Nancy J. Carbonell

Le discours intérieur : Ami ou ennemi ?

Nos pensées influencent-elles nos actions et nos sentiments ? Étant enseignante, l’exploration des facteurs favorisant la motivation et l’assurance de mes élèves face à de nouvelles tâches ou de nouvelles possibilités d’apprentissage, a toujours retenu mon attention. Cet intérêt m’a finalement poussée vers des études en psychologie, qui m’ont fait découvrir les recherches sur le rôle considérable qu’ont les pensées sur nos actions et nos émotions. Souvent, ces pensées et ces messages articulés par notre voix intérieure surviennent sans même qu’on s’en rende compte.

Se parler tout seul est l’expression courante pour ce monologue intérieur. Siegrit1 le décrit comme étant le discours intérieur d’une personne, soit à haute voix ou dans ses propres pensées. Cette voix intérieure – positive ou négative – s’insinue souvent dans l’esprit des gens, renforçant et confirmant les perceptions et croyances qu’ils entretiennent envers eux-mêmes, ou envers le monde qui les entoure. Un discours intérieur positif aide les gens à se sentir bien dans leur peau tout en augmentant la motivation et le sentiment d’être compétents. Un discours intérieur négatif tend à déprimer les gens et les pousse à baisser les bras, ou à se laisser submerger par de mauvaises pensées. Ainsi donc, les propos intérieurs négatifs que nos élèves peuvent générer, ont le potentiel d’être l’une des sources les plus néfastes de critique qu’ils n’auront jamais à affronter, surtout du fait que ce discours intérieur est continuel, et que souvent il n’est pas contesté.

Jeune élève au primaire, je n’avais pas conscience de l’importance de ces propos intérieurs, mais je me souviens d’en avoir été affectée. Je venais tout juste d’être inscrite dans une nouvelle école, et l’enseignante avait annoncé que le lendemain elle formerait différents groupes de lectures d’après notre capacité à lire. Je rapportai mon livre de lecture à la maison afin de m’entraîner avec ma mère. Je voulais me retrouver dans le « meilleur » groupe de lecture parce que je savais qu’une de mes amies s’y retrouverait certainement. J’aimais lire avec ma mère. Elle m’écoutait attentivement et me faisait des suggestions propres à améliorer ma lecture. Elle me disait : « Respire après chaque point pour marquer un petit arrêt » ou « reprends ce passage avec une voix triste parce que le garçon dans cette histoire est triste ». Puis, elle me complimentait spontanément. « Très bien. Tu lis tellement bien », me répétait-elle sans cesse, et moi je buvais ses paroles. Le lendemain, alors que mon enseignante me disait combien elle appréciait que je lise si bien, je me rappelle avoir pensé : « C’est sûr que je lis bien ! Même ma mère me le dit ! » À partir de ce moment, et pour des années à venir, mon discours intérieur positif sur mes capacités de lecture, me venait naturellement.

Le contraire est tout aussi vrai. Les messages négatifs qu’enfant nous nous adressons, peuvent également nous affecter, particulièrement si nous ne les contestons pas. Par exemple, ce n’est que très rarement que j’arrivais à frapper la balle au softball, et souvent, ce n’était qu’après quatre balles et une « promenade » que j’arrivais à entrer dans la première base. De nombreuses fois, par contre, mon « impatience » amenait l’arbitre à crier « ÉLIMINÉE ! » S’il m’arrivait d’être à la batte quand les bases étaient occupées, j’entendais les voix funestes de mes camarades : « Oh non, c’est à elle de frapper la balle » alors qu’en même temps, de l’équipe adverse, s’élevaient des cris de joie.

En de telles occasions, mon discours intérieur ressemblait à cela : « Je n’arrive pas à frapper cette stupide balle suffisamment loin ! », « on va perdre à cause de moi », « la batte, c’est pas pour moi ! », « Je déteste le softball ! » Avant même de m’avancer pour frapper la balle, j’étais vaincue. Par mes propos intérieurs négatifs, j’étais mon pire diffamateur. Je ne cessais de répéter : « La batte, ce n’est pas pour moi ! Je déteste le softball ! » Avec un tel monologue intérieur, je m’empêchais de jouer du mieux possible… enfin, jusqu’à ce qu’un professeur d’éducation physique à l’école secondaire m’aide à modifier mon discours intérieur. Ses encouragements m’ont permis de commencer à me dire à moi-même : « Elle croit en moi. Essaie encore une fois. » C’est ce que j’ai fait. Au cours de la dernière année du secondaire, vers la fin du mois d’octobre, je suis devenue la lanceuse de notre équipe de softball senior. Cette illustration nous montre combien il est facile de s’enliser en se focalisant sur nos exercices d’autopersuasion négative. Ces derniers peuvent éroder notre confiance en nous et notre estime personnelle et saper notre motivation à faire quoi que ce soit.

Attardons-nous ici un moment pour explorer la possibilité qu’une personne soit réellement très mauvaise au softball, en maths ou dans l’art de parler en public. Il est rare que quelqu’un soit bon en tout ! En fait, il serait inefficace et inutile de ne pas vouloir reconnaître la vérité. Alors comment décider si notre monologue intérieur négatif est vrai ou faux, et s’il est vrai, qu’est-ce qui le rend destructeur ? Un discours intérieur négatif est particulièrement dommageable s’il nous garde englué dans un sentiment d’échec. Bien qu’il puisse être impossible de maintenir un dialogue intérieur positif dans des périodes difficiles, il est important de veiller délibérément à limiter les dialogues intérieurs négatifs en se concentrant sur nos qualités. On fera ainsi un meilleur usage de nos forces psychiques. Je suggère de prendre conscience volontairement de notre propre discours intérieur, d’évaluer sur quelles preuves il s’appuie, de rechercher un regard extérieur, et de se concentrer sur les forces qui peuvent nous faire avancer.

Un bon usage du dialogue intérieur m’aurait conduite à reconnaître mes défaillances en softball tout en évaluant mes talents. Par exemple : « Je ne suis pas formidable au softball et je n’aime pas ce sport, mais je suis une bonne pom-pom girl pour mes camarades qui jouent sur le terrain ». Ce genre de monologue intérieur s’arrête sur les choses que l’on peut faire avec succès. En voici un exemple : « Je chante mal, mais je prononce d’excellents discours. »

L’importance du discours intérieur

Les premiers travaux des chercheurs dans ce domaine2 suggèrent que les considérations sur soi-même et les images positives sont si puissantes qu’elles ont des effets favorables sur la connaissance de soi que l’on a engrangée. Elles nous préparent à adopter de futurs comportements constructifs. Inversement, les considérations sur soi et images négatives ont des effets néfastes sur la connaissance de soi engrangée, et incitent à de futurs comportements destructifs.

On commence à se parler tout seul très tôt dans l’enfance, et tous, nous le faisons naturellement. Les messages de nos propos intérieurs jaillissent des croyances que nous élaborons sur nous-mêmes tout au long de notre vie, et se calquent sur la façon dont nous interprétons les messages des autres (parents, fratrie, parenté, camarades de classe, enseignants, patrons, etc.). En prêtant l’oreille à vos discours intérieurs vous aurez une indication de la façon dont vous vous considérez. Vous aimez-vous ? Avez-vous tendance à vous sentir vaincu avant même d’avoir essayé ? Êtes-vous confiant ? Vous considérez-vous comme un gagnant ou un perdant ? Tous, nous utilisons notre monologue intérieur pour juger qui nous sommes, comment les autres nous voient, comment nous nous voyons nous-mêmes, ce que nous pensons pouvoir faire ou ne pas faire, si l’on fait les choses correctement, quelles sont les décisions que nous prendrons, et si nous sommes appréciés ou pas. Il s’agit d’un jugement intérieur qui ne cesse pas, et qui influence constamment nos actions et nos décisions. Il est nécessaire de rester conscient du ton de ces messages, et donc de la façon dont nous nous percevons nous-mêmes.

La parole intérieure, selon certaines recherches, modèle la façon dont les gens envisagent la vie et abordent leurs problèmes. Celle-ci peut augmenter la motivation, réduire le stress, soulager les craintes, améliorer la performance sportive et compétitive, augmenter les sentiments de compétence et d’estime de soi3.

Une étude de Kross et de ses collaborateurs4 suggère à son tour que la manière dont quelqu’un se parle positivement à lui-même est importante. Un discours intérieur à la première personne – « je » – indique que nous parlons de nos propres émotions, du moi émotionnel. Cependant un discours intérieur positif, qui cherche à transmettre un appel à l’action ou une directive, est plus efficace s’il permet de prendre ses distances par rapport à soi-même en se parlant, soit à la deuxième personne – « tu vas très bien t’en sortir » – soit à la troisième personne – « elle va très bien s’en sortir » en parlant de soi. Cette étude suggère que se distancer de soi semble aider les gens non seulement à faire face à la dépression et à la colère relatives à une rumination du passé, mais aussi à l’anxiété sociale concernant l’avenir. En bref, pour obtenir un changement ou un élan motivationnel, se parler tout seul à la deuxième ou la troisième personne est ce qu’il y a de plus efficace.

Le discours intérieur dans la Bible – Élie

Dans 1 Rois 18 et 19, Dieu demande à Élie d’aller confronter le roi Achab, la reine Jézabel, et ses 450 prophètes de Baal, afin de voir qui, de Baal ou du Dieu d’Israël, est le plus puissant. Cette histoire est une illustration du pouvoir du dialogue intérieur. Après une longue et épuisante journée pendant laquelle il avait observé les prophètes de Baal crier et supplier en vain leur dieu, Élie s’approche, adresse une simple prière à Dieu, et voilà !, un éclair de feu venant du ciel consume instantanément le sacrifice qui avait été imbibé d’eau. De plus, à peine Élie avait-il demandé à Dieu de mettre fin à la sécheresse de trois ans, que « de toutes parts le ciel devint noir de nuages, le vent se leva, et une forte pluie se mit à tomber » (1 Rois 18.45, NBS5). Quel grand jour pour Élie et tous les adorateurs de Dieu ! La puissance de Dieu s’était manifestée aux yeux de tous !

On pourrait penser qu’Élie se serait dit à lui-même : « Incroyable ! Si Dieu est avec moi qui peut être contre moi ? » Cependant, peu après son immense triomphe, Élie est terrorisé parce que la « puissante » et effrayante Jézabel cherche à le tuer. Alors qu’il fuit au désert pour lui échapper, il exprime son désir de mourir en ces mots : « Cela suffit ! Maintenant, Seigneur, prends ma vie »… (1 Rois 19.4). Pour quiconque regarde cette scène de l’extérieur, cela n’a aucun sens ! Comment Élie peut-il avoir, un moment, expérimenté la grande puissance et l’omnipotence de Dieu, et l’instant d’après s’enfuir de peur ? Que se passe-t-il ?

Nous avons là un bon exemple de la manière dont un discours intérieur négatif peut nous mener à des pensées dépressives et à la conviction que nous sommes condamnés à un échec, même quand nous avons à notre disposition toute l’aide nécessaire pour réussir. Probablement le discours intérieur d’Élie ressemblait-il à quelque chose comme cela : « Elle va me trouver et me déchirer ! Je ne pourrais pas me défendre ! Je suis seul et elle a de nombreux soldats à son service ! Fuis ! » Même si Élie se tenait debout sous les « pluies » de la toute-puissance de Dieu, son dialogue interne négatif l’écrasait.

Le discours intérieur dans les écoles

Vygostky6, l’un des premiers éducateurs à signaler l’importance du monologue intérieur, a décrit comment, en général, il se manifeste chez les jeunes enfants. Alors que les enfants grandissent, le monologue devient plus interne. Il fait partie de leur expérience quotidienne et de leur existence, quoique souvent cela ne soit pas perçu par les observateurs. Se parler tout seul peut jouer un rôle clé pour anticiper le refus, la désapprobation, la gêne, l’incapacité, le désespoir et les sentiments de rejet chez les enfants. Ceux qui démontrent une affectivité négative mesurable, de l’anxiété et un discours intérieur négatif, peuvent avoir de mauvais résultats scolaires si ces symptômes ne sont pas correctement identifiés et examinés. De fait, des expériences cliniques ont démontré que le monologue intérieur négatif peut servir d’indicateur pour deux troubles qui se retrouvent chez environ 10 pour cent des enfants aujourd’hui, soit les troubles anxieux et les troubles dépressifs7.

Les éducateurs pourraient mettre en pratique le discours intérieur dans leur communauté scolaire. Comme évoqué plus haut, le dialogue intérieur est soit positif soit négatif. Il est donc nécessaire d’enseigner aux élèves que lorsqu’ils sont positifs, les propos intérieurs remontent le moral, sont encourageants, motivants et inspirants alors que lorsqu’ils sont négatifs, ils freinent la croissance, sont générateurs d’angoisse, dommageables et destructeurs. En identifiant le discours intérieur que nos élèves utilisent, nous obtenons un aperçu des messages qu’ils se répètent, et pouvons voir s’ils leur sont utiles. Les enfants, souvent, ne sont pas conscients du dialogue ininterrompu dans leur tête ni de la puissance de ce genre de conversation. Nous pouvons les aider à se mettre à l’écoute de leur discours intérieur, ce qui leur permettra de mieux en régler les messages de façon à ce qu’ils leur soient bénéfiques – les calmant dans un moment d’anxiété ou les arrêtant dans leurs propos intérieurs autodestructeurs comme : « Personne ne m’aime et je n’ai pas d’amis. »

De nombreux chercheurs croient que le fait d’être en colère, de se sentir blessé, stupide, rejeté, stressé, anxieux, a pour cause première ce qui nous arrive dans la vie. Grâce aux travaux d’Albert Ellis, Aaron Beck et Daniel Meichenbaum8, tous trois psychothérapeutes de renom dont le travail professionnel a souligné le besoin d’explorer intentionnellement notre façon de penser, nous connaissons maintenant l’importance d’éliminer les pensées négatives afin de réagir et/ou se comporter de manière plus fonctionnelle. Non maîtrisé, le dialogue intérieur négatif peut entraver la motivation et les succès futurs, et affecter l’interprétation que nous donnons aux événements dans notre vie. Par exemple, disons que Jake9 apporte à sa petite amie Susan un cadeau – un album d’un de ses artistes préférés. Elle le voit approcher et se dit à elle-même (monologue intérieur) en souriant : « Il m’aime vraiment. Il n’a pas oublié mon anniversaire. Il tient à moi. » Quelle sera la réaction de Susan à ce cadeau ? Peu importe ce qu’elle fera, c’est sûr que ce sera positif, n’est-ce pas ? Par contre, si des amis lui ont dit que Jake et Amanda ont été vus se tenant la main et s’envoyant des textos, elle peut penser en elle-même : « Quel voyou ! Il sait que je sais qu’il a flirté avec Amanda, et maintenant il m’apporte cet album pour se faire pardonner. Il n’en est pas question ! » Alors, comment réagira-t-elle ? Sans aucun doute, très négativement. Même s’il lui dit : « Non, je t’apprécie et je veux être ton petit ami », si Susan continue à croire qu’il se moque d’elle, rien ne la fera changer d’avis ni d’attitude.

De plus, que Susan puisse devenir déprimée ou non dépendra aussi de son autopersuasion. Si elle se dit à elle-même : « Je ne vaux rien. Je ne suis pas aussi jolie qu’Amanda, ce n’est pas surprenant qu’il la préfère à moi. » Ce discours va renforcer ses sentiments de piètre estime et de manque de charme, et cela pourra la conduire à déprimer. Par contre, si elle se dit à elle-même : « Je suis contente d’avoir découvert maintenant ce qu’il aime. Je mérite mieux que ça », il est fort possible qu’elle oublie cet incident plus rapidement, et passe à autre chose. Comme vous pouvez le voir, souvent ce n’est pas un incident qui affecte nos sentiments. Ce que nous croyons et nous disons à nous-mêmes, voilà plutôt ce qui façonne nos ressentis.

Les étapes vers un meilleur discours intérieur

Pour transformer nos ennemis en amis – nous parlons du discours intérieur négatif – il faut de la détermination, de la cohérence et de la persévérance. Voilà cinq étapes qui aideront les enseignants dans cette tâche, personnellement, et dans leurs classes :

  1. Commencez par vous-même en tant que personne, en tant qu’éducateur. À quoi ressemblent vos propos intérieurs ?
  2. Soyez à l’écoute du discours intérieur de vos élèves, et aidez-les à se sensibiliser à l’influence qu’il exerce sur leurs attitudes. Est-il leur ami ou leur ennemi ?
  3. Proposez des activités qui dirigent le discours intérieur des élèves dans un sens positif, productif, et stimulant.
  4. Entourez-vous d’énergie positive.
  5. Que Dieu soit votre ressource, et considérez combien vos élèves et vous-même avez de la valeur à ses yeux.

Première étape. Vous débutez par vous-même. À quoi votre monologue intérieur ressemble-t-il ? Réfléchissez à ce qui déclenche votre discours intérieur positif ou négatif pendant la journée. Tenez un journal. Il vous sera plus facile d’aider vos élèves à identifier leur propre dialogue intérieur si vous êtes déjà passé par là.

Cette première étape ne consiste pas seulement à identifier vos propres messages intérieurs, mais aussi à adresser aux autres de bonnes paroles. Efforcez-vous délibérément de faire de votre classe un lieu réconfortant. Surveillez les occasions d’appuyer ce que vos élèves font. Avez-vous vu un enfant aidant un autre ? Remarquez ce geste et celui qui l’a posé : « Jon, j’apprécie que tu aies aidé Sam. Tu es vraiment prévenant. » Avez-vous remarqué une élève étudiant tranquillement à son bureau ? Allez vers elle et dites : « Nikki, je remarque que tu étudies tranquillement à ton bureau, c’est très bien. Tu sais employer sagement ton temps. » Devenez le modèle dont ils ont besoin pour voir comment faire.

Des études suggèrent que les déclarations faites par des êtres qui sont importants pour les enfants et les jeunes adultes, exercent une influence qui les aide à développer une meilleure opinion d’eux-mêmes et un discours intérieur plus sain10. D’après Harter11, ces personnes influentes sont les parents des enfants, les professeurs, les camarades de classe et les amis intimes. Les professeurs qui font un effort conscient de présenter un modèle de rétroaction positive à leurs élèves, contribuent favorablement à la formation d’un discours intérieur bénéfique.

Les enfants qui ont rapporté que des proches leur avaient parlé positivement semblaient avoir un discours intérieur positif plus fort et un discours intérieur négatif plus faible que les enfants qui déclaraient que des êtres chers leur avaient dit des choses négatives12. Les chercheurs Craven, Marsh et Debus rapportent que les enfants vont vraiment intérioriser les retours positifs qu’ils ont reçus de leurs professeurs. Ainsi : « Tu as bien réussi cet examen d’orthographe » sera utilisé pour informer leur discours intérieur personnel qui deviendra : « Je suis bon en orthographe ». Ils auront alors confiance de réussir des tâches similaires à l’avenir. À partir de ces instructions verbales que l’enfant s’approprie, il créera des concepts personnels pour décrire ses aptitudes et influencer ses intérêts. Burnett13 appelle cela la « puissance du positif » parce que le professeur améliore l’environnement scolaire en augmentant le nombre de messages réflexifs positifs dans la classe, et en créant un environnement d’apprentissage plus sain.

De plus, les élèves copient ce qu’ils voient. S’ils observent qu’un enseignant traite les autres avec patience, respect et gentillesse, ils seront portés à faire de même. Les professeurs doivent rester conscients que ce qu’ils disent, combien ils disent, comment ils le disent et à qui ils le disent, exercent une grande influence sur l’estimation qu’un enfant fait de sa valeur personnelle, tout en influençant la façon dont les élèves se traitent les uns les autres. Par exemple, si les étudiants voient que leur éducateur n’aime pas Brandon et le trouve ennuyant, ils adopteront probablement la même attitude. Le contraire est aussi vrai : si l’attitude du professeur envers Brandon en est une qui le reconnaît comme un membre apprécié de la classe, ils auront tendance à faire la même chose.

Deuxième étape. Observez et prêtez l’oreille au discours intérieur de vos élèves et découvrez ce qu’ils se disent à eux-mêmes. Parfois, ils exprimeront leurs sentiments à haute voix. Si les élèves entretiennent un discours intérieur positif, ils seront enclins à dire : « Oui, je peux le faire », « je vais essayer », « je suis apprécié », « j’ai de bons amis » et ils en nommeront quelques-uns. Ces propos intérieurs vont probablement les amener à vouloir plus sérieusement apprendre par cœur leurs tables de multiplication, à étudier les mots difficiles du vocabulaire, ou à mieux faire face quand leurs amis les rabrouent. Si le discours intérieur des élèves est négatif, vous entendrez des déclarations telles que « personne ne m’aime », « je suis stupide », « je ne peux pas le faire », ou « jamais je n’obtiendrai cela ». Vous pourriez avoir là une indication que l’enfant est déprimé parce qu’il ne sent pas qu’il a des amis ou qu’il se sent dépassé par un problème qu’il est incapable de résoudre.

Une autre façon de détecter les messages intérieurs négatifs de vos élèves est d’observer leur comportement. Par exemple : ils ne font pas leurs devoirs, ils mangent seuls le midi, ou ils ne jouent pas avec les autres à la récréation. Demandez-leur pourquoi ils ne font pas leurs devoirs ou pourquoi ils ont tendance à être seuls. Demandez-leur aussi à quoi ils pensent.

Trouver des façons pour que les étudiants identifient les messages de leur discours intérieur et en prennent conscience peut les aider à modifier ceux qui les poussent vers l’échec. De bons moyens de développer une telle connaissance est de pratiquer les activités suivantes : la tenue d’un journal écrit sur les pensées qui les aident ou pas ; la discussion en classe sur ce sujet après la lecture d’une histoire qui l’illustre ; la présentation d’exemples de cas ou le visionnement de courts extraits de films suivis de l’identification et la discussion par les élèves de l’autopersuasion pratiquée par les personnages de ces intrigues. Tout cela peut aider à démontrer aux élèves les effets sur les individus de leur dialogue intérieur.

À la suite de ces discussions, invitez les élèves à écrire quelque chose sur leurs propres luttes et à chercher à comprendre le dialogue intérieur qu’ils poursuivent chaque jour. Demandez-leur quels dialogues négatifs ils aimeraient modifier afin de les rendre plus positifs. Ces exercices et ces discussions les aideront à apprendre à prêter attention aux pensées qui génèrent les émotions qu’ils ressentent.

Il faut se rappeler que le discours intérieur survient à un faible niveau de sensibilisation, nos attitudes et croyances se développant tout au long de la vie, et résultant souvent des commentaires que nous recevons de nos proches, de nos enseignants et de nos amis. La principale tâche lors de ces premières étapes est la reconnaissance. Si les élèves n’identifient pas le genre de dialogue intérieur qu’ils utilisent, les messages négatifs continueront de dominer, les privant d’un monologue positif capable de les aider à faire face, à rester motivés et à avoir une bonne opinion d’eux-mêmes.

Aider les étudiants à identifier et à modifier leur discours intérieur leur permettra aussi de gérer avec succès leurs émotions14, les aidant à réduire l’impulsivité et à renforcer la maîtrise de soi. Ils seront ainsi capables d’introduire dans leurs discours privés les perspectives d’autres personnes et d’incorporer de multiples perspectives dans la résolution de problèmes sociaux et émotionnels, ce qui peut affecter leur concept de soi15, et améliorer leur empathie et leur compréhension de l’opinion des autres. La capacité de modifier avec succès un dialogue interne négatif semble être un bon indicateur de notre intelligence émotionelle16. L’intelligence émotionnelle peut être définie comme la capacité de surveiller ses propres émotions et celles des autres, de discriminer entre différentes émotions et de les étiqueter correctement, et d’utiliser cette information émotionnelle pour orienter le raisonnement et le comportement17. Le renforcement des compétences alliant intelligence, empathie et émotions afin d’enrichir la pensée et la compréhension des dynamiques interpersonnelles est indispensable pour le développement de l’intelligence émotionnelle18.

Troisième étape. Mettez en oeuvre des activités de classe qui guident le discours intérieur vers l’extrémité positive, productive et stimulante. Éduquez les élèves sur les dangers des propos intérieurs négatifs et sur la manière de les surmonter. Voici quelques exemples de ce genre d’activités :

  • Créez une unité sur l’importance du discours intérieur, et que toute la classe identifie la différence entre un discours intérieur positif et un discours intérieur négatif. L’unité peut être intégrée dans le programme élémentaire ou secondaire, en tant que module autonome ou en supplément dans des sujets comme la religion ou la santé.
  • Élaborez des leçons et des thèmes d’actualité pour le mois en utilisant des titres accrocheurs comme « Supprimer les dossiers défectueux », « Téléchargements positifs », « Éradiquer rapidement les virus de l’esprit » ou « Penser positivement ». (Vous pouvez aussi inventer vos propres slogans.)
  • Écrivez une pièce qui démontre la puissance du discours intérieur et demandez aux élèves de la jouer, puis de la présenter aux élèves des classes plus jeunes.
  • Lancez des discussions en classe sur la façon de repérer les messages qui sont néfastes pour notre dialogue interne et comment les remplacer par des messages positifs.
  • Trouvez des moyens d’encourager toute la classe à prendre garde aux propos intérieurs négatifs et à les changer totalement. Soyez un modèle.
  • Dites quelque chose de négatif puis corrigez-le. Par exemple, si l’enseignant fait une erreur et appelle un enfant par un autre nom que le sien, il pourrait dire : « Que je suis étourdi ! », puis ajouter : « Attends une minute. Parfois je fais des erreurs, mais je m’efforce de faire de mon mieux. »
  • Invitez les élèves à partager les façons dont ils ont utilisé le discours intérieur pour les aider à surmonter les tâches ou les situations difficiles qui se présentaient.
  • Présentez ces questions à une réunion de parents d’élèves ou à une soirée de parents. Amenez les familles des élèves et la famille scolaire à travailler ensemble sur cette question.

Il est essentiel d’insérer un dialogue intérieur positif aussi rapidement et concrètement que possible, et de remplacer le discours intérieur négatif. Trouver les façons d’amener les élèves à pratiquer le blocage des mots négatifs en se disant à eux-mêmes « arrête » telle pensée. Ceci est une activité de discours intérieur formidable à pratiquer tout au long de la journée. En psychologie, cette technique s’appelle « interruption de la pensée ». Il a été montré qu’elle aide à échapper au cycle négatif dans lequel on peut se lancer19. Plus tôt nos élèves se débarrasseront de ces attitudes, mieux ce sera. Soyez le modèle de ce changement. Ainsi, dites-leur que, s’ils se surprennent en train de se dire à eux-mêmes : « je ne réussirai jamais cet examen », ils doivent immédiatement rejeter cette pensée négative et la remplacer par une déclaration plus rationnelle et précise. Exemple : « je réussirai si je me prépare bien pour cet examen » ou « je ne suis pas si stupide. J’ai réussi de nombreux examens avant celui-ci. » Ou encore : « je peux réussir. Je vais commencer à me préparer tout de suite. » Ces pensées sont non seulement plus justes, mais elles supplantent également l’attitude négative par des attitudes plus productives, plus efficaces. Offrez à vos élèves des listes de messages négatifs, et avec eux, travaillez à leur trouver des réponses positives.

Des études suggèrent que les déclarations faites par des êtres qui sont importants pour les enfants et les jeunes adultes, exercent une influence qui les aide à développer une meilleure opinion d’eux-mêmes et un discours intérieur plus sain.

De telles activités, et d’autres encore que vous inventerez, contribueront à créer dans votre classe un environnement plus stimulant et encourageant. Elles permettront aussi à vos élèves de s’épanouir grâce à l’esprit positif que génère un discours intérieur positif. Ces activités serviront aussi aux enfants qui ne reçoivent pas, de la part des autres, beaucoup de messages favorables, et leur enseigneront à les articuler eux-mêmes.

Quatrième étape. Cultivez et entretenez une atmosphère positive dans toute l’école. Discutez de la manière d’être un camarade positif et édifiant, et pourquoi quelqu’un qui se parle tout seul négativement se met le moral à zéro. Discutez des amitiés qui peuvent encourager un discours intérieur positif ou au contraire un discours intérieur négatif. Faites un jeu de rôle démontrant comment cela arrive et à quoi cela ressemble. Désignez une semaine où tous doivent chercher et trouver des messages positifs et édifiants dans des chants et de la musique, puis les partager en classe en expliquant pourquoi ils les trouvent positifs. Créez un module avec les devoirs suivants : identifier des messages positifs et édifiants dans des livres, de la musique et autres médias, et les partager avec les camarades de classe. Après un moment de discussion, demandez aux élèves de prendre quelques instants pour décrire les pensées positives que ces livres leur ont permis d’expérimenter. Réfléchissez à d’autres genres d’activités que l’on pourrait faire quotidiennement, et qui produiraient plus d’énergie positive.

Cinquième étape. Étant chrétiens, nous croyons que nous pouvons trouver une nouvelle ressource en Dieu, ce qui améliorera aussi notre discours intérieur. Des pensées comme « je ne vaux rien » peuvent être transformées par l’affirmation « Dieu m’aime et j’ai de la valeur » tirée de Jean 3.16. Des messages comme « je suis seul et je n’ai personne » peuvent être remplacés par les paroles réconfortantes de Christ qui nous dit : « Je ne vous laisserai pas orphelins ; je viens à vous » (Jean 14.18). Les enseignants peuvent introduire ces magnifiques pensées dans toute leçon sur les propos intérieurs. Les pensées de Paul, comprises dans le contexte de l’importance d’un discours intérieur positif, prennent une toute nouvelle signification : « Au reste, mes frères [et mes sœurs], que tout ce qui est vrai, tout ce qui est digne, tout ce qui est juste, tout ce qui est pur, tout ce que est aimable, tout ce qui mérite l’approbation, ce qui est moralement bon et digne de louange soit l’objet de vos pensées ; ce que vous avez appris, reçu, entendu et vu de moi, mettez-le en pratique. » « Et la paix de Dieu, qui surpasse toute pensée, gardera votre cœur et votre intelligence en Jésus-Christ » (Philippiens 4. 8-9, 7).

Que les discussions en classe tournent autour de la façon de nous traiter les uns les autres et d’interagir avec les autres en gardant à l’esprit que nous sommes tous enfants de Dieu. Discutez des façons d’avoir un cheminement chrétien stimulant et positif tout en identifiant comment Christ a marché sur cette terre.

La pratique de ces étapes permettra aux enseignants et aux élèves d’acquérir l’habitude de penser positivement. Soyez patients. Réfuter le répertoire des messages négatifs peut nécessiter de nombreuses semaines et même des mois. L’identification de cet auto-endoctrinement, le contester et le remplacer par un discours intérieur plus sain présente le même genre de défi que celui de briser n’importe quelle autre habitude enracinée. Cela peut demander beaucoup d’efforts mais, au bout de compte, cela en vaut la peine. Les éducateurs seront étonnés de voir ces stratégies améliorer l’esprit d’amour et de soutien dans leur classe, et déboucher sur des vies plus saines, plus heureuses, plus positives et plus productives pour eux et pour leurs élèves.

Cet article a été revu par des pairs.

Nancy J. Carbonell

Nancy J. Carbonell, PhD, ., est professeur au département de psychologie et orientation supérieures de l’université Andrews, Berrien Springs, dans le Michigan, États-Unis. Psychologue autorisée, Nancy Carbonell poursuit aussi une pratique privée à temps partiel dans la région de Berrien Springs. Elle a publié dans les domaines de la vie familiale, des relations raciales et de la puissance du dialogue interne. Ses domaines de recherche comprennent la compréhension de la diversité, l’effet des valeurs et des croyances sur les relations multiculturelles et la formation éthique des conseillers.

Citation recommandée :

Nancy J. Carbonell, “Le discours intérieur : Ami ou ennemi ?,” Revue d’éducation adventiste 41:1 (Janvier–Mars, 2017). Available at https://jae.adventist.org/fr/2017.2.3.fr.

NOTES ET RÉFÉRENCES

  1. Michael Siegrist, “Inner Speech as a Cognitive Process Mediating Self-Consciousness and Inhibiting Self-Deception,” Psychological Reports 76:1 (février1995): 259–65.
  2. Michael Bruch, Victor Meyer, et Edward S. Chesser, “The Role of Evaluative Self-Schemata in Self-Talk: Some Predictions and Explorations,” Scandinavian Journal of Behaviour Therapy 16:4 (janvier 1987): 149–66; Donald Meichenbaum, Cognitive-Behavior Modification: An Integrative Approach (New York: Plenum, 1977); Max R. Uhlemann et Sharon A. Plater, “Effects of Self-Statements and Coping Strategies on Adaptational Outcomes of Stress,” Canadian Journal of Counselling and Psychotherapy 24:1 (janvier 1990): 3-16.
  3. Barbara L. Fredrickson, “The Role of Positive Emotions in Positive Psychology: The Broaden-and-Build Theory of Positive Emotions,” American Psychologist 56:3 (mars 2001): 218–26; Eric L. Garland et coll., “Upward Spirals of Positive Emotions Counter Downward Spirals of Negativity: Insights from the Broaden-and-Build Theory and Affective Neuroscience on the Treatment of Emotion Dysfunctions and Deficits in Psychopathology,” Clinical Psychology Review 30:7 (novembre 2010): 849–64; Jeremy T. Goldbach et Jeremy J. Gibbs, “Strategies Employed by Sexual Minority Adolescents to Cope with Minority Stress,” Psychology of Sexual Orientation and Gender Diversity 2:3 (septembre 2015): 297–306; Divya Kannan et Heidi Levitt, “A Review of Client Self-Criticism in Psychotherapy,” Journal of Psychotherapy Integration 23:2 (juin 2013): 166–78; Christopher R. D. Wagstaff et John Leach, “ The Value of Strength-Based Approaches in SERE and Sport Psychology,” Military Psychology 27:2 (mars 2015): 65–84.
  4. Ethan Kross et coll. “Self-Talk as a Regulatory Mechanism: How You Do It Matters,” Journal of Personality and Social Psychology 106:2 (février 2014): 304-324.
  5. La Sainte Bible, version Nouvelle Bible Segond, NBS, 2002.
  6. Lev S. Vygotsky, Thought and Language (Cambridge, Mass.: MIT Press, 1962). L’œuvre de Vygotsky fut initialement publiée en 1934.
  7. E. Jane Costello, et coll. “Prevalence and Development of Psychiatric Disorders in Childhood and Adolescence,” Archives of General Psychiatry 60, no 8 (août 2003): 837–44.
  8. Albert Ellis, “Rational Psychotherapy and Individual Psychology,” Journal of Individual Psychology 13 (janvier 1957): 38-44; Albert Ellis, Overcoming Destructive Beliefs, Feelings, and Behaviors: New Directions for Rational Emotive Behavior Therapy (Amherst, NY: Prometheus Books, 2001); Aaron T. Beck, Cognitive Therapy and the Emotional Disorders (New York: Plume, 1979); Meichenbaum, Cognitive-Behavior Modification.
  9. Tous les noms sont des pseudonymes.
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