Yvette Sparrow (Toerien)

LE MODÈLE ALF :

une étude de cas sur le rôle des bibliothécaires en tant que mentors dans l'alphabétisation numérique

Alf1, un étudiant issu d'un milieu défavorisé, a commencé ses études supérieures alors qu’il ne connaissait pas grand-chose aux ordinateurs, et donc sans avoir les compétences technologiques nécessaires pour ses études. Il est entré dans un programme de transition d'un an au Heidelberg College of Higher Education (Collège d'enseignement supérieur Heidelberg) au Cap en Afrique du Sud. Cette université apporte un soutien supplémentaire aux étudiants qui en ont besoin. Pendant ses études, il a été encadré par les employés de la bibliothèque universitaire de l'établissement. Dans cet article, je partage son histoire.

L’étude de cas Alf : contexte

Une étude de cas est rarement significative sans l'esquisse de la toile de fond sur laquelle elle se déroule pour fournir un contexte. Cela permet au chercheur de s'engager pleinement avec un seul participant pour obtenir une image plus intime de sa vie et de ses expériences, et de se concentrer sur les expériences spécifiques et les phénomènes qui l’entourent.

Ce récit de l’expérience d’Alf est basé sur une méthodologie explicative d'étude de cas. Selon De Vos, une étude explicative est également appelée étude instrumentale et « l'objectif de ce type d'étude de cas est à la fois de construire et de tester la théorie »2. Dans l’étude de cas Alf, la bibliothèque a servi de passerelle entre l’étudiant et son accès à l’éducation. Les bibliothèques sont une ressource précieuse pour les étudiants et le personnel à tous les niveaux de l’enseignement, mais particulièrement dans les établissements d’éducation supérieure, et être un important lien dans la métamorphose scolaire des étudiants.

La métaphore du tuyau par défaut

Je crois que l’étude de cas Alf est un exemple de ce dont Adelman parle quand il écrit : « La métaphore du tuyau par défaut, utilisée pour décrire des expériences d'apprentissage présumées linéaires et des séquences environnementales, est totalement inadéquate pour décrire le comportement étudiant. Les tuyaux sont des espaces clos unidirectionnels, et dans la métaphore du tuyau, les étudiants sont des créatures passives (comme en rétention). Ils sont entraînés ou sortent complètement de l'espace par des fuites au niveau des joints. Cependant, le comportement étudiant ne ressemble pas du tout à ça : il se déplace par à-coups, latéralement, d'un chemin à l'autre et peut-être en revenant en arrière. Les liquides se déplacent dans un tuyau ; les gens, non »3.

La loi sur l'éducation bantoue

Pour bien comprendre le cas Alf, il nous faut une brève histoire de l’éducation en Afrique du Sud. En 1953, Hendrik Verwoerd, premier ministre de l’Afrique du Sud, a présenté la loi sur l'éducation des Bantous au Parlement4. On croyait alors que les noirs sud-africains avaient seulement besoin d’une éducation qui leur permettrait d'effectuer des tâches subalternes. En conséquence, la population noire sud-africaine, comparativement aux autres groupes, a reçu une éducation inférieure. En 1959, les universités appliquaient la ségrégation. En 1963, on a créé un département d’éducation séparé pour les personnes métisses (dites de « couleur » en Afrique du Sud). Puis en 1964, on a établi une ségrégation supplémentaire pour les personnes d’origine indienne qui ont eu, elles aussi, leur département d’éducation séparé. Pendant cette période, il y avait quatre systèmes d’éducation séparés, avec des « inégalités criantes » entre eux5. En discutant de ces quatre systèmes, Thobejane dans New Learning observe que ces inégalités se retrouvaient dans « les qualifications des enseignants, le rapport enseignant-étudiant, le financement par tête, les bâtiments, les installations, les livres, les articles de papeterie… et également les résultats mesurés en termes de proportions et niveaux de certificats délivrés »6.

Une fois l’Afrique du Sud devenue pays démocratique

Voilà vingt-sept ans que l’Afrique du Sud est devenue un pays démocratique et que l’apartheid a été aboli. Bien que de fortes sommes d’argent aient été destinées à l’éducation, l'inégalité d'accès à des enseignants hautement qualifiés et à des écoles financées de manière adéquate persiste au sein de la nation7, et les résultats sont visibles dans les performances des élèves lors des tests nationaux standardisés.

Par exemple, le 5 décembre 2017, le Rapport sur les progrès de l'étude internationale sur la compréhension de l'écrit (PIRLS), celui-ci étant utilisé internationalement pour tester les compétences en lecture, ont été publiés par la ministre de l’éducation de base de l’Afrique du Sud, Angie Motshekga. Ce rapport a révélé que 78 pour cent des enfants sud- africains en quatrième année élémentaire (ce qui indique 8 enfants sur 10) n’étaient pas été capables de lire ni de comprendre ce qu’ils lisaient. De tous les pays qui ont participé à l’évaluation PIRLS, l’Afrique du Sud, a été le plus mauvais. Le gouvernement sud-africain divise les écoles en cinq quintiles en fonction de l'aisance ou de la pauvreté du quartier dans lequel l’école se trouve. Une école dans un quartier très pauvre, défavorisé, est classée comme une école du quintile 1. Ces écoles ne demandent pas de frais de scolarité et reçoivent la plus grande partie de leur financement du gouvernement. À l’autre bout du spectre, il y a les écoles du quintile 5 dans les quartiers les plus riches et prospères. Les écoles du quintile 5 ne reçoivent presque pas de financement du gouvernement, et exigent des frais de scolarité relativement élevés. Le PIRLS 2016 a principalement testé les apprenants des écoles du quintile 1 – et ce sont les écoles fréquentées par la majorité des apprenants du pays.

À la suite des évaluations PIRLS 2016, les éducateurs sud-africains ont été insatisfaits des conclusions tirées sur le système éducatif du pays. Les apprenants du quintile 1 parlent principalement les langues africaines – isi zulu, isi xhosa, isi nedebele, isi swati ou sesotho – et pourtant l’instrument d’évaluation PIRLS n’était pas adapté pour fournir une évaluation précise de la population unique d'apprenants de l'Afrique du Sud et de ses onze langues officielles. Il a été estimé que les résultats statistiques n'étaient pas fiables et ne permettaient pas de prendre des décisions éclairées concernant les politiques d'alphabétisation. Toutefois, en dépit des lacunes du PIRLS dans le contexte sud-africain, la réalité est que la majorité des enfants dans ce pays viennent de régions pauvres et parlent avant tout des langues africaines. Les résultats de l’évaluation PIRLS ont montré que les enfants qui parlent anglais ou afrikaans dans les zones affluentes avaient des résultats qui étaient significativement plus élevés que ceux des écoles des quintiles inférieurs8.

En février 2018, Cyril Ramaphosa est devenu président de la République de l’Afrique du Sud. Dans son premier discours sur l’état de la nation, il a abordé son long passé d’inégalité éducative et a soulevé l’espoir de nombreux Sud-Africains tout en insistant que, pour apporter un changement, cela exigerait beaucoup de travail de la part de tous9.

Cela fait longtemps qu’éducateurs et chercheurs tentent de trouver des solutions, mais McLoughlin et Dwolatzky10 croient qu’il n’y a pas assez d’informations disponibles pour dresser un tableau complet de ce qui se passe dans l'éducation en Afrique du Sud. On ne dispose toujours pas de la réponse complète à la raison pour laquelle l’accès à l’éducation continue d’être inégal. Les données collectées sont insuffisantes pour que suffisamment d’analystes puissent apporter des réponses utiles aux problèmes rencontrés. Kallaway dit : « Nous n’avons pas pris la peine de comprendre soigneusement ce qui n’allait pas avec l’éducation de l’apartheid avant de se décider de remédier aux problèmes avec de grands plans qui incluraient la réforme de la gouvernance et du programme d’études. En fait, nous étions en train de souffrir d’amnésie historique et cela nous a coûté très cher »11. La réforme de l’éducation est un processus à long terme, et de nombreux pays doivent continuer à chercher des solutions sur la meilleure façon d’éduquer tous les citoyens alors que des disparités sociales et économiques persistent.

Les écoles adventistes du septième jour en Afrique du Sud et l’apartheid

Malheureusement, l’Église adventiste du septième jour en Afrique du Sud a été très affectée par les politiques de l’apartheid. Nos écoles ont subi une ségrégation au même titre que les écoles publiques. En Afrique du Sud, les défis auxquels les diverses catégories d’écoles publiques ont fait face, ont également eu un impact sur nos écoles, mettant en lumière la réalité que les politiques de l’apartheid ont aussi été appliquées à nos écoles d’église dans ce pays12. Alf, le sujet central de cette étude, a fréquenté une de ces écoles. Il convient d'étudier, et d'accorder plus d'attention à la meilleure façon d'aborder les disparités qui persistent en dépit du fait que l’apartheid n’est plus.

L’accompagnement d’Alf

J’ai rencontré Alf lors de son inscription au collège d’enseignement supérieur Heidelberg. Il m’a mentionné qu’il n’avait jamais utilisé d’ordinateur auparavant et qu’il ne savait pas comment s’en servir. Il m’a parlé de sa crainte d’entrer dans un cours d’informatique, et, pensait-il, que l’on se moque de lui en le traitant d’idiot.

Les bibliothécaires : des motivateurs et des facilitateurs

Alf a senti que je compatissais à sa détresse et que je l’aiderais à se familiariser avec un ordinateur. Alf, en plus de compétences informatiques, avait besoin de techniques d’apprentissage. L’éducation qu’il avait reçue jusque-là ne l’avait pas préparé pour les exigences d’une éducation tertiaire. Cependant, grâce à son enthousiasme d’avoir l’opportunité d’étudier dans un établissement d’enseignement supérieur et sa détermination à réussir, Alf a passé de nombreuses heures à la bibliothèque. Arko-Cobbah note : « Les bibliothécaires deviennent des motivateurs et des facilitateurs dans le processus d’apprentissage »13. Pendant qu'il recevait l'instruction dans ses cours d’informatique, les bibliothécaires ont pu l’aider à appliquer ces compétences pour faire des recherches et utiliser les banques de données de la bibliothèque. De plus, les bibliothécaires lui ont même offert de l’aider dans son apprentissage.

La situation de la classe dans l'établissement d'enseignement

Les méthodes d’instruction utilisées dans ses cours ont donné à Alf des défis supplémentaires. Dans beaucoup de ses cours, il y avait des étudiants qui, comme Alf, se sont heurtés à la barrière de la présentation du matériel d'étude dans une langue qui n'était pas leur langue maternelle. Beaucoup de ces étudiants étaient également issus de milieux scolaires où ils n’avaient pas appris les techniques d’apprentissage à l’école secondaire ou comment faire face aux exigences de la vie universitaire. En effet, ces étudiants avaient principalement fréquenté des écoles rurales. Par ailleurs, dans la même classe, il y avait des étudiants en provenance d’écoles de canton urbain, d’écoles auparavant étiquetées écoles « de couleur », d’écoles indiennes, d’écoles du Modèle C (maintenant ouvertes à toutes les races, mais auparavant des écoles blanches financées par l’État), ainsi que d’écoles privées allant d’écoles moins privilégiées jusqu’à très privilégiées, et allant d’écoles d’église pauvres et modestes aux institutions d'élite très coûteuses. Pour les instructeurs, présenter des cours qui satisfassent les besoins des étudiants en provenance de milieux éducatifs tellement variés est un véritable défi. Beaucoup n’ont pas réussi à adopter d’autres approches d’enseignement, le cours magistral étant le principal mode d’enseignement dans l’enseignement supérieur en Afrique du Sud.

L’adaptation des approches pédagogiques pour répondre aux besoins des étudiants

Les enseignants dans les salles de cours d’aujourd’hui doivent présenter des leçons qui plaisent au millénial typique qui est « à l’aise avec la technologie… qui s’ennuie facilement s’il n’y en a pas, qui se plaît à travailler en équipe – produit de son éducation, et qui est très conscient de lui-même » 14; mais ils doivent aussi présenter les leçons de manière à encourager chaque étudiant à s’engager dans un processus d’apprentissage même si le travail de cours et le style d’enseignement sont très différents de ce qu’ils ont connu dans le passé. Comparé au millénial, Alf venait d’un milieu où l’on apprenait par cœur, où rien n’était jamais remis en question ni évalué, où il y avait peu de lectures à faire, et où dominait la tradition orale15. Selon Arko-Cobbah, « un système d’éducation discriminatoire qui a refusé à la majorité du pays le droit à une éducation adéquate a été un facteur majeur contribuant aux problèmes que rencontrent les étudiants de premier cycle issus des communautés désavantagées quand ils entrent dans les institutions tertiaires »16. Alf a reconnu qu’il devait commencer à apprendre à penser de manière différente puisque auparavant il n’avait jamais vraiment interagi avec le matériel pédagogique qui lui était présenté. Il n’avait aucune estime de lui-même quand il lui fallait parler en présence des milléniaux pleins d’assurance qui étaient inscrits dans les mêmes cours que lui. Il préférait alors ne rien dire en classe.

Une relation de travail étroite entre les enseignants et les bibliothécaires

La bibliothèque joue un important rôle sur le campus scolaire, et il faut qu’enseignants et bibliothécaires fassent équipe. Alf aurait pu bénéficier de beaucoup plus s’il y avait déjà eu un partenariat étroit entre les enseignants de l’école et les bibliothécaires. Plusieurs théories circulent déjà quant aux services exacts que la bibliothèque devrait fournir en liaison avec la classe, mais je crois qu’il s’agit là d’une question propre à chaque institution et chaque matière enseignée. Le point essentiel est que la bibliothécaire et l’enseignant doivent se consulter et concevoir ensemble une extension de la classe dans la bibliothèque.

Huwayah et Alazemi17 parlent des enseignants faisant la promotion de la bibliothèque, de partenariat étroit entre les enseignants et les bibliothécaires afin d’enrichir l’expérience des étudiants, et de la nécessité pour les enseignants de faire découvrir la bibliothèque à leurs étudiants. Cela permet alors aux bibliothécaires d’encadrer les étudiants. Une telle collaboration « stimule l’apprentissage des élèves, en accentuant la passion d’acquérir des connaissances. Cela fortifie leur maturité intellectuelle pour visiter les bibliothèques et accéder aux référentiels de connaissances en ligne, explorer les œuvres de chercheurs reconnus, et définir un problème pour en présenter une nouvelle solution »18.

Un apprentissage en ligne

Pinfield, Cox et Rutter considèrent l’apprentissage en ligne comme l’un des sommets de l’avenir des librairies universitaires19. Plusieurs autres dans le domaine de la bibliothéconomie observent que la bibliothèque peut être un lien essentiel à mesure que les pédagogies changent, que les tendances à considérer les étudiants comme des clients émergent, et que les médias sociaux et l'éducation virtuelle continuent de stimuler le besoin d'analyse et d'évaluation de l'apprentissage20. De plus en plus, l’apprentissage est considéré comme social et plus intensément axé sur la technologie ; enseigner est devenu davantage un processus de facilitation impliquant une transmission mixte du contenu au moyen d’outils traditionnels et numériques. Dans un tel environnement, les développements suivants risquent de prendre plus de place dans l’enseignement et l’apprentissage : la réalité augmentée et virtuelle (A/VR) et les interfaces haptiques (outils simples comme les claviers d'ordinateur, les souris et les boules de commande, ou outils plus complexes comme les gants virtuels et les exosquelettes qui suivent la posture de la main, ou les manettes de commande)21. Pinfield, Cox et Rutter signalent que « les éléments clés de ce réseau sont les étudiants venant d’un large éventail de pays, en tant que clients des universités, qui s’attendent à avoir accès à des ressources d’apprentissage où et quand ils le souhaitent, et à suivre les programmes d’apprentissage de manière plus flexible »22.

Cela nécessite un partenariat entre les enseignants, les bibliothécaires et le département des technologies de l'information (IT). La quantité de technologies de l’information que les bibliothécaires devraient être capables de fournir est très controversée. Raju23 a trouvé qu’en Afrique du Sud 75 pour cent des offres d’emploi dans les bibliothèques exigeaient des compétences IT avancées. Il faudra que les établissements mettent un point d’honneur à former leurs bibliothécaires à ces compétences afin de pouvoir offrir les services dont les enseignants et les étudiants ont besoin et étendre l’apprentissage en classe dans la bibliothèque.

Le besoin de bibliothécaires sympathiques

Tous les bibliothécaires doivent être ouverts au mentorat des étudiants. À différentes occasions, Alf a remarqué que certaines bibliothécaires étaient inabordables et semblaient ne pas vouloir l’aider. Il semble que cela soit le problème lié aux bibliothèques le plus courant dans le monde entier : les étudiants perçoivent les bibliothécaires comme étant inamicaux et inaccessibles, à l'exception des pays du Moyen-Orient et d'Asie24. Seifert a cité William B. Martin qui se référait aux bibliothécaires : « les relations avec les clients font partie intégrale de votre travail – elles n’en sont pas une extension »25.

Le mentorat d’Alf, plus que seulement des études

Le plan directeur spirituel de mon institution mentionne que tous les membres du personnel sont censés être des mentors pour les étudiants26. Il y a eu de magnifiques occasions de prière où Alf et le personnel de la bibliothèque, ensemble, ont remercié le Seigneur pour des bénédictions et demandé son aide dans différents domaines. Alf a formulé des prières et demandé de l’encouragement alors qu’il étudiait et avait à régler diverses inquiétudes personnelles. Chaque fois que possible, le personnel référait Alf à quelqu’un qui pouvait lui trouver une solution. Sans système de soutien proche, il avait parfois juste besoin de parler. Dans une université adventiste, les professeurs et le personnel peuvent servir de mentors pour les étudiants qui ont besoin de soutien supplémentaire. Cela pourrait être même plus efficace si des programmes formels d’assistance aux étudiants étaient en place pour les aider27.

La bibliothèque doit aussi être un lieu accueillant. Les bibliothécaires doivent afficher des visages accueillants de manière à ce que la bibliothèque soit une zone assimilable au foyer. Dans Listening to Student Voices, un rapport sur les perceptions que les étudiants ont des services de la bibliothèque, un répondant a dit : « L’aménagement de la bibliothèque devrait être plus axé sur le style de vie et convivial… Dès l’instant où l’on passe la porte, il faudrait que l’on sente que c’est là l’endroit où l’on veut être, s’y sentir à l’aise, s’y sentir chez soi et vouloir y passer du temps en quantité et en qualité »28. Il est d’autant plus important d’avoir un espace qui est accueillant que de nombreux étudiants ne sont pas familiers avec les outils utilisés pour trouver les ressources. Selon Arko-Cobbah, « le rôle du bibliothécaire devient plus essentiel quand on pense que pour les étudiants issus de milieux défavorisés, la majorité de ces ressources d’apprentissage sont probablement totalement nouvelles »29.

Conclusion

L’apartheid a produit des systèmes d’éducation inégaux pour diverses populations en Afrique du Sud. Bien que l’apartheid ne soit plus, son héritage demeure. Près de trente ans plus tard, l’Afrique du Sud, en tant que nation, cherche toujours à fournir une éducation équitable à ses citoyens peu importe leur statut économique ou leur race. Les écoles adventistes font partie de ce système et font face à des défis similaires. Alf, produit du système adventiste, est venu à la bibliothèque pour de l’aide au début de son éducation universitaire. Grâce au mentorat qu’il a reçu tout au long de son éducation tertiaire, il a pu terminer avec succès son diplôme en quatre ans.

Pour que le mentorat s’exerce à grande échelle, les bibliothécaires devraient servir de motivateurs et de facilitateurs d’apprentissage, tout en travaillant en partenariat avec le corps professoral et en collaboration avec le personnel IT dans le but de créer un espace accueillant où les étudiants peuvent apprendre. Ensemble, cette équipe peut faire de la bibliothèque une extension de la salle de classe, une passerelle vers le succès des étudiants issus de milieux défavorisés. Cela augmentera la valeur de la bibliothèque universitaire car elle fera alors partie de l’expérience d’apprentissage de chaque étudiant, un prolongement de la classe.


Cet article a été revu par des pairs.

Yvette Sparrow (Toerien)

Yvette Sparrow (Torien), diplômée de l'enseignement supérieur (Natal College of Education, Pietermaritzburg, Afrique du Sud), occupe actuellement le poste de bibliothécaire au Helderberg College. Jusqu'en 2006, elle a enseigné pendant vingt ans dans des écoles adventistes du septième jour en Afrique du Sud, où elle a enseigné toutes les classes, à l'exception de la phase de base. Elle aime faire des recherches avec les élèves.

Référence recommandée :

Yvette Sparrow, Le modèle Alf : une étude de cas sur le rôle des bibliothécaires en tant que mentors dans l'alphabétisation numérique, Revue de l’éducation adventiste n°58.

NOTES ET RÉFÉRENCES

  1. Pseudonyme.
  2. A. S. De Vos et coll., Research at Grass Roots: For Social Sciences and Human Services Professions (Pretoria, South Africa: Van Schaik Publishers, 2011).
  3. Clifford Adelman, “The Toolbox Revisited: Paths to Degree Completion From High School Through College” (juin 2006): http://www2.ed.gov/rschstat/research/pubs/toolboxrevisit/toolbox.pdf.
  4. Patricia Bauer, “Bantu Education Act: South Africa, 1953,” Encyclopaedia Britannica (2 mars 2018): https://www.britannica.com/event/Bantu-Education-Act; voir aussi South Africa History Online: Towards a People’s History, “Bantu Education and the Racist Compartmentalizing of Education” (27 août 2019): https://www.sahistory.org.za/article/bantu-education-and-racist-compartmentalizing-education.
  5. New Learning, “Apartheid Education, Transformational Designs for Pedagogy and Assessment,” chapitre 5 (2012): http://newlearningonline.com/new-learning/chapter-5/apartheid-education; Tsoaledi Daniel Thobejane, “History of Apartheid Education and the Problems of Reconstruction in South Africa,” Sociology Study 3:1 (janvier 2013): 1-12.
  6. Ibid.
  7. Kevin James McLoughlin and Barry Dwolatzky, “The Information Gap in Higher Education in South Africa,” South African Journal of Higher Education 28:2 (2014): 584-604.
  8. Ina V. S. Mullis et coll., PIRLS 2016 International Results in Reading (Chestnut Hill, Mass.: International Association for the Evaluation of Educational Achievement, 2017); Martin Gustaffson, A Revised PIRLS 2011 to 2016 Trend for South Africa and the Importance of Analysing the Underlying Microdata (février 2020): www.ekon.sun.ac.za/wpapers/2020/wp022020; Nelladee McLeod Palane et Sarah Howie,“A Comparison of Higher-Order Reading Comprehension Performance for Different Language of Instruction Models in South African Primary Schools,” Perspectives in Education 37:1 (2019): https://repository.up.ac.za/bitstream/handle/2263/76188/Palane_Comparison_2019.pdf?sequence=2&isAllowed=y; Sarah Howie et coll., PIRLS Literacy 2016, Progress in International Reading Literacy Study 2016 : South African Children’s Reading Literacy Achievement (Pretoria, South Africa: Centre for Evaluation and Assessment, University of Pretoria, South Africa, 2017): https://www.up.ac.za/media/shared/164/ZP_Files/pirls-literacy-2016_grade-4_15-dec-2017_low-quality.zp137684.pdf; Helen Van Dyke et Cornelius White, “Theory and Practice of the Quintile Ranking of Schools in South Africa: A Financial Management Perspective,” South African Journal of Education 39:Supplement 1(septembre2019):https://files.eric.ed.gov/fulltext/EJ1233473.pdf.
  9. Président de la République de l’Afrique du Sud Cyril Ramaphosa, Discours sur l'état de la nation (16 février 2018): http://www.thepresidency.gov.za/speeches/state-nation-address-president-republic-south-africa%2C-mr-cyril-ramaphosa.
  10. McLoughlin and Dwolatzky, “The Information Gap in Higher Education in South Africa.”
  11. Peter Kallaway, “The Forgotten History of South African Education,” Southern African Review of Education 18:1 (janvier 2012): 7-23.
  12. Le discours TED de Yandiswa Xhakaza traite de l'éducation en Afrique du Sud. Xhakaza souligne les différences entre les écoles blanches, autrefois connues sous le nom d'écoles du modèle C, et les écoles noires qu'elle a fréquentées. Elle décrit à quel point elles sont peu comparables et comment le fait d'aller dans une école du modèle C a eu un impact positif sur son éducation. Malheureusement, l'école noire qu'elle a fréquentée était une école adventiste du septième jour, ce qu'elle a jugé préjudiciable à son éducation. Voir Yandiswa Xhakaza, “Why Educating the Poor Is in Our Interest,” TEDxLytteltonWomen (29 novembre 2017): https://www.youtube.com/watch?v=F9qktKfgbYI. Voir aussi I. F. Du Preez et Roy H. Du Preez, A Century of Good Hope : A History of the Good Hope Conference, Its Educational Institutions and Early Workers, 1893-1993 (East London: Western Research Group, 1995).
  13. Albert Arko-Cobbah, “The Role of Libraries in Student-centred Learning: The Case of Students from the Disadvantaged Communities in South Africa,” The International Information and Library Review 36:3 (septembre 2004): 263-271.
  14. J. St. Clair, “Adulting in the Library” (2017): https://www.asdal.org/wordpress/wp-content/uploads/presentations/2017/AdultingintheLibraryPresentationStClair.pdf.
  15. Lawrence Chi Awasom, “Teachers and Teaching in Africa.” Dans L. J. Saha and A. G. Dworkin, éds., International Handbook of Research on Teachers and Teaching (Boston,Mass.: Springer, 2009), 21:573-603. doi.org/10.1007/978-0-387-73317-3_37; Ademola O. Dasylva, “‘Culture Education’ and the Challenge of Globalization in Modern Nigeria,” Oral Tradition 21:2 (2006): 325-341: https://journal.oraltradition.org/wp-content/uploads/files/articles/21ii/Dasylva.pdf.
  16. Arko-Cobbah, “The Role of Libraries in Student-centred Learning: The Case of Students from the Disadvantaged Communities in South Africa.”
  17. Huwayah M. Alazemi et Awadh Alharbi, “The Impact of Mentoring and Pedagogy on Mitigation of Library Stress of Undergraduate Students,” Library Review 66:8/9 (novembre 2017): 628-654.
  18. Ibid.
  19. Stephen Pinfield, Andrew Cox, et Sophie Rutter, “Mapping the Future of Academic Libraries: A Report From SCONUL” Society of College, National, and University Libraries(2017):https://sconul.ac.uk/sites/default/files/documents/SCONUL%20Report%20Mapping%20the%20Future%20of%20Academic%20Libraries.pdf.
  20. Sarah Davies, Joel Mullan, et Paul Feldman, “Rebooting Learning for the Digital Age: What Next for Technology Enhanced Higher Education?” Higher Education Policy Institute (2017): https://www.hepi.ac.uk/wpcontent/uploads/2017/02/Hepi_Rebooting-learning-for-the-digital-age-Report-93-20_01_17Web.pdf /; E. Cooke et coll., “Future Perfect:What Will Universities Look Like in 2030?” Times Higher Education (THE) (2015): https://www.timeshighereducation.com/features/what-will-universities-look-like-in-2030-future-perfect; Ryan Craig et Allison Williams, “Data, Technology, and the Great Unbundling of Higher Education,” EDUCAUSE Review (2015): https://er.educause.edu/articles/2015/8/data-technology-and-the-great-unbundling-of-higher-education; S. Adams Becker et coll., NMC Horizon Report: 2017 Library Edition (Austin,Texas: The New Media Consortium, 2017), 20, 21:https://www.issuelab.org/resources/27498/27498.pdf; Svein Sjøberg, “Constructivism and Learning.” Dans Penelope Peterson, Eva Baker, et Barry McGaw, éds., International Encyclopaedia of Education (Oxford: Elsevier, 2010), 485-490; Michelle Kathleen Dunaway,“Connectivism: Learning Theory and Pedagogical Practice for Networked Information Landscapes,” Reference Services Review 39:4 (novembre 2011): 675-685.doi.10.1108/00907321111186686.
  21. David Nagel, “Virtual and Augmented Reality Poised for Explosive Growth,” THE Journal (avril 2016): https://thejournal.com/articles/2016/04/27/virtual-and-augmented-reality-poised-for-explosive-growth.aspx; Glenda Morgan, Jan-Martin Lowendahl, et Terri-Lynn Thayer, “Top 10 Strategic Technologies Impacting Higher Education in 2017,” Gartner (2016): https://www.gartner.com/doc/3557217/top-strategic-technologies-impacting.
  22. Pinfield, Cox, and Rutter, “Mapping the Future of Academic Libraries: A Report From SCONUL,” 17.
  23. Jaya Raju, “Information Professional or IT Professional? The Knowledge and Skills Required by Academic Librarians in the Digital Library Environment,” Libraries and the Academy 17:4 (2017): 739-757.
  24. Cathy De Rosa et coll., Perceptions of Libraries and Information Resources a Report to the OCLC Membership (Dublin, Ohio: OCLC Online Computer Library Center, Inc., 2005); M. Stephens, “Listening to Student Voices,” Library Journal 136:11 (2011): 44; M. Ward, “A‘Disconnect’ Between Academic Librarians and Students,” Computers in Libraries 16:10 (1996): 22.
  25. Marge Seifert, “Delivering ‘Knock-Your-Socks-Off’ Service” (juin2010):https://www.asdal.org/wordpress/wp-content/uploads/presentations/2010/delivering_knock_your_socks_off_service.pdf.
  26. Spiritual Master Plan Committee, Spiritual Master Plan: Helderberg College of Higher Education (Cape Town, South Africa: Helderberg College of Higher Education, 2018),9.
  27. Voici un exemple de la manière dont d'autres institutions collaborent avec le corps enseignant et les membres de l'église locale dans la communauté pour encadrer et encourager les étudiants : Lorena Neria de Girarte, “Mentoring: An Intervention Program for Non-traditional Students,” The Journal of Adventist Education 81:2 (avril-juin 2019): 26-31: https://jae.adventist.org/en/2019.81.2.5; et Mel Lang, “A Heart for Service: Why Walla Walla University Implemented a Mentor Program,” ibid.72:4 (avril/mai 2010): 25-29: http://circle.adventist.org/files/jae/en/jae201072042505.pdf. Pour plus d’informations sur le mentorat spirituel des étudiants, voir Jane Thayer, “Ten Things Faculty Can Do to Nurture College Students Spiritually,” ibid. 67:4 (avril/mai 2005): 4-9: http://circle.adventist.org/files/jae/en/jae200567040406.pdf.
  28. De Rosa et coll., Perceptions of Libraries and Information Resources a Report to the OCLC Membership.
  29. Arko-Cobbah, “The Role of Libraries in Student-centred Learning: The Case of Students From the Disadvantaged Communities in South Africa.”