visites médicales pour des problèmes spécifiques. Dans tous les cas, il faudrait encourager les enfants à être ouverts avec leur médecin. Il n’existe pas de mauvaises ou de stupides questions. Si un enfant a une inquiétude ou si quelque chose le trouble, cela est digne d’attention. Sa requête est justifiée.
  3. Une stratégie utile pour les enfants plus âgés ou les adolescents est de prendre des notes pendant une rencontre médicale ou de le faire immédiatement après si cela n’a pas été possible pendant l’interaction. Noter tout simplement quelques mots-clés peut faire une différence. Si cela n’est pas possible, on peut demander au médecin d’imprimer un résumé de la visite avec ses recommandations.

Motivation

Nous, les adultes, mieux que quiconque, savons personnellement ce que nous voulons – ce qui nous motive particulièrement. Dans ce domaine, les enfants ne sont pas différents, et ils ont, eux aussi, de fortes préférences. Ainsi découvrir quels sont pour eux, les bons objectifs et les bonnes récompenses permettrait d’améliorer nettement les résultats pour la santé12. L’exploration des intérêts et des préoccupations des enfants et des adolescents peut révéler ce qui motive leurs agissements. Cette connaissance n’est pas seulement utile pour les parents, les professeurs et les fournisseurs de soins de santé, elle l’est aussi pour les jeunes. Lorsque ceux-ci apprennent à reconnaître leurs aspirations profondes et à canaliser leurs énergies, il en découle une puissante motivation.

Les enseignants, les conseillers en orientation, les infirmières scolaires et d’autres adultes en qui ils ont confiance, sont des références-clés de comportement pour les étudiants. Leur donner l’exemple d’un engagement envers sa propre santé en étant des modèles de bons comportements, peut être plus puissant que des paroles. Voici quelques conseils pour motiver les jeunes par une action exemplaire :

  1. Choisissez des aliments sains et discutez de ces choix avec vos élèves. Ils remarquent ce que les adultes – professeurs ou administrateurs – prennent à la cafétéria ou apportent dans leur casse-croûte. Ces choix peuvent leur fournir des exemples d’alimentation saine. On peut aussi intégrer de manière informelle, dans d’autres matières, que ce soit en classe ou en-dehors de la classe, le sujet des bons choix alimentaires. On peut, par exemple, partager les détails d’un repas de fête ou la découverte d’une nouvelle recette.
  2. La préparation d’aliments sains, soit en suivant une recette, soit en créant un mélange unique, peut être tout à la fois ludique et éducative. Ce conseil est plus facile à suivre à la maison, mais peut aussi être suivi en classe dans le cadre de simples projets liés aux fêtes ou à d’autres événements spéciaux. Si les installations sont disponibles, on peut en faire une plus grande application dans les cours de sciences domestiques ou de santé. Quand les installations sur place font défaut, il faut proposer plus de devoirs à faire à la maison. Des données indiquent qu’un enseignement sur les aliments intégré à un programme régulier a des répercussions jusque dans l’âge adulte13. Dans toutes les activités de classe impliquant des aliments, il faut être vigilant et veiller à assurer le bien-être des élèves en enseignant la sécurité incendie, en évitant les brûlures, en vérifiant les allergies, etc.
  3. Essayez d’inclure dans le programme des activités d’achat en se concentrant sur les choix positifs, mais sans critiquer ouvertement les choix des familles. Encouragez les parents à inclure leurs enfants lors des courses alimentaires, et même de leur permettre de choisir quelques options saines pour la famille.
  4. Afin de présenter un modèle d’une bonne communication avec le personnel soignant, encouragez les parents (peut-être par un prospectus ou le bulletin d’information de l’école) à permettre à leurs enfants de les accompagner à certains rendez-vous médicaux, comme les vaccinations antigrippales annuelles. Les enfants peuvent ainsi voir des adultes proches interagir d’une manière proactive et engagée avec des cliniciens.

Stratégies

Il ne suffit pas de savoir quoi faire ni même d’avoir la motivation pour le faire ; pour les aider à réussir, les gens ont besoin de stratégies. Une stratégie qui a fait ses preuves pour modifier les comportements est de diviser les taches en parties plus petites, et facilement réalisables14. Cela permet alors une surveillance attentive des progrès, mais permet aussi une réussite plus rapide. Cela améliore l’efficacité personnelle – le sens de ses propres capacités – qui est un important indicateur de la réussite ultérieure15. Voici quelques idées pour aider les étudiants à se fixer des comportements de santé réalisables :

  1. Demandez aux enfants de choisir un comportement de santé précis adapté à leur stade de développement (par ex. manger au moins trois portions de produits frais par jour) qu’ils aimeraient intégrer dans leur vie ; ou encore un indicateur cible de santé qu’ils aimeraient réaliser (par ex. être capable de courir un kilomlètre en moins de cinq minutes). Ensuite, divisez la tache en plusieurs parties. Par exemple, si un enfant ne mange pas beaucoup de fruits et légumes, il est logique qu’il commence par manger une seule portion de produit frais par jour avant d’en prendre deux, et même trois. Si un enfant met 9 minutes pour courir un kilomètre, l’objectif d’une amélioration de 30 secondes par semaine lui semblera moins accablant que de penser qu’il faut qu’il élimine quatre minutes de son temps total. Il faut impliquer les enfants dans la mise au point des étapes, ce qui leur permettra d’être responsables des choix qui influenceront leur santé.
  2. Encouragez la tenue d’un dossier et les affichages visuels. Mettre les choses par écrit les rend plus concrètes, et pouvoir observer ses progrès sous forme de cases cochées, d’étoiles sur un tableau, ou de lignes se déplaçant vers le haut sur une grille, est gratifiant. Les technologies mobiles qui facilitent la tenue de dossiers et l’autocontrôle gagnent en popularité. Leur efficacité n’a pas encore été prouvée par de solides données, mais les chercheurs insistent pour dire que si ces technologies sont utiles pour un individu, elles augmenteront probablement sa motivation16.
  3. Confirmez la réalisation des objectifs de façon appropriée. Parfois le simple fait d’avoir atteint son objectif constitue une récompense suffisante. Par contre, dans le cas de certains objectifs – ou de certaines personnes –une récompense externe est plus efficace17. Veillez à ce que les récompenses correspondent aux objectifs : donner un cornet de glace en guise de récompense pour avoir mangé sainement, n’est probablement pas une bonne idée.

Il peut être parfois difficile d’assurer le suivi de ce que l’on est supposé faire. Des avertissements et des rappels peuvent, et devraient, être introduits dans l’environnement afin de réduire les échecs dus aux simples oublis. Enseignants et parents peuvent aider les étudiants à surveiller leurs comportements et leurs progrès plus efficacement. Voici quelques idées :

  • Encouragez les enfants à placer les choses là elles seront remarquées et retenues. Par exemple, ranger les souliers d’entraînement près de la porte de sortie ou placer les collations saines sur la tablette du haut du réfrigérateur sont un moyen simple de renforcer les comportements ciblés.
  • Enseignez aux enfants à utiliser des notes de rappel – ils peuvent les écrire eux-mêmes et les placer là où elles seront le plus utile. Par exemple, placer une note Post-It® sur le miroir de la salle de bain (N’oublie pas de passer le fil dentaire !) ou une carte sur la table de chevet indiquant : « Fais tes exercices de respiration avant de te coucher ! »
  • Intégrez les technologies de gestion des dossiers dans l’enseignement en classe. Comme nous l’avons déjà mentionné, il existe maintenant des technologies qui peuvent aider les gens à se rappeler des comportements sains, et qui font un jeu de l’enregistrement des données – les enseignants peuvent inclure des données prises à partir de ces dispositifs dans le programme. Dans un cours de mathématiques, ils peuvent utiliser les données du podomètre, ou dans un cours d’éducation physique ces dispositifs peuvent servir à se tenir au courant des compétitions scolaires. Les chercheurs sont en train de mettre au point des applications pour encourager l’adhésion à toutes sortes d’activités allant de la prise de médicaments aux styles de vie sains. Certaines de ces applications sont vraiment spécialisées comme celles qui ont été mises au point pour les patients pédiatriques greffés du Boston Children’s Hospital18. Les chercheurs visent à les adapter à différents groupes d’âges et de problèmes médicaux – en fait, certaines applications vont même jusqu’à s’ajuster à l’utilisateur alors que ses besoins changent. Gardez l’œil ouvert pour de tels outils de pointe !
  • Encouragez les enfants à faire équipe avec des amis. Le partage des objectifs contribue à la motivation – les copains peuvent nous rappeler nos objectifs, applaudir nos succès et nous stimuler par de la compétition. Parfois, les copains peuvent favoriser ces trois expériences, mais ils peuvent aussi exprimer des commentaires négatifs et gênants. C’est pourquoi il est important que les professeurs favorisent une communication positive en exemplifiant pour les enfants des moyens adéquats de partager des encouragements.

Nous lisons dans 1 Corinthiens 6. 19-20 19 que « votre corps est le sanctuaire de l’Esprit saint qui est en vous… vous ne vous appartenez pas à vous-mêmes, car vous avez été achetés à un prix. » Ce texte souligne la grande importance que les chrétiens, et les adventistes du septième jour en particulier, devraient placer sur le maintien de leurs corps en bonne santé et la responsabilité de prendre soin de ces temples. Certes, les cours touchant la santé et les cours d’éducation physique figurent dans la plupart des programmes scolaires. Par contre, les éducateurs mangent souvent mal, ne dorment ni ne font suffisamment d’exercice, et ils ne se soucient pas de chercher l’information nécessaire pour améliorer leur santé. Les éducateurs, les conseillers et les infirmières scolaires ont un rôle fondamental à jouer afin d’aider à inculquer ces valeurs aux élèves à un stade précoce, et cela non seulement à travers un enseignement créatif mais aussi en donnant l’exemple de bons comportements pour la santé.

Une stratégie qui a fait ses preuves pour modifier les comportements est de diviser les taches en parties plus petites, et facilement réalisables.

Les adventistes reconnaissent les éléments les plus familiers du message de la santé, soit adopter un régime à base de végétaux, éviter les habitudes nocives comme fumer et autres choses. Cependant, nous pouvons ignorer l’importance de s’impliquer dans la prise de décisions médicales et de travailler avec nos fournisseurs de soins afin de poser les meilleurs choix pour nous en tant qu’individus. Nombreux sont ceux qui parmi nous ne s’efforcent pas de dialoguer avec leur médecin. Nous ravalons nos questions. Nous sommes des participants passifs et non actifs. Cependant, il ne doit pas en être ainsi pour la prochaine génération. Nous pouvons commencer sans tarder à enseigner aux enfants à devenir des partenaires engagés dans leurs propres soins de santé. De cette façon, nous leur faciliterons l’accomplissement du devoir de prendre soin de leur corps, le temple du Saint-Esprit.

Cet article a été revu par des pairs.

Leslie R. Martin

Leslie R. Martin, PhD, est professeur de psychologie à l'université de La Sierra à Riverside, Californie. Elle a obtenu un doctorat à l’University of California, Riverside et est membre de la Western Psychological Association. Dr Martin est l’auteur et le co-auteur de plusieurs articles sur la psychologie de la santé, la psychologie sociale, et la personnalité.

Citation recommandée :

Leslie R. Martin, “Aider les enfants à être des acteurs efficaces de leur santé,” Revue d’éducation adventiste 41:1 (Janvier–Mars, 2017). Available at https://jae.adventist.org/fr/2017.2.4.fr.

NOTES ET RÉFÉRENCES

  1. Debra L. Roter et Judith A. Hall, Doctors Talking With Patients/Patients Talking With Doctors: Improving Communication in Medical Visits, 2éd. (Westport, Conn.: Greenwood Publishing Group, 2006).
  2. Colleen Lacey, Marsha Finkelstein, et Megan Thygeson, “The Impact of Positioning on Fear During Immunizations: Supine Versus Sitting Up,” Journal of Pediatric Nursing 23:3 (Juin 2008):195-200; Mark Lumley, Barbara Melamed, et Linda Abeles, “Predicting Children’s Presurgical Anxiety and Subsequent Behavior Changes,” Journal of Pediatric Psychology 18:4 (août 1992):481-497.
  3. Lumley, Melamed, et Abeles, “Predicting Children’s Presurgical Anxiety and Subsequent Behavior Changes,” ibid.; Dynnette Hart et Elizabeth Bossert, “Self-reported Fears of Hospitalized School-aged Children,” Journal of Pediatric Nursing 9:2 (avril 1994):83-90; Paul Jacobson et coll., “Analysis of Child and Parent Behavior During Painful Medical Procedures,” Health Psychology 9:5 (janvier 1990):559-576.
  4. Arlene Butz et coll., “Shared Decision Making in School-age Children With Asthma,” Pediatric Nursing 33:2 (mars 2007):111-116.
  5. Cristina Nova, Elena Vegni, et Egidio A. Moja, “The Physician-Patient-Parent Communication: A Qualitative Perspective on the Child’s Contribution,” Patient Education and Counseling 58:3 (septembre 2005):327-333.
  6. Gordon H. Guyatt et coll., “Children and Adult Perceptions of Childhood Asthma,” Pediatrics 99:2 (février 1997):165-168.
  7. Neal Halfon et Miles Hochstein, “Life Course Health Development: An Integrated Framework for Developing Health, Policy, and Research,” Milbank Quarterly 80:3 (septembre 2002):433-479.
  8. Howard S. Friedman et coll., “Stability of Physical Activity Across the Lifespan,” Journal of Health Psychology 13:8 (novembre 2008):1092-1104; Vera Mikkila et coll., “Consistent Dietary Patterns Identified From Childhood to Adulthood: The Cardiovascular Risk in Young Finns Study,” British Journal of Nutrition 93:6 (juin 2005):923-931; Robert Malina, “Tracking of Physical Activity Across the Lifespan,” President’s Council on Physical Fitness and Sports Research Digest 3:14 (septembre 2001):1-8; Dorthe Holst et Annemarie A. Schuller, “Oral Health in a Life-course: Birth Cohorts From 1929 to 2006 in Norway,” Community Dental Health 29:2 (juin 2012):134-143.
  9. Leslie R. Martin, Kelly B. Haskard-Zolnierek, et M. Robin DiMatteo, Health Behavior Change and Treatment Adherence: Evidence-based Guidelines for Improving Healthcare (New York: Oxford University Press, 2010).
  10. Christina De Maria, Marie-Thérèse Lussier, et Jana Bajcar, “What Do Children Know About Medications? A Review of the Literature to Guide Clinical Practice,” Canadian Family Physician 57:3 (mars 2011):291-295.
  11. Saud F. Ghaddar et coll., “Adolescent Health Literacy: The Importance of Credible Sources for Online Health Information,” Journal of School Health 82:1 (janvier 2012):28-36.
  12. Martyn Standage et coll., “Predicting Students’ Physical Activity and Health-related Well-being: A Prospective Cross-domain Investigation of Motivation Across School Physical Education and Exercise Settings,” Journal of Sport and Exercise Psychology 34:1 (février 2012):37-60.
  13. . Worsley et coll., “Does School Health and Home Economics Education Influence Adults’ Food Knowledge?” Health Promotion International (août 2015): http://oxfordjournals.org. doi: 10.1093/heapro/dav078. Consulté en décembre 2015.
  14. Martin et coll., Health Behavior Change and Treatment Adherence, op. cit.; Thomas Bodenheimer, Connie Davis, et Halsted Holman, “Helping Patients Adopt Healthier Behaviors,” Clinical Diabetes 25:2 (avril 2007):66-70.
  15. Martin et coll., Health Behavior Change and Treatment Adherence, ibid.; Albert Bandura, “Self-efficacy: Toward a Unifying Theory of Behavioral Change,” Psychological Review 84:2 (mars 1977):191-215.
  16. Lora E. Burke et coll., “Current Science on Consumer Use of Mobile Health for Cardiovascular Prevention: A Scientific Statement From the American Heart Association,” Circulation 132 (août 2015):1-57; Leslie R. Martin et V. E. Haro, “Adherence Technologies and Treatment Engagement,” dans W. O’Donohue, L. James, et C. Snipes, éds., Practical Strategies and Tools to Promote Treatment Engagement (New York: Springer, sous presse).
  17. Martin et coll., Health Behavior Change and Treatment Adherence, op. cit.
  18. Tripp Underwood, “Improving Medical Adherence in Kids? There’s (Going to Be) an App for That,” Thriving—Boston Children’s Hospital’s Pediatric Health Blog (July 2012): http://childrenshospitalblog.org/improving-medical-adherence-in-kids-theres-going-to-be-an-app-for-that/. Consulté le 20 juin 2014.
  19. Le texte biblique est tiré de la Nouvelle Bible Segond (NBS), 2002.