Perspectives | Daniel Gonzalez-Socoloske

L’IMPORTANCE DE LA NATURE :

L’ÉDUCATION ADVENTISTE DU SEPTIÈME JOUR À L’ÈRE DE L’ANTHROPOCÈNE

Ma première initiation à cette notion d’un conflit entre les besoins des humains et le monde naturel s’est faite en cinquième année de primaire alors que je réfléchissais au projet que je pourrais présenter à l'expo-sciences des jeunes du comté. Mon professeur de sciences m’avait suggéré de faire un exposé sur un petit papillon endémique1, le satyre de Mitchell (Neonympha mithellii), qui se trouve seulement dans une douzaine de zones humides dans le sud du Michigan et le nord de l’Indiana. Comme j’aimais être dans la nature et en savoir plus sur les animaux, j’avais décidé de suivre son conseil.

La question à l’étude était une proposition du Michigan Department of Transportation de prolonger la route nationale US-31 de Berrien Springs vers le nord jusqu'à l'autoroute I-94 à Benton Harbor. Cela permettrait aux voyageurs de gagner environ 10 minutes. Beaucoup de conducteurs et de propriétaires d’entreprises étaient favorables au projet. Cependant, quelques citoyens et groupes de conservation inquiets y étaient opposés parce que l’autoroute proposée traverserait l’un des rares habitats humides restants du satyre de Mitchell. Il fallait faire un choix. La construction avait débuté dans les années 1980 mais avait été arrêtée vers la fin des années 1990 en raison d’un litige intenté par des groupes de préservation.

Je me souviens d’avoir visité le petit marais juste au nord de Berrien Springs en 1994, là où ces papillons vivent, armé d’un appareil photo que m’avait prêté mon professeur. Je n’avais pas vu de papillons, ce qui n’est pas surprenant puisque les papillons adultes ne sortent qu’environ deux semaines par an pendant l’été. Par contre, je me souviens d’avoir apprécié l’habitat unique des zones humides. Je n’ai pas gagné l’expo-sciences cette année (j’ai terminé deuxième), mais j’ai appris une précieuse leçon sur les choix que nous faisons en tant qu’humains et les conséquences possibles qu’ils ont sur les organismes qui nous entourent.

Quelle est l’importance de la nature ? Pourquoi devrions-nous nous soucier de la nature en tant qu’individus, membres de nos églises, de notre pays, de la race humaine ? Si un petit papillon, qui n’est visible que deux semaines par an dans une poignée de zones humides, disparaît, est-ce vraiment  important ? Ces questions peuvent sembler dures et injustes, mais d’une manière très concrète, nous nous posons chaque jour de nombreuses questions connexes, et nous y répondons par les choix que nous faisons. La vie est une question de choix. Certains choix sont relativement sans importance, comme choisir quelle parfum de glace acheter. D’autres sont plus difficiles comme de choisir la bonne personne avec qui partager sa vie. Certains sont simples en termes de moralité et d’immoralité. D’autres ne sont pas si clairs que ça.

Mon but dans cet essai est de mettre les éducateurs adventistes au défi de réexaminer leur relation avec la nature et leur dépendance à l’égard des bienfaits vitaux qu’elle procure. J’espère transmettre cette prise de conscience de ce que la nature a d’important et que nous vivons une époque unique en termes d’impact sur elle. Je vais présenter le concept d’éthique environnementale, et j’espère convaincre les lecteurs qu’en tant que croyants, nous avons l’obligation morale de nous soucier de la nature, et qu’en tant qu’éducateurs adventistes du septième jour, nous avons la responsabilité de sensibiliser nos étudiants sur l’état actuel de notre planète et des conséquences de nos choix.

Il n’est pas nécessaire d’être écologiste pour apprécier la nature et les bienfaits gratuits qu’elle nous procure. La nature n’offre pas seulement une beauté esthétique. Elle est indispensable pour notre survie puisqu’elle nous donne l’air que nous respirons, l’eau que nous buvons, les aliments que nous mangeons. Malheureusement, la plupart des gens ne réalisent pas que la nature existe dans un réseau assez fragile d’interdépendance entre les organismes et les environnements dans lesquels ils vivent. Ce qui veut dire qu’aucun organisme ne se suffit à lui-même. Tous les organismes dépendent d’autres organismes pour survivre. Par exemple, on estime que nous avons autant de cellules bactériennes que de cellules humaines dans notre corps2. Nous dépendons de ce biome humain (la communauté collective d’organismes qui vivent en nous) qui régule notre système immunitaire, aide à la digestion de nos aliments, produit certaines vitamines et nous protège d’agents pathogènes.

À plus grande échelle, les aspects abiotiques de la nature (le sol, les masses d’eau, l’atmosphère) influencent et sont influencés par les éléments biotiques de la nature. Plantes, champignons et bactéries modifient et façonnent le sol qui à son tour permet aux plantes et à une multitude d’autres organismes, ainsi qu’aux humains, de s’épanouir.

La nature travaille en maintenant l’équilibre. Les relations destructrices ne sont pas durables et sont effectivement abandonnées au fil du temps. Aucun prédateur ne mange ses proies sans discernement. Les relations d’exploitation constituent certainement une importante partie de la nature, mais elles sont toujours équilibrées, ou, ultimement, elles cessent avec la perte de l’une ou des deux espèces. Il n’y a pas de gaspillage dans la nature.

Pour moi, un des aspects les plus extraordinaires de la nature est la complexité et l’interdépendance de toutes choses. Malgré l’apparent égoïsme, et souvent la cruelle apparence de la lutte pour la survie, tous les organismes en bout de ligne dépendent les uns des autres pour survivre. Quand on observe étroitement la nature, nous y trouvons beaucoup plus de dépendance et de coopération que d’isolement et de compétition.

Alors quel est le problème ? La terre est une très grande planète, et il existe encore de grands espaces inhabités. Bien que dans un sens cela soit vrai – mais le devenant de moins en moins chaque année – nous vivons en fait à une époque sans précédent dans l’histoire de l’humanité. Notre impact sur l’environnement, notre empreinte écologique, sont plus visibles que jamais. Nous ne pouvons plus nier raisonnablement cette réalité, à savoir que nous sommes en train de détruire l’équilibre fragile de la nature duquel dépend toute vie, et de changer notre planète d’une manière potentiellement irréversible. L’ironie de tout cela est que nous sommes ultimement en train de nous détruire nous-mêmes. E.O. Wilson, gagnant du prix Pulitzer et professeur à Harvard, écrivait en 1998 dans son livre Consilience : The Unity of Knowledge ceci : « Peu nombreux sont ceux qui douteront que l’humanité s’est créé un problème planétaire. Personne ne le voulait vraiment mais nous sommes la première espèce à devenir une force géophysique modifiant le climat de la Terre, un rôle que jouaient auparavant la tectonique, les éruptions solaires et les cycles glaciaires »3.

Ce changement est si profond qu’en 2008, un groupe de géologistes de la Geological Society de Londres a étudié une proposition visant à nommer, à la suite de l’holocène, une nouvelle époque géologique appelée l’anthropocène4. Le raisonnement était une reconnaissance de l'impact géologique croissant de l’influence humaine sur les écosystèmes, l’utilisation des sols, et la biodiversité. Les scientifiques continuent à débattre du moment où il faut placer le début de l'anthropocène. Certains pensent qu’il devrait s'étendre dès le début de l'agriculture il y a des milliers d’années, alors que d’autres ont proposé des dates récentes comme 1945 quand les essais nucléaires Trinity ont été effectués, ou 1964 quand a débuté ce qui est connu comme étant « la grande accélération » de notre capacité à avoir un impact sur la planète. En 2015, Lewis et Maslin écrivaient dans le journal Nature : « Dans une large mesure, l’avenir du seul endroit où l’on sait que la vie existe est déterminé par les actions des  humains »5.

Mais attention ! Pourquoi faudrait-il, alors que cela fait longtemps que nous sommes ici, que tout ça arrive maintenant ? La raison de cet état de fait est mathématique : plus. Plus d’humains ont plus de capacités de modifier l’environnement. Toutes les civilisations ont eu, jusqu’à un certain point, un effet négatif sur leur environnement ; par contre, la révolution industrielle au 19e siècle a permis aux humains de s’épanouir et de prospérer aux dépends d’autres organismes et de l’environnement, à une échelle sans précédent. Depuis ce temps, les populations humaines ont augmenté en flèche. Il a fallu aux humains des milliers d’années pour atteindre une population d’un milliard en 1804. Pour réaliser le second milliard, il n’a fallu que de 123 années (1927) et nous avons ajouté depuis, tous les 12 à 14 années, un autre milliard de personnes. Les étudiants en écologie reconnaîtront ce type de courbe de croissance comme une croissance exponentielle. La bonne nouvelle est que le taux de croissance a culminé vers la fin des années 1960 et a commencé à ralentir. Cependant, après ajustement pour tenir compte de cette baisse du taux de croissance, nous sommes toujours en bonne voie d'atteindre 8 milliards d’humains en 20256 et 11 milliards vers la fin du siècle. Dans un clin d’œil géologique, notre espèce s’est développée de façon explosive, en population et en technologie, et notre impact continue à être global.

Les scientifiques estiment que 83 pour cent de la biosphère terrestre est actuellement sous l’influence directe de l’homme8. Les terres utilisées pour la production alimentaire humaine (terres cultivées et pâturages) occupent maintenant environ 40 pour cent de la surface terrestre, ce qui en fait un des plus grands biomes de la terre9. Dix pour cent de l’eau douce renouvelable totale est actuellement détournée pour l’usage humain. Les forêts de mono-culture artificielle, telles que les plantations d'huile de palme et les exploitations forestières, couvrent maintenant des millions de kilomètres carrés dans le monde entier10. Une étude récente a utilisé les données de suivi par satellite de plus de 70 000 navires de pêche commerciale et a constaté, lorsque l'on tient compte des zones où les données satellitaires sont insuffisantes, qu’actuellement nous pêchons environ 73 pour cent de l’océan11.

Au cours de cette même période de succès sans précédent en termes de croissance humaine et de progrès technologique, notre atmosphère, nos terres et océans, et les espèces non humaines ont été grandement impactés. Certaines espèces comme nos animaux domestiques ont augmenté en nombre, de nombreuses autres espèces ont subi de gros dommages de même que les habitats dont elles dépendent.

Deux récents rapports d’études qui se sont penchées sur les populations d’insectes au cours de plusieurs décennies ont constaté des déclins alarmants. Dans une étude de 27 ans (1989-2016) dans une réserve protégée en Allemagne, des scientifiques ont rapporté un déclin de 76 pour cent de la biomasse des insectes volants12. Pareillement, dans la forêt tropicale de Porto Rico, les scientifiques ont rapporté des déclins de 98 pour cent et 78 pour cent de la biomasse des insectes terrestres et des insectes ravageurs des canopées, respectivement, sur une période de 36 ans (1976-2012)13. Les vertébrés ne font pas beaucoup mieux. Actuellement, 25 pour cent des mammifères, 12 pour cent des oiseaux, et 32 pour cent des amphibiens sont menacés d’extinction, selon l'Union internationale pour la conservation de la nature14. La perte de leurs habitats en est la raison principale bien que la pollution, le braconnage et la surpêche soient aussi des contributeurs majeurs.

Vous avez peut-être entendu des scientifiques dire que les espèces disparaissent à des taux de 10 à 1000 fois les taux normaux de référence15. La raison du degré élevé de variabilité des estimations est que ces données dont difficiles à recueillir et le cycle biologique de chaque espèce peut varier énormément. Je fais partie d’un comité qui étudie le statut des lamentins tous les dix ans environ, et je vous assure que ce n’est pas facile. Malgré ces complications, la plupart des biologistes s’accordent pour dire que nous perdons des espèces à un rythme alarmant et que les humains sont, directement ou indirectement, la cause de ce problème16.

Les températures globales ont augmenté et cela est lié à l’augmentation atmosphérique des gaz à effet de serre tels que le dioxyde de carbone et le méthane. Le niveau de la mer s’est élevé et les glaciers ont diminué, et tout cela au cours des derniers 50 ou 60 ans. La liste est longue : espèces envahissantes modifiant les écosystèmes locaux, déforestation excédant la plantation de nouveaux arbres, pollution, fonte des régions polaires, blanchiment des coraux. Mes étudiants qui sont allés en Floride et à Cuba au cours de voyages écologiques ont été les témoins directs d’un grand nombre de ces problèmes. Ils ont vu des coraux blanchis et endommagés et des ordures de plastique alors qu'ils faisaient de la plongée en apnée dans les Florida Keys, et ont été les témoins des effets dévastateurs d’espèces envahissantes comme le poisson-lion (Pterois spp.) à Cuba et le python de Birmanie en Floride. Il y a vingt ans, quand que je participais en tant qu’étudiant au cours d’écologie de Floride, j’avais vu des cerfs de Virginie, des ratons laveurs, et d’autres mammifères dans le parc national des Everglades. En 2017, alors que j’y retournais en tant que professeur avec un groupe d’étudiants, nous n’avons vu aucun de ces animaux, pas même un animal tué sur la route, en raison de la croissance explosive de la population envahissante du python.

La question qui s’impose maintenant est : Pouvons-nous faire quelque chose à ce sujet ? En fait, devrions-nous faire quelque chose à ce sujet ? Comment les éducateurs chrétiens devraient-ils répondre à ce défi mondial actuel ? Si nous portons nos regards sur le courant dominant du christianisme, nous découvrons qu’aux États-Unis, il tend à soutenir le développement et non la conservation ; la dérégulation et non la protection environnementale. S’il est vrai qu’au cours de la dernière décennie, plusieurs organisations chrétiennes ont adopté des idées en lien avec la durabilité, elles sont l’exception à la règle.

Mais qu’en est-il des adventistes ? Sommes-nous vraiment différents ? La déclaration officielle de notre Église approuvée au milieu des année 1990 peut en surprendre plusieurs par son langage direct et fort pour parler de nos obligations morales (voir l’Encadré 1 pour la déclaration complète). Cette déclaration affirme que la nature est un don de Dieu et que nous, humains, sommes responsables d’une grande partie de la souffrance actuelle et de la destruction, celles-ci découlant de notre « égoïsme et [notre ]cupidité ». Elle fait appel à un changement radical de nos comportements, changement motivé par le « respect de la nature » et la « dignité de la vie créée ».

Alors pourquoi traitons-nous la nature avec tant d’indifférence et de myopie ? Pourquoi ne pratiquons pas ce que nous prêchons ? En fait, pourquoi ne prêchons-nous même pas sur ce sujet ? Je pense pouvoir donner deux raisons possibles à notre indifférence envers la nature et cette dissonance cognitive entre ce que nous disons et ce que nous faisons. La première raison est propre à notre dénomination, et la seconde, nous la partageons avec le reste de la chrétienté, et peut-être la société occidentale dans son ensemble. En investiguant ces deux raisons potentielles, j’espère donner aux éducateurs adventistes les moyens de les surmonter.

Je crois que nous avons tendance à être indifférents aux problèmes environnementaux parce que nous croyons que nous ne vivrons pas pour en voir les conséquences. Chaque génération d’adventistes, en remontant jusqu’aux millérites, a cru qu’elle était la dernière génération. Se pourrait-il que notre croyance apocalyptique du prochain retour de Jésus ait comme effet secondaire négatif involontaire, une indifférence envers les désastres que les être humains causent ?

Le problème principal ne semble pas être un manque de connaissance environnementale de base. Une des rares études sur la littératie environnementale des adventistes du septième jour a trouvé que les enseignants adventistes en Floride se comparaient favorablement à la population générale et qu’ils avaient au moins la littératie environnementale nominale, avec les scores les plus élevés dans la sous-échelle cognitive (connaissances) et les scores les plus faibles dans la sous-échelle comportementale17.

Se pourrait-il que nous haussions les épaules devant la réalité actuelle de notre planète parce que nous croyons que Jésus revient « très bientôt » et qu’il appuiera simplement sur le « bouton de remise à zéro » ? En attendant, les générations passent, et il en résulte que nous devons continuer à vivre avec nos décisions aveugles et notre inaction. Chaque nouvelle génération hérite d’une terre plus dégradée, de moins de ressources et de plus graves problèmes. Même si le Seigneur devait revenir aujourd’hui, cela justifie-t-il ou excuse-t-il nos actions imprudentes ou notre inaction face aux problèmes environnementaux ?

La Bible nous donne des exemples clairs de la relation entre nos péchés et notre cupidité et la destruction et la souffrance de la nature. Osée a écrit : « … il n’y a ni loyauté ni fidélité, ni connaissance de Dieu dans le pays. Il n’y a que malédiction et dissimulation, assassinats, vols et adultères ; on use de violence, on commet meurtre sur meurtre. C’est pourquoi le pays sera en deuil, tous ceux qui l’habitent périront ; avec eux les animaux sauvages et les oiseaux du ciel ; même les poissons de la mer disparaîtront » (Osée 4. 1-3, NBS, italique fourni)18.

On pourrait soutenir que la destruction environnementale est un sous-produit de nos péchés contre l’humanité et contre Dieu, les seules entités devant lesquelles nous sommes responsables, n’est-ce pas ? Certainement, la destruction directe ou indirecte (sous forme d’inaction) de la terre n’est pas un péché en soi. Dieu nous jugera-t-il pour le traitement de notre sol, des animaux sauvages et de la terre qu’il nous a confié ?

J’ai mentionné qu’il y avait deux raisons à notre indifférence. Alors que la première est un sous-produit de nos croyances apocalyptiques, la seconde découle de l’absence d’éthique de la terre. Une éthique est un ensemble de normes qui nous aident à savoir ce qui est bien et mal. La règle d’or est un exemple d’éthique entre individus. Nous basons nos décisions morales sur nos conceptions éthiques.

« Il n’existe pas encore d’éthique traitant de la relation de l’homme avec le sol, les animaux et les plantes qui y poussent »19, écrivait Aldo Leopold dans le dernier chapitre de son petit livre A Sand County Almanach : And Sketches Here and There (1949). Leopold suggérait que nous avons besoin d’élargir les frontières de nos éthiques pour y inclure l’eau, les plantes, les animaux – c’est-à-dire, collectivement, la terre. Cela peut sembler évident, mais combien sommes-nous à penser, quand nous prenons des décisions en rapport avec notre production d’ordures ou la consommation de nos ressources, qu’il s’agit d’une question morale ? Y a-t-il quelque chose de moralement mal d’acheter des véhicules énergivores ou des maisons inutilement grandes si nous avons les ressources financières pour se les payer ? E.O. Wilson le dit ainsi : « Bon, nous avons devant nous un choix très faustien : ou bien nous acceptons que notre comportement corrosif et risqué soit le prix incontournable de la croissance de la population et de l’économie, ou bien nous faisons le point sur de nous-mêmes et cherchons une nouvelle éthique environnementale20 ».

Ainsi, quel est le choix moral que nous devrions faire en tant qu’adventistes vivant dans l’anthropocène ? Et quel est notre rôle en tant qu’éducateurs ? Je pense que nous devons utiliser l’éthique de la terre en même temps que nos autres éthiques envers l’humanité et Dieu afin de modeler notre comportement. Cela signifie que nous prendrons des décisions basées sur le bien-être non seulement de nous humains mais aussi de la création, et pas seulement pour le temps présent mais aussi pour les générations futures de toutes les créatures. En tant qu’éducateurs, nous avons la tâche d’enseigner l’éthique de la terre en même temps que les éthiques que nous enseignons déjà par rapport à Dieu et l’humanité.

S’attaquer à des problèmes environnementaux mondiaux complexes

Il est essentiel d’éviter les extrêmes. Je travaille depuis 15 ans dans la préservation et j’ai appris qu’il faut, et c’est important, rencontrer les gens au milieu, et être prêt à faire des compromis. Nous devons être réalistes. Par exemple, la plupart des gens admettront que nous devons essayer de réduire notre empreinte écologique en achetant des viandes élevées et récoltées de manière responsable, pour ceux qui mangent de la viande. Demander à tout le monde d’arrêter d’utiliser sa voiture ne marchera pas. Mais assurément, nous pouvons convenir que nous devons essayer de réduire notre consommation de combustibles fossiles et investir des ressources dans les transports en commun et dans la recherche pour le développement de technologies qui offrent des alternatives qui dépendent d’énergies renouvelables. Il n’est pas réaliste de bannir tous les plastiques mais nous pouvons tous convenir que nous ne voulons pas un monde dans lequel il y a plus de plastique que de poissons dans nos océans – ce qui pourrait nous arriver d’ici 2050 21 !

Les problèmes environnementaux auxquels nous faisons face sont complexes et de nature mondiale. Ils n’exigeront pas seulement des changements personnels mais aussi des modifications politiques et institutionnelles. Les décisions personnelles sont bien connues (usage d’ampoules écoénergétiques, achats locaux, consommation morale des ressources, planification des naissances, etc.). Je ne m’attarderai donc pas là-dessus. Les changements institutionnels et politiques exigeront que nous appliquions l’éthique de la terre lors de la sélection de nos dirigeants, et que nous les tenions responsables lorsque les choses vont bien tout comme quand elles sont ratées. Il y a beaucoup à dire sur ces changements, mais l’objet de cet essai est l’éducation adventiste.

Que pouvons-nous faire en tant qu’éducateurs adventistes ?

  1. Former chez nos étudiants un caractère moral qui comporte une éthique de la terre. Nous, éducateurs, jouons un énorme rôle dans la formation des normes éthiques de nos élèves. Ellen G. White a écrit : « Une éducation authentique transmet cette sagesse. Elle nous enseigne à utiliser au mieux toutes nos connaissances, toutes nos facultés, et non l’une ou l’autre d’entre elles seulement. Ainsi elle nous amène à faire face à toutes nos obligations – envers nous-mêmes, le monde et Dieu22. » Nous devons aider nos élèves à dépasser une littératie environnementale nominale (de base) pour adopter une littératie environnementale opérationnelle (comportementale) en insufflant dans leur cœur et dans leur esprit la conviction morale qu’ils doivent prendre soin de notre planète.
  2. Informer les étudiants sur l’état actuel de la planète. Il est important qu’ils reçoivent l’information scientifique la plus précise et à jour sur l’état de notre planète et sur comment les humains l’affectent (voir encadré 2). Si de telles ressources ne sont pas facilement accessibles dans les documents scientifiques fournis par notre église, réclamez-les. Demandez que des ressources soient allouées à divers niveaux (union, division et Conférence générale) afin que celles-ci puissent être développées par des scientifiques adventistes qui se spécialisent dans des domaines connexes : science de la terre, géologie, conservation et biologie des populations, écologie, science du climat, etc.
  3. Donner l’exemple d’un style de vie durable et d’une consommation responsable des ressources. Pensez aux ressources que vous utilisez à la maison et dans votre classe. Évitez d’utiliser du plastique à usage unique, et recyclez chaque fois que possible. Tenez compte des ordures que votre école produit chaque jour. D’après la United States Environmental Protection Agency, les Américains produisent une moyenne de 2 kg de déchets par jour, par personne23. Combien de ces déchets finissent dans un terrain d’enfouissement ou dans l’océan, et combien de temps ces déchets continueront-ils à exister après vous en être débarrassé ?
  4. Mettre les élèves au défi de penser à l’avenir. Créez en classe des projets qui explorent les problèmes auxquels les humains font face et mettez vos élèves au défi d’inventer des solutions. Programmez une foire environnementale annuelle où les étudiants pourraient présenter leurs projets et idées pour résoudre les problèmes environnementaux. Enseignez l’éducation civique aux enfants et l’importance de voter.
  5. Élire et soutenir les dirigeants qui comprennent l’importance de l’éthique de la terre. En tant que citoyens actifs nous devons soutenir ceux qui comprennent l’importance de l’éthique de la terre, qu’ils soient administrateurs d’une église ou d’une école, d’une ville locale, d’un État ou d’une province, ou dirigeants nationaux. En tant qu’éducateurs, nous pouvons exprimer notre inquiétude quand des décisions contraires à cette éthique sont prises. Nous pouvons soutenir des initiatives qui garantissent aux générations futures la beauté esthétique et les bienfaits écologiques que nous recevons maintenant du monde naturel mais tenons souvent pour acquis.

Tout comme des communautés peuvent créer d’horribles destructions, elles peuvent aussi prendre des mesures pour le bien. Remarquez que j’ai utilisé une terminologie morale pour décrire les actions humaines qui affectent notre planète.

En tant que communautés scolaires, nous pouvons être un exemple pour l’ensemble de la communauté. Imaginons que ce qui suit se produise dans nos écoles :

    • Les universités et les écoles fournissent des parcelles de jardin aux communautés dans lesquelles elles sont situées ainsi que des formations sur la manière de jardiner biologiquement.
    • Les écoles et les institutions non seulement recyclent leurs déchets mais aussi soutiennent, et même construisent, des centres de recyclage où l’ensemble de la communauté pourrait apporter ses déchets de plastique, d’aluminium et de papier.
    • Les écoles et universités s’efforcent d’être carboneutres et de se concentrer sur l'utilisation de ressources principalement durables.
    • Les nouveaux bâtiments planifiés et les vieux bâtiments rénovés sont conçus pour répondre à une certification environnementale externe telle que celle accordée par l’organisation non gouvernementale LEED (Leadership in Energy and Environmental Design).
    • Les écoles et universités s’engagent à utiliser l’énergie de façon plus intelligente et plus efficace, et investissent dans des sources d’énergie durable comme l’énergie solaire ou thermale.

Toutes ces initiatives s'inscrivent bien dans la lignée de la déclaration officielle de l’Église adventiste du septième jour sur l’environnement.

Y a-t-il vraiment quelque chose à faire pour inverser notre trajectoire actuelle ? Mon côté cynique me dit : « Non, c’est trop tard. » La cupidité humaine, les intérêts corporatifs, ceux qui ont des richesses sont trop puissants, et beaucoup de ceux qui ont le pouvoir décisionnel sont myopes. Mais je vois aussi une nouvelle génération marcher tout autour du monde réclamant le changement et la reconnaissance des tragiques réalités auxquelles notre monde fait face24. J’entends ces jeunes plaider pour quelque chose en quoi ils croient pour des raisons morales. Ils voient l’urgence de la situation et veulent y remédier. Ils reconnaissent que nous avons déjà des solutions financièrement viables et basées sur la science.

Les politiques environnementales et l’action populaire ont amélioré de nombreux problèmes environnementaux : on peut parler de l’amélioration de la qualité de l’air25 et de l’eau26 ainsi que du sauvetage d’espèces au bord de l’extinction27. Le changement est difficile, et nombreux sont ceux qui ne le veulent pas. Cependant, je crois que cette nouvelle génération a le courage de mettre en œuvre ce changement28.

En tant qu’éducateurs adventistes, nous devons donner à nos jeunes les moyens d’agir grâce à une saine connaissance du sujet et nous devons nourrir leur désir de changement en les encourageant à suivre une éthique de la terre, plutôt que de devenir un obstacle de plus au progrès. Je crois que si nous adoptons une éthique de la terre et élargissons nos frontières morales pour embrasser la nature comme un cadeau de Dieu, nous pouvons trouver l’équilibre entre les besoins humains et le monde naturel. Sera-ce facile ? Non. Cela exigera des sacrifices et imposera un coût à notre style de vie actuel. Le mot compassion signifie littéralement « souffrir avec », c’est-à-dire avoir ce sentiment qui surgit quand on est confronté à la souffrance d’un autre et que nous nous sentons motivés à la soulager.

Certaines choses ont disparu à toujours. Les générations passées ont choisi un monde sans le rhinocéros blanc nordique (Ceratotherium simum cottoni), sans le dauphin de rivière chinois (Lipotes vexillifer), et le crapaud doré (Incilius periglenes). Nous ne pouvons maintenant changer cela. Vous vous rappelez des papillons satyres de Mitchell dans le marais au nord de Berrien Springs ? Voilà, les derniers sondages à l’été 2018 ont indiqué que dans ce marais, ces papillons ont disparu. Bien sûr, d’autres populations de cette espèce peuvent exister ailleurs… et les plans du comté de terminer la route ont été réapprouvés et débuteront en 2021.

En 1999 déjà, alors que j’étais un étudiant en biologie à l’université Andrews, Focus, le magazine des anciens élèves avait publié un article sur les défis environnementaux et la façon dont l’université se débattait avec eux29. Dans cet article, Dr Woodland (à l’époque un membre de la faculté de biologie) esquissait une bonne partie des mêmes problèmes partagés dans l’article que vous lisez maintenant, et il dressait une liste de choses que l’école pouvait faire pour les résoudre. Le président de l’époque soutenait ces recommandations et il convenait qu’elles cadraient bien avec les croyances philosophiques adventistes et les objectifs de l’université, mais on a soulevé alors une inquiétude liée à un fardeau financier potentiel. Aujourd’hui, quelque 20 ans plus tard, et presque un demi-siècle après la première célébration du jour de la Terre à l’université, les mêmes problèmes sont toujours là, mais plus graves qu’avant. Beaucoup de nos écoles font face à des défis similaires. La déclaration officielle de notre Église sur l’environnement a été publiée il y a presque 25 ans, et nous n’y avons pas encore donné suite de manière substantielle en tant que dénomination. Nous n’avons pas cherché à régler le problème.

Maintenant, faites avec moi, en esprit, un voyage dans l’avenir d’ici 25, 50, 100 ans. Si Jésus n’est pas revenu, quelle sera la conversation de nos jeunes adventistes du septième jour vivant dans l’anthropocène à la lecture de cette déclaration officielle publiée en 1996 et du vieil article dans Focus en 1999 et des articles dans ce journal en 2013 et 2019 ? Parleront-ils de leur déception quant à notre incapacité de valoriser et conserver la création de Dieu et ultimement notre propre contribution à une planète appauvrie ? Ou parleront-ils de leur encouragement à la réalisation que depuis ce temps nous avons agi en tant que force positive pour assurer à ceux qui viennent après nous une meilleure planète et montré la voie par nos propres sacrifices ? La génération qui nous a précédés a fait ses choix. C’est à notre tour de faire les nôtres.


Cet article a été revu par des pairs.

Daniel Gonzalez-Socoloske

Daniel Gonzalez-Socoloske, Ph.D., est professeur associé de biologie à l'université Andrews (Berrien Springs, Michigan, États-Unis). D. Gonzalez-Socoloske a obtenu son doctorat en écologie de l'université Duke à Durham, en Caroline du Nord (États-Unis). Il est spécialisé dans l'écologie et la conservation des mammifères et est membre de la Society for Marine Mammalogy, de la Latin American Society of Aquatic Mammal Specialists et conseiller scientifique du Sirenia Specialist Group, un sous-groupe de la Species Survival Commission (SSC) de l'Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN). Il enseigne l'écologie générale, la biostatistique, le comportement animal et la mammalogie.

Citation recommandée :

Daniel Gonzalez-Socoloske, L’importance de la nature : L’éducation adventiste dans l’anthropocène, Revue d’éducation adventiste. Disponible à https://jae.adventist.org/fr/2019.81.3.6.

NOTES ET RÉFÉRENCES

  1. En écologie, une espèce endémique est une espèce qui ne se trouve que dans une localité ou région géographique et nulle part ailleurs.
  2. Ron Sender, Shai Fuchs, et Ron Milo, “Revised Estimates for the Number of Human and Bacterial Cells in the Body,” PLOS Biology 14:8 (août 2016): e1002533. On a longtemps pensé que ce rapport était beaucoup plus élevé, de l'ordre de 10:1 pour les bactéries par rapport aux cellules humaines, mais il a récemment été révisé à un rapport plus proche de 1:1. Quoi qu'il en soit, nous partageons notre corps avec un nombre étonnamment élevé d'autres organismes.
  3. Edward Osborn Wilson, Consilience: The Unity of Knowledge (New York: Vintage, 1999), 277-278.
  4. Voir la revue par Colin N. Waters et coll., “The Anthropocene Is Functionally and Stratigraphically Distinct From the Holocene,” Science 351:6269 (janvier 2016): aad2622-1-aad2622-10. Les géologues divisent les périodes géologiques en époques ; l'holocène a commencé après la fin de la dernière période glaciaire à environ 10 000 ybp (datation classique). L'anthropocène vient de la racine anthro qui signifie " humain ", c'est-à-dire littéralement « l'âge des humains ».
  5. Simon L. Lewis et Mark Andrew Maslin, “Defining the Anthropocene,” Nature 519: 7542 (mars 2015):171-180.
  6. Les Nations Unies prévoient que d'ici 2025, la population mondiale augmentera d'un milliard pour atteindre environ huit milliards de personnes. Voir “World Population to Increase by One Billion by 2025” (2013): https://www.unfpa.org/news/world-population-increase-one-billion-2025.
  7. La biosphère englobe toutes les composantes abiotiques et biotiques de la planète Terre. La biosphère terrestre comprend toutes les terres, tous les lacs et toutes les rivières de la biosphère (à l'exclusion des océans).
  8. Eric Sanderson et coll., “The Human Footprint and the Last of the Wild,” BioScience 52:10 (octobre 2002): 891-904.
  9. Jonathan A. Foley et coll., “Global Consequences of Land Use,” Science 309:5734 (juillet 2005): 570-574. Les écologistes divisent les différents types d'habitats terrestres en biomes fondés principalement sur le climat régional (température et précipitations) et la communauté végétale.
  10. Michael Williams, “Forests.” In The Earth as Transformed by Human Action: Global and Regional Changes in the Biosphere over the Past 300 Years. B. L. Turner II et coll., éds. (Cambridge: Cambridge University Press, 1990), 179-201.
  11. David A. Kroodsma et coll., “Tracking the Global Footprint of Fisheries,” Science 359:6378 (février 2018): 904-908.
  12. Casper A. Hallmann et coll., “More Than 75 Percent Decline Over 27 Years in Total Flying Insect Biomass in Protected Areas,” PLoS One 12 (octobre 2017): e0185809.
  13. Bradforld C. Lister et Andres Garcia, “Climate-driven Declines in Arthropod Abundance Restructure a Rainforest Food Web,” Proceedings National Academy of Sciences 115:44 (octobre 2018): E10397-E10406.
  14. Secretariat of the Convention on Biological Diversity (2010) Global Biodiversity Outlook 3. Montreal, 94 pages.
  15. Megan Lamkin et Arnold I. Miller, “On the Challenge of Comparing Contemporary and Deep-Time Biological-Extinction Rates,” BioScience 66:9 (septembre 2016): 785–789. https://doi.org/10.1093/biosci/biw088.
  16. Voir par exemple, William K. Hayes et Floyd E. Hayes, “How Does Human Activity Affect Species Extinctions?” The Journal of Adventist Education 76:1 (octobre/novembre 2013): 23-29: http://circle.adventist.org/files/jae/en/jae201376012307.pdf.
  17. Michael Murdoch, “Environmental Literacy of Seventh-day Adventist Teachers in the Parochial Schools of the Florida Conference of Seventh-day Adventists,” Journal of Applied Christian Leadership 6:2 (2012): 69-87. La littératie environnementale peut être mesurée selon trois échelles : la littératie environnementale nominale (compréhension de base des termes), la littératie environnementale fonctionnelle (connaissance et compréhension plus larges des interactions entre les systèmes humains et naturels) et la littératie environnementale opérationnelle (compréhension plus approfondie et plus large de l'évaluation par la personne de l'impact et des conséquences de ses actions). Murdoch a constaté que les enseignants adventistes avaient au moins une connaissance nominale de l'environnement, qui était comparable à celle du reste de la population générale, mais qui n'était pas corrélée avec des comportements positifs, et des actions concernant l'environnement.
  18. Osée 4.1-3. Nouvelle Bible Segond, NBS, 2002.
  19. Aldo Leopold, A Sand County Almanac: And Sketches Here and There (New York: Oxford University Press, Inc., 1949), 203: http://www.umag.cl/facultades/williams/wp-content/uploads/2016/11/Leopold-1949-ASandCountyAlmanac-complete.pdf.
  20. Wilson, Consilience: The Unity of Knowledge, 277, 278.
  21. Forum économique mondial, Ellen MacArthur Foundation et McKinsey & Compagnie, “The New Plastics Economy — Rethinking the Future of Plastics” (2016): https://www.ellenmacarthurfoundation.org/publications/the-new-plastics-economy-rethinking-the-future-of-plastics-catalysing-action ).
  22. Ellen G. White, Éducation , Vie et Santé, p. 255, 1986. (Italique fourni)
  23. United States Environmental Protection Agency, “Advancing Sustainable Materials Management: 2015 Fact Sheet” (juillet 2018): https://www.epa.gov/sites/production/files/2018-07/documents/2015_smm_msw_factsheet_07242018_fnl_508_002.pdf.
  24. Le vendredi 15 mars 2019, environ 1,5 million de jeunes dans plus de 2 000 endroits dans 123 pays ont séché les cours et ont participé à une grève mondiale des écoles contre le changement climatique appelée « Vendredi pour l'avenir ». Voir Chad Frischmann, “The Young Minds Solving Climate Change,” BBC Future (mars 29, 2019): http://www.bbc.com/future/story/20190327-the-young-minds-solving-climate-change .
  25. John Bachmann, David Calkins, et Margo Oge. “Cleaning the Air We Breathe: A Half Century of Progress,” EPA Alumni Association (septembre 2017). 52: https://www.epaalumni.org/hcp/air.pdf. Avant les modifications apportées au Clean Air Act en 1970, les grandes villes américaines souffraient d'un brouillard dense et de pluies acides, et le problème s'aggravait. Au cours du demi-siècle qui a suivi l'adoption de la loi, divers programmes ont permis de réduire de 70 pour cent les émissions de polluants atmosphériques, tandis que l'économie a plus que doublé. La qualité de l'air aux États-Unis s'est considérablement améliorée, ce qui a eu des effets bénéfiques importants sur l'environnement et la santé humaine.
  26. David A. Keiser et Joseph S. Shapiro, "Consequences of the Clean Water Act and the Demand for Water Quality,” NBER Working Paper No. 23070 (January 2017), 48: https://www.nber.org/papers/w23070.pdf. Tout comme le Clean Air Act, le Clean Water Act adopté par le Congrès américain en 1972 a considérablement amélioré l'état environnemental des bassins versants et réduit les niveaux de pollution. Toutefois, il reste encore beaucoup de chemin à parcourir pour atteindre les objectifs initiaux de rendre toutes les eaux américaines exploitables et baignables en 1983 et d'éliminer toute pollution de l'eau en 1985. La plupart des cours d'eau, des lacs et des zones côtières des États-Unis ne respectent toujours pas les normes de qualité de l'eau.
  27. Plusieurs espèces se sont rétablies du bord de l'extinction en raison de l'application des lois et de la protection de l'environnement. L'exemple classique aux États-Unis est l’aigle à tête blanche (Haliaeetus leucocephalus). Voir Wade L. Eakle et coll., “Wintering Bald Eagle Count Trends in the Counterminous United States, 1986-2010,” Journal of Raptor Research 49:3 (janvier 2015): 259-268.
  28. Le numéro d’octobre/novembre 2013 du The Journal of Adventist Education (Volume 76, No. 1) présentait plusieurs articles sur la protection de l'environnement et les écoles vertes. Il existe également de nombreuses institutions qui s'efforcent d'être plus soucieuses de l'environnement ; cependant, il est possible et nécessaire de faire davantage pour sensibiliser les gens, protéger l'environnement et réduire les déchets.
  29. Chris Carey, “It’s Not Easy Being Green: Twenty-nine Years After the First Earth Day, Andrews Still Struggles to Address Environmental Issues on Campus,” Focus 35 (printemps 1999): 10-14: https://digitalcommons.andrews.edu/cgi/viewcontent.cgi?  referer=https://www.google.com/&httpsredir=1&article=1034&context=focus.