Perspectivas | Peter Lyons

MODIFIER LA VIE :LA BIOLOGIE MODERNE ET LES PRINCIPES BIBLIQUES

Au cours des dernières années, nous avons assisté à une incroyable évolution de notre compréhension des fondements de la vie. Grâce à la technologie, nous pouvons maintenant observer au plus profond les activités particulières des molécules et des enzymes, et même des atomes individuels1. Le séquençage du génome humain est déjà de l'histoire ancienne alors que nous séquençons maintenant le code génétique d’un nombre indéfini d’autres organismes biologiques. Nous en sommes presque au point où une visite chez le docteur sera accompagnée d’une analyse de notre code génétique2. Il semble que nous serons bientôt capables de connaître le secret de la vie, du moins, c’est ce que certains pourraient dire.

Plus étonnant encore est la rapidité avec laquelle on développe des techniques dans le but de manipuler la vie telle que nous la connaissons. Les scientifiques recherchent activement la capacité de remplacer des organes défaillants avec de nouveaux organes cultivés directement à partir des cellules souches de la personne. Ces dernières années, le monde scientifique est en ébullition à propos d’une technologie qui permettra de fines vérifications de l'ADN humain pour corriger les mutations causant des maladies. Nous sommes capables maintenant de faire des gènes concepteurs, et les chercheurs travaillent à la réalisation d’organismes concepteurs, par exemple, à des moustiques incapables de transmettre le paludisme.

Ces technologies en développement – thérapeutique des cellules souches, édition de gènes et biologie de synthèse – présentent de grandes implications pour les soins de santé et la gérance de notre planète. Elles ont aussi un fort potentiel d’abus. C’est la raison pour laquelle la communauté scientifique a investi beaucoup d’effort pour se pencher sur les implications éthiques de ces technologies. En 2015 à Washington D.C., s’est tenu un sommet sur l'ère émergente de l'édition génétique3. Il a été mis sur pied par des organisations scientifiques des États-Unis, d’Angleterre et de Chine et a regroupé près de 500 scientifiques, éthiciens et autres groupes intéressés du monde entier. La réunion s'est terminée par une recommandation de s'abstenir de toute recherche sur l’édition de gènes sur des embryons humains viables destinés à l’implantation et à la grossesse, et cela jusqu’à ce que les préoccupations éthiques et de sécurité aient été résolues.

Dans cet article, j’aimerais examiner quelques-unes de ces technologies en développement qui nous permettent maintenant de modifier la vie telle qu’on la connaît. Quelles sont exactement ces technologies ? Comment fonctionnent-elles ? Seront-elles bénéfiques pour nous et pour notre planète ou auront-elles des répercussions négatives ? Mais d’abord et avant tout, y a-t-il des principes bibliques qui peuvent guider l’approche des communautés chrétiennes à l’égard de ces questions ? Finalement, je discuterai des meilleures façons d’aborder ces sujets en classe. Comment pouvons-nous enseigner ces aspects de la science qui évoluent rapidement tout en faisant en sorte que la science et la Bible soient en adéquation, et en encourageant l’implication pratique des étudiants dans ces dossiers ?

Les cellules souches embryonnaires

Les cellules souches sont uniques parce qu’elles sont capables à la fois de se régénérer elles-mêmes et de devenir, ou de se différencier en de nouveaux types de cellules. Au début, les scientifiques pensaient que les cellules souches se trouvaient seulement dans les tissus embryonnaires ou dans la moelle osseuse. Aujourd’hui, nous savons que les cellules souches se trouvent dans un large éventail de tissus adultes normaux, et même dans certaines régions du cerveau4, et permettent une croissance continue ainsi que la régénération des tissus. Par exemple, les cellules souches qui se développent dans la moelle osseuse sont capables de régénérer de nombreux types de cellules qui circulent dans le courant sanguin : les globules rouges, les plaquettes, les macrophages et divers types de cellules immunitaires. Les cellules souches trouvées dans l’intestin grêle régénèrent constamment sa paroi alors que les vieilles cellules meurent et se détachent. On pense que la découverte de ces cellules et de leur capacité à régénérer les tissus est une avancée majeure vers le traitement et la guérison des maladies.

Les cellules souches adultes sont très prometteuses mais une bonne partie de la publicité autour des cellules souches s’est concentrée sur les cellules souches embryonnaires qui ont certaines propriétés dont sont dépourvues les cellules souches adultes. Ce sont les cellules embryonnaires qui se sont différenciées pour former chaque être humain. Cela signifie donc que ces cellules ont finalement la capacité de devenir tous les types de cellules du corps, une capacité dite pluripotente. Les cellules souches du sang mentionnées plus haut ne sont capables que de produire d’autres types de cellules du sang. Leur capacité est dite multipotente. L’avantage des cellules souches pluripotentes – et c’est le cœur du battage médiatique qui entoure les cellules souches – est que ces cellules ne se limitent pas à la création d’un répertoire particulier de types de cellules. Les scientifiques pourraient être capables d’utiliser ces cellules pour cultiver n’importe quel type de cellules ou d’organes dont les humains auraient besoin. Alors que, maintenant, les patients doivent attendre un donneur d'organe compatible, les médecins de l’avenir pourraient simplement placer une commande pour un organe de remplacement qui aurait été cultivé en laboratoire.

Certes, le potentiel de ces cellules est passionnant, mais ces cellules souches embryonnaires sont typiquement dérivées d’embryons humains de 5 à 6 jours qui ont été mis en banque dans les cliniques de fertilité, mais non utilisés aux fins prévues. L’origine des cellules souches embryonnaires soulève la préoccupation de ceux qui croient que la vie commence à la conception. En effet les embryons, sur lesquels on prélève des cellules souches, ne survivent pas. Mais, même si certains pourraient soutenir que cette préoccupation « freine les progrès de la science », la réaction du public à l’encontre de l’utilisation des cellules souches embryonnaires a été, en partie, responsable d’une poussée au sein de la communauté scientifique pour développer un autre type de cellules souches. En 2006, le laboratoire de Shina Yamanaka à Kyoto au Japon a démontré que des cellules souches pluripotentes pouvaient être dérivées de cellules adultes normales par l’intermédiaire de quelque manipulation génétique5. Des recherches récentes ont permis la différenciation de nombreux types de cellules à partir de ces cellules souches pluripotentes induites (iPSC), réduisant le besoin de travailler avec des cellules souches embryonnaires6. Les iPSCs pourraient, en fait, permettre la production d’organes de remplacement à partir des propres cellules d’une personne, ce qui éliminerait les problèmes de rejet quand ce sont des tissus de donneurs qui sont utilisés dans les greffes. Bien que les cellules souches embryonnaires puissent avoir des caractéristiques uniques et utiles, il existe maintenant d’autres solutions.

Actuellement, peu de traitements à base de n’importe quel type de cellules souches ont été approuvés par les organismes de réglementation. Cela témoigne de la complexité de cette forme de thérapie et des nombreux obstacles que les scientifiques doivent surmonter pour utiliser avec succès les cellules souches dans les thérapies de greffe7. Cependant, à présent, des centaines d’études sont actuellement en cours pour étudier les possibilités. Les scientifiques ont fait quelque progrès en utilisant des cellules souches embryonnaires pour traiter la dégénérescence maculaire en greffant des cellules souches dérivées de cellules souches de la rétine8. Des méthodes de transplantation similaires ont été tentées dans le traitement des lésions de la moelle épinière. Récemment, un traitement à base de cellules souches a été approuvé en Europe. Il consiste à utiliser les propres cellules souches adultes non adultérées d’un patient pour réparer la cornée à la suite de blessures telles que des brûlures9. Mais, le traitement à base de cellules souches peut-être le mieux connu existe depuis plus de 60 ans. Il s’agit de la greffe de moelle osseuse dans laquelle les cellules souches adultes sont transplantées dans un receveur – souvent un patient leucémique – dans le but de remplacer ses propres cellules souches défectueuses (cancéreuses), ces dernières ayant été tout d’abord totalement détruites par la radiation ou la chimiothérapie.

Embryons triparentaux

Alors que ni les cellules souches embryonnaires ni les iPSCs n’ont été mises sur le marché en tant que thérapie approuvée, la manipulation de tissu embryonnaire a été approuvée, du moins dans certains pays, sous la forme d’embryons triparentaux10. Dans ce cas, les scientifiques n’utilisent pas les cellules embryonnaires dans un but thérapeutique potentiel chez un patient adulte, mais ils manipulent plutôt l’embryon lui-même afin que l’individu en développement n’hérite pas d’une maladie mitochondriale grave. Les mitochondries sont les moteurs de la cellule – de petits organites qui sont en grande partie responsables de la conversion des aliments en énergie utilisable. Certaines des instructions de fonctionnement de ces moteurs sont préstockées dans chaque mitochondrie sous la forme d’ADN mitochondrial. Des mutations dans l’ADN mitochondrial peuvent parfois déboucher sur des maladies incurables et souvent fatales. Alors que la majorité de notre matériel génétique nous vient de nos deux parents, la majeure partie de nos mitochondries et autres organites vient seulement de la mère à travers le cytoplasme de l’ovule. Afin de produire un embryon triparental, le noyau d’un ovule avec un ADN mitochondrial défectueux est transplanté dans un ovule dénucléé de donneuse avec une mitochondrie normale. Cet ovule manipulé est ensuite fertilisé par un spermatozoïde en laboratoire puis implanté dans l’utérus maternel. L’individu issu de ce processus aurait alors l’information génétique de trois parents – deux mères et un père.

Cette thérapie de remplacement mitochondrial a été approuvée en vue de l’utilisation dans les cliniques de fertilité en Angleterre11. Elle n’est pas encore approuvée aux États-Unis mais les experts demandent à la FDA américaine (Food and Drug Administration) d’approuver son utilisation dans les essais cliniques. Bien sûr, il y a quelques inconnues : pourrait-il y avoir des effets délétères à avoir le matériel génétique d’une troisième personne dans les cellules ? Pourrait-il y avoir un impact psychologique sur l’enfant à avoir un troisième parent ? Et si le protocole ne fonctionnait pas ? Et si les mitochondries défectueuses étaient d’une façon ou d’une autre transférées et conservées ? Cette possibilité a été démontrée, et elle suggère que nous devons être très prudents face à ces genres de manipulations12. Questions à part, il est probable que cette thérapie sera approuvée dans d’autres pays dans un prochain avenir. Récemment, il a été annoncé qu’un bébé triparental était né au Mexique en avril 201613. Qu’on le veuille ou non, nous en sommes là.

Édition de gènes

La thérapie de remplacement mitochondrial a un marché relativement petit –peu de gens ont des défauts dans leur ADN mitochondrial. Cependant presque toutes les maladies ont une base génétique : à savoir que la majeure partie des maladies est causée par un changement soit hérité soit acquis dans le code ADN. Ainsi une technologie qui pourrait renverser ces changements aurait un énorme impact dans la guérison et la prévention des maladies. Une telle technologie d'édition génétique a émergé ces dernières années. La technologie s'appelle CRISPR/Cas9, un acronyme qui décrit un système immunitaire bactérien14. Les bactéries, tout comme les humains, ont besoin de lutter contre les infections virales. Les bactéries font cela en incorporant un morceau de matériel génétique viral dans leur propre ADN puis elles utilisent ce modèle pour reconnaître d'autres virus envahissants qui sont alors détruits par l’enzyme bactérienne Cas9. Les scientifiques ont maintenant adapté ce système afin de l’utiliser dans des cellules de mammifères telles que les nôtres. En fait, on peut dire que les scientifiques ont amélioré ce système en faisant de subtils changements qui augmentent la précision de ce mécanisme de désintégration, et en le manipulant pour l’utiliser de diverses façons qui comprennent pas seulement la désintégration mais aussi une édition subtile du matériel génétique15.

Cette technologie sera-t-elle utilisée à des fins thérapeutiques pour guérir des maladies humaines ? Déjà, les compagnies font la queue, avec beaucoup d’attente, pour la technologie CRISPR. Deux compagnies en particulier ont récolté des fonds substantiels pour cet enjeu. Editas, localisée à Cambridge dans le Massachusetts, et soutenue par Bill Gates et d’autres à hauteur de 120 millions de dollars américains, a pour objectif d’utiliser cette technologie dans au moins cinq essais cliniques humains d’ici 2022, espérant guérir un jour des maladies telles que la dystrophie musculaire de Duchenne et la fibrose kystique. CRISPR Therapeutics, aussi localisée à Cambridge dans le Massachusetts, a négocié des contrats avec Bayer (335 millions de dollars américains) et Vertex Pharmaceuticals (105 millions de dollars américains) afin de développer la technologie pour traiter les affections telles que les troubles sanguins, la cécité et les cardiopathies congénitales16.

Il y a de fortes probabilités que cette technologie produira des résultats dans un avenir proche. Son efficacité a déjà été démontrée sur des modèles animaux. En 2014, une souris avec une mutation dans le gène de la dystrophine, celle-ci menant typiquement au développement de la dystrophie musculaire chez la souris, a été traitée avec la technologie CRISPR qui a interrompu le développement de la maladie17. Son utilisation chez l'homme a été initiée à l’été 2015, au grand dam des communautés scientifique et bioéthique internationales – alors que des scientifiques en Chine avaient révélé la possibilité d’utiliser cette technologie sur des embryons humains non viables18. Plus récemment, la technologie a été utilisée pour modifier les cellules immunes d’un patient atteint d’un cancer du poumon dans l’espoir de stimuler le système immunitaire afin qu’il attaque le cancer. Elle a aussi été utilisée dans des embryons humains viables non implantés pour corriger avec succès un défaut qui mène à une cardiomyopathie hypertrophique19.

La manipulation génétique a dépassé la manipulation humaine pour améliorer la santé et tente maintenant de modifier les moustiques pour essayer de parvenir à leur extermination (en vue d’améliorer notre santé). On a ciblé les moustiques parce qu’ils transmettent de graves maladies dont la dengue, le paludisme et le virus Zika. Les scientifiques ont développé une méthode de manipulation du matériel génétique du moustique afin de bloquer la transmission d’agents pathogènes20. De plus, une méthode de dissémination rapide de ce trait dans toute la population sauvage a été développée avec l’utilisation d’une « banque de gènes ». La version la plus radicale de cette approche élimine tous les moustiques mâles causant efficacement un effondrement des populations de moustiques (pas de mâles, pas de reproduction). Pour le moment, cette technologie est renfermée dans des laboratoires sécurisés, mais, un jour, elle pourrait être utilisée.

Biologie de synthèse

L'idée de la manipulation génétique est liée au concept de la biologie synthétique, qui consiste à créer de nouveaux organismes et espèces qui peuvent faire ce que nous voulons qu'ils fassent. Cela n’est pas un nouveau concept. En fait, l’industrie biotechnologique a débuté avec cette idée révolutionnaire, à savoir que l’on peut manipuler des organismes (initialement seulement des bactéries) afin de produire des choses utiles pour l’humanité. Genentech a été un pionnier dans ce domaine en utilisant des bactéries génétiquement modifiées pour produire de l’insuline pour le traitement du diabète21. De nombreux diabétiques sont actuellement les bénéficiaires de cette insuline humaine produite par des bactéries, insuline appelée Humulin®.

Aujourd’hui, en revanche, nous pouvons non seulement modifier des bactéries pour accomplir de simples tâches mais nous sommes aussi capables de modifier radicalement la composition des organismes. Les implications de ce genre de manipulation de la nature sont d’envergure. Par exemple, un groupe de scientifiques a récemment inséré plus de vingt gènes étrangers dans une souche de levure pour lui permettre de produire des opioïdes22. Actuellement, la production de médicaments comme la morphine dépend de la volatilité de l'offre internationale de pavots. Un approvisionnement fiable de ces médicaments contre la douleur serait bénéfique. Cependant, l’apparente facilité de production d’opioïdes à partir de levure a conduit certains à spéculer sur le potentiel d’abus si la technologie tombait entre de mauvaises mains.

Il y a quelques années, une équipe de scientifiques de l’Institut J. Craig Venter a synthétisé artificiellement un génome bactérien complet. Ils ont décrit leur exploit en ces termes : « La création d’une cellule bactérienne contrôlée par un génome synthétisé chimiquement »23. Bien que les scientifiques n’aient pas véritablement créé une cellule mais qu’ils aient seulement inséré une version synthétisée chimiquement d’un génome bactérien dans une cellule de laquelle le génome avait été retiré, une question controversée demeure : les humains pourraient-ils être capables de synthétiser la vie ? Une autre équipe de recherche dirigée par Craig Venter a récemment créé une nouvelle espèce de bactéries avec un code génétique plus petit que tout ce qui est connu dans la nature24.

L’avenir sera certainement jalonné de nouveaux exploits, de l'ingénierie de cellules dotées de nouvelles capacités de production chimique au développement d'organismes synthétiques entièrement nouveaux avec des circuits génétiques complètement uniques pour faire ce qui est aujourd’hui inimaginable. Plusieurs de ces technologies et produits seront certainement bénéfiques et mèneront à l’amélioration future de notre qualité de vie. Certains de ces produits nous mettront au défi de sonder plus en profondeur les principes moraux et éthiques qui guident notre vie.

Principes bibliques

Chacune de ces technologies pour l’édition de gènes et de cellules est très prometteuse pour le contrôle des maladies et la guérison de maladies génétiques auparavant incurables. Chacune de ces technologies soulève de nombreuses questions éthiques et un risque d'utilisation abusive. Cela nous force donc à réfléchir sérieusement à un certain nombre de questions : 1) est-il éthique d’utiliser des embryons humains dans la recherche ? 2) est-il approprié de modifier génétiquement des cellules humaines pour traiter des maladies ? 3) comment définissons-nous la maladie ? 4) a-t-on le droit de modifier génétiquement la lignée germinale d’espèces, plus particulièrement celle de notre propre espèce ?

Certes, la Bible ne dit pas grand-chose sur la biologie moléculaire moderne et la génétique, mais elle a certainement beaucoup à dire sur la vie et la santé, sur le Créateur et la création. Voyons ce qu’elle a à dire à ce sujet.

1. Est-il éthique d’utiliser des embryons humains pour la recherche ? Il pourrait s’agir là d’une situation dans laquelle Dieu ferait sortir du bien de ce qui est moins qu’idéal. Dieu a cette expertise. On peut penser à Paul en prison à Philippes : cette mauvaise situation tourne en bien pour le geôlier qui devient un croyant (Actes 16.1-40). Et que penser de Salomon, que l’on considère comme l’homme le plus sage qui ait jamais vécu, né d’une relation qui a commencé par le meurtre et l’adultère (2 Samuel 12.1-31) ?

Il est très peu probable que Dieu ait eu l’intention de stocker des embryons dans des cliniques de fertilité. Par contre, il est probable qu’il puisse faire sortir du bien d’une telle situation. Il existe plusieurs options pour disposer de ces plus de 600 000 embryons, selon certaines estimations, en entreposage cryogénique rien qu’aux États-Unis25 : a) les laisser dans les congélateurs ; b) les implanter dans le donneur ou en faire don à des parents pleins d'espoir ; c) en faire don pour la recherche ; d) les détruire. Il semble qu’il y ait peu de différence entre les laisser congelés ou les détruire étant donné que les embryons congelés sont voués à la destruction ou à la détérioration. Les donner à d’autres parents peut sembler noble et être une façon de permettre à ces embryons d’atteindre leur potentiel bien qu’il semble que le plus grand besoin dans notre monde soit que des parents adoptent des enfants nés plutôt qu‘à naître.

2. Est-il approprié de modifier génétiquement des cellules humaines pour le traitement de maladies ? Jésus, le grand Médecin, a donné l’ordre à ses disciples d’aller et de guérir toute maladie (Matthieu 10.1). Les apôtres ont été des agents de guérisons et de miracles dans les premiers temps de l’Église (Actes 5.16) et Dieu a distribué à son peuple, à travers les âges, de nombreux dons, incluant le don de guérir (1 Corinthiens 12.28). Celui-ci, depuis le début de l’Église adventiste du septième jour26, est considéré comme « le bras droit » du message. Dans Jacques 2.16, il est écrit : si l’un de vous dit : « Allez en paix, tenez-vous au chaud et mangez à votre faim » sans leur donner ce qui est nécessaire au corps à quoi cela servirait-il27 ? De la même manière, si quelqu’un a les moyens de corriger une maladie génétique ou de remplacer un organe dégénéré, mais ne le fait pas à quoi cela servirait-il ? Qui de nous serait prêt à dire à un parent d’un enfant avec la maladie de Tay-Sachs, par exemple : nous pouvons guérir la maladie de votre enfant, mais, désolés, nous ne le ferons pas car cela serait « jouer à Dieu » ? Mais cela est exactement le genre de « jouer à Dieu » que Dieu nous a demandé quand il a envoyé les disciples, les apôtres, et chacun de nous en tant que ministres du monde pour guérir les gens spirituellement et physiquement28.

3. Comment définissons-nous la maladie ? C’est probablement la question la plus difficile à débattre et cela peut nous entraîner sur un terrain mouvant. Ainsi, la maladie de Tay-Sachs et la fibrose kystique sont des maladies génétiques qui causent des souffrances indescriptibles et qui bénéficieraient immensément d’un traitement curatif. Par contre, la plupart des traits de personnalité et des caractéristiques superficielles ont aussi une base génétique, quoique plus complexe, et ils ont aussi le potentiel d’être modifiés par le développement de techniques génétiques. Dans de nombreux cas, une caractéristique peut être considérée comme anormale par certains, tout en étant vue comme normale par d’autres. La plupart d’entre nous voyons la surdité comme un problème. Par contre, les membres de la communauté des sourds ont leurs propres langage et culture et voient leur surdité comme une différence plutôt qu’une maladie qui doit être guérie29.

Cette question de différencier le normal de l’anormal pose peut-être le plus grand défi de l'ère de l'édition génétique. La Bible peut nous aider dans certains domaines mais certainement pas dans tous. Paul suggère dans Romains 12.2 que ce qui est normal dans ce monde n’est pas à souhaiter : « Ne vous conformez pas à ce monde-ci, mais soyez transfigurés par le renouvellement de votre intelligence ». De nombreux versets dans les Écritures déclarent que notre tendance normale n’est pas vers ce que Dieu désire mais qu’avec son aide nous pouvons devenir « une lignée choisie » (1 Pierre 2.9) – anormale aux yeux du monde.

Dans un autre contexte, Paul dresse une liste d’individus que nous pourrions considérer comme anormaux, d’individus qui n’hériteront pas du royaume de Dieu (1 Corinthiens 6.9-11). Il devient rapidement clair que le normal et l’anormal dépendent du point de vue de chacun. La Bible nous donne quelques indications sur ce qui est bon, ce qui, dans le contexte du royaume de Dieu, devrait être considéré comme normal. Cependant, notre compréhension est au mieux imparfaite. La parabole du bon grain et de l’ivraie nous enseigne que notre rôle n’est pas de séparer le bon du mauvais.

L’histoire nous fournit des exemples de ce qui arrive quand les humains essaient de trier le bon du mauvais, de séparer le bon grain de l’ivraie pour ainsi dire. Au début du 20e siècle, le mouvement eugénique30 a essayé d’éliminer les mauvais gènes des bons. Cela s'est traduit par la stérilisation forcée des individus diagnostiqués comme étant « faibles d’esprit » ou « fous ». Un bon nombre de ces individus, s’ils étaient vivants aujourd’hui, seraient des individus productifs de la société, si pas « normaux » dans le sens habituel de ce mot. Siddharta Mukherjee, dans son livre Il était une fois le gène, conclut que l’anormal est tout ce qui ne correspond pas à l’environnement actuel, et qu’avec des changements dans l’environnement, d’autres caractéristiques deviennent anormales31. Par exemple, le trouble déficitaire de l'attention avec hyperactivité (TDAH), dans la plupart des contextes de notre monde beaucoup trop sédentaire, est vue comme anormal. Cependant, la distraction et l'hyperactivité dans le contexte d’une société de chasseurs-cueilleurs pourraient être considérées comme une force. Il est évident que nous devons avancer doucement là où la clarté fait défaut, mais guérir rapidement quand les maladies sont clairement débilitantes.

4. Est-ce notre droit de modifier la lignée germinale d’espèces, et plus particulièrement de la nôtre ? Les changements héréditaires ont le potentiel de changer fondamentalement qui nous sommes en tant qu'espèce, et la composition des communautés écologiques sur notre planète. Est-il correct de s’impliquer à ce point dans la création, et si oui, qui prend les décisions ? Sommes-nous en train de sortir de nos limites quand nous nous impliquons dans ce genre de « jouer à Dieu » ?

La Bible indique clairement que nous avons un certain niveau de responsabilité pour ce qui arrive sur cette planète. Dieu a créé les cieux et la terre et il a donné l’ordre aux humains de dominer « sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel… et toutes les bêtes de la terre selon leur espèce » (Genèse 1.26). Dieu désirait que la terre prospère et il voulait que l’humanité soit au centre de cette prospérité. David a réitéré ce sentiment en ces termes : « Tu lui (l’humain) as donné la domination sur les œuvres de tes mains, tu as tout mis sous ses pieds » (Psaumes 8.7). Ces textes suggèrent que Dieu avait l’intention que les humains soient les maîtres de toute la création en tant qu’extension de l’autorité divine, qu’ils prennent soin de la terre et agissent à titre d’intendants de la planète.

En tant qu’intendants de cette planète, nos actions doivent témoigner à la fois de notre souci de l’humanité et de notre souci de l’ensemble de la toile de la vie sur cette planète. Car tout comme notre corps est le temple du Saint-Esprit (1 Corinthiens 6.19), « c’est au Seigneur qu’appartient la terre avec tout ce qui s’y trouve » (Psaumes 24.1). Dieu prend soin même du moineau (Luc 12.6) et il a fourni un moyen qui permettrait à la terre d’avoir une année complète de repos sabbatique (Lévitique 25.2-5 ; Exode 23.10, 11). Dieu a même commandé aux humains de ne pas polluer la terre car c’est aussi chez lui ! « Vous ne profanerez pas le pays où vous êtes…Tu ne rendras pas impur le pays où vous habitez et au milieu duquel je demeure : je suis le Seigneur (YHWH), et je demeure au milieu des Israélites » (Nombres 35.33, 34)32. Il est clair que notre gérance de cette planète s'accompagne d'une grande responsabilité.

Nous prenons soin de notre planète car elle est la création de Dieu. Elle n’est certainement pas la terre parfaite que Dieu a faite au commencement car elle subi de nombreuses mutations causées par les ravages du péché. Nous attendons le jour où tout sera renouvelé selon le plan originel de Dieu. Nous présumons que cela s’accomplira pleinement au second retour de Jésus, mais Jésus n’a-t-il pas suggéré que le royaume de Dieu est à la fois à venir et au présent ? « Le règne de Dieu est au milieu de vous » (Luc 17.21). Serait-il possible que notre capacité de corriger jusqu’à un certain point les effets du péché, grâce aux avancées médicales décrites ici, puisse de façon modeste nous amener « le règne de Dieu » ici et maintenant33 ?

Se pourrait-il que Dieu nous ait donné la capacité de soulager quelques-uns des gémissements et des douleurs de la création (Romains 8.22) grâce à nos capacités de prévenir la maladie, de conférer une résistance aux parasites, d’augmenter la production alimentaire et de remplacer des organes dégénérés ? Tout au long de son ministère, Jésus a soulagé la souffrance et guéri les gens, proclamant avec chaque guérison la bonne nouvelle du royaume de Dieu (Matthieu 4.23 ; Luc 10.9). On peut imaginer qu’alors que Jésus guérissait les aveugles et les paralytiques, il faisait preuve de génie génétique, un petit avant-goût du changement qui surviendra « en un clin d’œil » lors de sa seconde venue (1 Corinthiens 15.52).

Les défis auxquels nous faisons face en tant que race humaine capable de faire tant de choses scientifiquement sont largement basés sur notre avidité et notre arrogance. Notre travail en vue d’améliorer la vie humaine ne doit absolument pas se faire aux dépens de la survie des espèces avec lesquelles nous partageons notre planète. C’est là notre responsabilité en tant qu’intendants (Apocalypse 11.18). Actuellement, nous ne faisons pas un bon travail dans ce domaine, principalement parce que nous faisons trop de zèle dans l’exploitation des ressources de notre planète à notre avantage. Témoins de l’extinction des espèces à un rythme jamais connu, nous pouvons être très inquiets de l’élimination, par exemple, des moustiques pour le bénéfice de l’humanité. Combien d’autres espèces choisirons-nous d’éliminer pour notre profit ? Quelles peuvent en être les répercussions sur le réseau alimentaire ou l'ensemble de l'écosystème ? Est-il possible de gérer nos ressources en utilisant toutes les technologies à notre disposition d’une manière qui profite à l’humanité ainsi qu’à la totalité de la planète Terre ?

Une approche en classe

La discussion que nous venons d’avoir insiste sur le fait que notre compréhension des fondements de la vie grandit à pas de géant. La biologie, et plus spécifiquement la génétique, affecte chacun de nous personnellement dans notre santé et nos histoires familiales. Elle touche aussi nos communautés et nos pays en améliorant la qualité de vie et en étant le moteur d'une grande partie de l'économie. Elle impacte nos relations avec notre monde et notre créateur alors que nous comprenons les effets que nous avons sur l’environnement. Ces sujets sont clairement pertinents pour la vie aujourd’hui, mais il est difficile de rester au courant des derniers développements étant donné les changements spectaculaires de la biologie. Il est encore moins facile de comprendre comment ils cadrent avec une vision du monde biblique.

Les Écritures présentent des principes généraux qui peuvent nous aider à naviguer à travers des questions difficiles. Par exemple, un de ces principes est l’amour, qui est au cœur des commandements que l’on trouve dans la Bible (Matthieu 22.37-40). Notre relation avec Dieu devrait englober la compassion pour nos semblables et les bêtes des champs. Cette préoccupation pour le bien-être de toute vie, et pas seulement l’humanité, devrait éclairer nos décisions dans les domaines difficiles de la biologie.

Un autre principe qui devrait guider nos pensées dans ces domaines est l’humilité (2 Chroniques 7.14). Quand, à partir d’une vision du monde biblique, nous comprenons quelle est notre place dans le monde, il est impossible de ne pas être humbles. De plus, la Bible nous ordonne de nous concentrer sur ce qui est vrai – ou sur la Vérité – et déclare que nous pouvons comprendre certaines parties de la vérité au moyen des diverses facultés qui nous ont été fournies, dont la raison (Ésaïe 1.18).

Il est certain que nos jeunes sont intéressés par la vérité. Plus encore, ils sont intéressés à s’impliquer dans les questions débattues alors que nous cherchons la vérité. Les découvertes de la biologie et de la génétique joueront un rôle central dans le monde dans lequel ils grandissent. Il est important que nous nous impliquions dans le monde tel qu’il existe actuellement. Nous avons besoin d’encourager nos jeunes (et les plus âgés également) à s’impliquer dans les questions qui les toucheront ainsi que leurs descendants et l’environnement. Bon nombre de nos étudiants deviendront des experts en sciences et en technologie. Nous avons la responsabilité d’ouvrir avec eux une conversation sur la façon dont notre foi et les principes de la Bible se recoupent avec leurs intérêts, avec la progression de la science pour le bien de l’humanité et avec les implications des découvertes scientifiques qui ont le potentiel de nuire à la terre et ses habitants. Ce faisant, ils pourraient découvrir de nouvelles vérités dans la Parole de Dieu et de nouveaux exemples de la conduite de Dieu dans tous les aspects de la vie.

Il existe quelques ressources pour nous aider dans cette quête de compréhension. Le Le Comité de la vision chrétienne de la vie humaine (Christian View of Human Life Committee), mandaté par l’Église adventiste du septième jour, a produit deux excellents documents dans le but de clarifier notre relation avec les technologies de génie génétique. Le premier a été préparé en 1995, soit il y a plus de 20 ans, mais les principes avancés demeurent pertinents par rapport aux questions en jeu aujourd’hui. Le second, présenté en 2000, s’est concentré sur la thérapie génique humaine et les principes avancés sont similaires34. Outre ces documents, l’enseignement supérieur adventiste aborde la bioéthique à plusieurs niveaux. Par exemple, certains de nos établissements universitaires de premier cycle offrent des cours sur les nombreuses questions bioéthiques, et l’université de Loma Linda ( Californie, États-Unis) soutient un centre de bioéthique chrétienne avec une focalisation sur l’ biomédicale, une maîtrise en bioéthique, et a récemment mis sur pied une conférence annuelle sur la bioéthique adventiste dans les soins de santé.

Pour les professeurs qui n’ont pas accès à des ressources universitaires, il est important de s’engager sur ces thèmes et d’offrir à nos étudiants la meilleure information disponible. Quand nous ne connaissons pas la réponse, et dans certains cas nous ne la connaîtrons jamais, la meilleure façon d’aborder ces questions en classe est de présenter ce que nous savons puis d’encourager la discussion. Nous pouvons clarifier les points où nous avons de l’information tant biblique que scientifique. Nous pouvons guider les étudiants vers une perspective chrétienne afin de penser de façon critique, identifier les biais et les agendas cachés, et analyser la qualité des diverses ressources qu’ils trouveront. Au final, nous restons humbles devant ce que nous ne savons pas. Au cours des dernières années, j’ai appris à connaître une organisation appelée The Colossian Forum35 dont le but est de faciliter les discussions difficiles, souvent dans les domaines où se côtoient de nombreuses opinions sans consensus clair. Il se peut que nous n’ayons jamais un consensus clair sur certaines questions mais l’idée centrale est qu’il est bénéfique de parcourir la route ensemble en tant que communauté aux opinions diversifiées, que cela offre une occasion de pratiquer la grâce chrétienne, et qu’en dernier recours tout se tient en Christ (Colossiens 1.17). Nous pouvons être sûrs que Dieu voit la fin et qu’il nous guidera le long du chemin.


Cet article a fait l'objet d'un examen à double insu par les pairs.

Peter Lyons

Peter Lyons, Ph.D., est professeur associé dans le département de biologie à l’université Andrews, à Berrien Springs dans le Michigan. Peter Lyons a obtenu un doctorat en biochimie à l’université Dalhousie à Halifax, en Nouvelle-Écosse, au Canada, qui lui a valu une bourse de recherche postdoctorale à l’Albert Einstein College of Medicine à New York. Il s'intéresse actuellement à la recherche et à l'enseignement en biologie cellulaire et moléculaire. Il est un collaborateur régulier à un cours de bioéthique à l’université Andrews.

Référence recommandée:

Peter Lyons,  “Modifier la vie : La biologie moderne et les principes bibliques”, Revue d´éducation adventiste, N° 46

NOTES ET RÉFÉRENCES

  1. Jannik C. Meyer et al., “Imaging and Dynamics of Light Atoms and Molecules on Graphene,” Nature 454:7202 (juillet 2008): 319-322.
  2. La séquence du génome humain a été achevée, au moins officiellement, en 2003. Depuis, les capacités de séquençage de l'ADN n'ont cessé d'augmenter. Les scientifiques testent actuellement la faisabilité et l'utilité du séquençage du génome entier à la naissance ; et en 2015, le président américain Barack Obama a annoncé sa Precision Medicine Initiative, dont l'un des ingrédients clés est l'obtention de données détaillées à partir du séquençage du génome.
  3. Sara Reardon, “Global Summit Reveals Divergent Views on Human Gene Editing,” Nature 528:7581 (décembre 2015): 173.
  4. Pour une revue scientifique de la croissance et de la fonction des cellules souches neurales, voir Y. Mu et coll., “Signaling in Adult Neurogenesis,” Current Opinion in Neurobiology 20:4 (August 2010): 416-423. Le U.S. National Institutes of Health tient à jour un guide en ligne sur les cellules souches, y compris les cellules souches adultes, que l'on peut trouver à l'adresse suivante https://stemcells.nih.gov/info/basics.htm.
  5. Kazutoshi Takahashi et Shinya Yamanaka, “Induction of Pluripotent Stem Cells From Mouse Embryonic and Adult Fibroblast Cultures by Defined Factors,” Cell 126:4 (août 2006): 663-676.
  6. Les scientifiques ont produit de nombreux types de cellules à partir des iPSC, y compris de nombreux types de neurones - par exemple, les cellules souches pluripotentes : Allison D. Ebert et coll., “Induced Pluripotent Stem Cells From a Spinal Muscular Atrophy Patient,” Nature 457:7227 (janvier 2009): 277-280; les cardiomyocytes: Lei Yang et al., “Human Cardiovascular Progenitor Cells Develop From a KDR+ Embryonic-Stem-cell-derived Population,” Nature 453:7194 (mai 2008): 524-528; les oeufs : Katsuhiko Hayashi et coll., “Offspring From Oocytes Derived From in vitro Primordial Germ Cell-like Cells in Mice,” Science 338:6109 (novembre 2012): 971-975); le sperme : Katsuhiko Hayashi et coll.,“Reconstitution of the Mouse Germ Cell Specification Pathway in Culture by Pluripotent Stem Cells,” Cell 146:4 (août 2011): 519-532; et même des foies vascularisés: Takanori Takebe et coll., “Vascularized and Functional Human Liver From an iPSC-derived Organ Bud Transplant,” Nature 499:7459 (juillet 2013): 481-484.
  7. Josipa Bilic etJuan Carlos Izpisua Belmonte, “Concise Review: Induced Pluripotent Stem Cells Versus Embryonic Stem Cells: Close Enough or Yet Too Far Apart?” Stem Cells 30:1 (janvier 2012): 33-41. La différence la plus importante, qui rend l'approbation des traitements humains particulièrement difficile, est le fait que les iPSC sont manipulées génétiquement.
  8. Bien que de nombreuses thérapies à base de cellules souches fassent actuellement l'objet d'essais cliniques, y compris celles qui ont fait l'objet d'un rapport par Erin A. Kimbrel et Robert Lanza, “Current Status of Pluripotent Stem Cells: Moving the First Therapies to the Clinic,” Nature Reviews Drug Discovery 14:10 (septembre 2015): 681-692, les thérapies les plus prometteuses sont concernent les maladies oculaires, en raison de l'accessibilité relative de l'œil. Voir Mark Fields et coll., “Potential of Induced Pluripotent Stem Cells (iPSCs) for Treating Age-Related Macular Degeneration [AMD],” Cells 5:4 (décembre 2016): 44. Récemment, une étude a démontré le succès du traitement de la dégénérescence maculaire avec les iPSCs : Michiko Mandai et coll., “Autologous Induced Stem-Cell-Derived Retinal Cells for Macular Degeneration,” New England Journal of Medicine 376:11 (mars 2017): 1038-1046.
  9. Alison Abbott, “Behind the Scenes of the World’s First Commercial Stem-cell Therapy,” Nature (mars 2015): https://www.nature.com/news/behind-the-scenes-of-the-world-s-first-commercial-stem-cell-therapy-1.17022. doi: 10.1038/nature.2015.17022.
  10. Sara Reardon, “US Panel Greenlights Creation of Male ‘Three-person’ Embryos,” Nature 530:7589 (février 2016): 142.
  11. Gretchen Vogel, “United Kingdom Gives Green Light for Mitochondrial Replacement Technique,” Science (décembre 2016): http://www.sciencemag.org/news/2016/12/united-kingdom-gives-green-light-mitochondrial-replacement-technique.
  12. Mitsutoshi Yamada et coll., “Genetic Drift Can Compromise Mitochondrial Replacement by Nuclear Transfer in Human Oocytes,” Cell Stem Cell 18:6 (juin 2016): 749-754.
  13. Comme l'ont rapporté de nombreux organes d'information. Par exemple, voir http://www.nytimes.com/2016/09/28/health/birth-of-3-parent-baby-a-success-for-controversial-procedure.html.
  14. Jennifer A. Doudna et Emmanuelle Charpentier, “Genome Editing. The New Frontier of Genome Engineering With CRISPR-Cas9,” Science 346:6213 (novembre 2014): 1258096. Jennifer Doudna et Emmanuelle Charpentier sont les scientifiques qui ont été les premières à décrire cette méthode de vérification du génome. Il est fort probable qu'elles recevront un prix Nobel pour ce travail dans un avenir proche. Voir aussi Elizabeth Pennisi, “The CRISPR Craze,” Science 341:6148 (août 2013): 833-836.
  15. Une plus grande précision a été montrée, par exemple, dans Benjamin P. Kleinstiver et coll., “High-fidelity CRISPR-Cas9 Nucleases With No Detectable Genome-wide Off-target Effects,” Nature 529:7587 (January 2016): 490-495. Les nombreuses façons dont CRISPR/Cas9 a été utilisé dans l'édition des gènes sont décrites dans les documents suivants dans Patrick D. Hsu et coll., “Development and Applications of CRISPR-Cas9 for Genome Engineering,” Cell 157:6 (juin 2014): 1262-1278.
  16. Editas l'a annoncé dans un communiqué de presse le 8 janvier 2018. Voir leur site Web à l'adresse suivante http://www.editasmedicine.com/; Information on CRISPR Therapeutics can be found on their Website at http://crisprtx.com/our-partnerships/partnerships.php.
  17. Chengzu Long et coll., “Prevention of Muscular Dystrophy in Mice by CRISPR/Cas9-mediated Editing of Germline DNA,” Science 345:6201 (septembre 2014): 1184-1188.
  18. Puping Liang et coll., “CRISPR/Cas9-mediated Gene Editing in Human Tripronuclear Zygotes,” Protein Cell 6:5 (avril 2015): 363-372.
  19. David Cyranoski, “CRISPR Gene-editing Tested in a Person for the First Time,” Nature 539:7630 (novembre 2016): 479; et Hong Ma et coll., “Correction of a Pathogenic Gene Mutation in Human Embryos,” Nature 548:7668 (août 2017): 413-419.
  20. Paolo Gabrieli et coll., “Engineering the Control of Mosquito-borne Infectious Diseases,” Genome Biology 15:11 (novembre 2014): 535.
  21. Une excellente description du rôle de Genentech dans ce nouveau domaine se trouve dans Sally Smith Hughes, Genentech: The Beginnings of Biotech (Chicago: University of Chicago Press, 2011).
  22. Stephanie Galanie et coll., “Complete Biosynthesis of Opioids in Yeast,” Science 349:6252 (eptembre 2015): 1095-1100.
  23. Daniel Gibson et coll., “Creation of a Bacterial Cell Controlled by a Chemically Synthesized Genome,” Science 329:5987 (juillet 2010): 52-56. doi: 10.1126/science.1190719.
  24. Ibid.; Clyde A. Hutchison III et coll., “Design and Synthesis of a Minimal Bacterial Genome,” Science 351:6280 (March 2016): aad6253. doi: 10.1126/science.aad6253.
  25. Les embryons sont généralement congelés par les cliniques de fertilité au stade précoce du blastocyste, où ils contiennent environ 200 à 300 cellules. Pour être clair, je ne pense pas que Dieu soit en faveur de la congélation des préembryons humains dans le seul but de la recherche scientifique. Cependant, je crois que c'est rarement la motivation pour les récolter. Je pense que s'il y a un problème moral ici, c'est avec l'industrie de la fertilité, pas avec l'entreprise de recherche ; U.S. Department of Health and Human Services, “Embryo Adoption,” (August 2017): https://www.hhs.gov/opa/about-opa/embryo-adoption/index.html.
  26. Ellen White présente le travail missionnaire médical, qui inclut la santé, comme étant « le bras droit » du message des trois anges dans Counsels on Health (Mountain View, Calif.: Pacific Press, 1923), 331.
  27. Tous les textes cités sont tirés de la Nouvelle Bible Segond, (NBS), 2002.
  28. Bien sûr, la guérison de Dieu serait une guérison parfaite, alors que nos technologies sont susceptibles de contenir des imperfections. Il y a toujours des conséquences inconnues à tout traitement, en raison de notre compréhension imparfaite, que les communautés médicales et réglementaires s'efforcent de réduire autant que possible.
  29. Voir M. McKee et coll., “Ethical Issues in Conducting Research With Deaf Populations,” American Journal of Public Health (2013) 103:12: 2174-2178 pour des commentaires sur la culture des sourds et la menace du génie génétique pour leur culture. Un numéro récent du National Geographic (janvier 2017) portait sur les questions génétiques liées au genre.
  30. Le mouvement eugénique a réclamé des lois de stérilisation obligatoires qui empêcheraient les personnes atteintes de maladies héréditaires de transmettre des traits de caractère à leur progéniture. Les scientifiques de l'époque possédaient des connaissances de base sur l'unité génétique et son rôle dans l'hérédité, mais ne comprenaient pas parfaitement comment les gènes fonctionnaient ou pouvaient être manipulés. Pour cette raison, ils ont cherché à éradiquer des maladies telles que la cécité héréditaire, la folie, l'épilepsie, la syphilis, l'alcoolisme, et plus encore, par la stérilisation ; et, avec les conférences sur l'amélioration raciale parrainées, ils ont promu le concept de création et de préservation d'une race supérieure. Voir Edwin Black, War Against the Weak: Eugenics and America’s Campaign to Create a Master Race (Washington, D.C.: Dialog Press, 2003), 152, 317.
  31. Siddhartha Mukherjee, The Gene: An Intimate History (New York: Scribner, 2016).
  32. J'exagère peut-être un peu le sens de ce texte, car la pollution à laquelle on se réfère ici est un meurtre "sanglant". Cependant, on pourrait soutenir que la pollution mène à un bain de sang, à la fois humain et animal, mais d'une manière plus indirecte.
  33. Cela ne veut pas dire que le royaume de Dieu n'est pas encore à venir, mais que nous pouvons en faire l'expérience pendant que nous sommes encore sur terre. Nous ne guérirons jamais l'humanité de sa pire condition, celle de la maladie du "cœur" : avidité, jalousie, haine.
  34. “Christian Principles for Genetic Interventions” (juin 13, 1995): https://www.adventist.org/en/information/official-statements/documents/article/go/-/christian-principles-for-genetic-interventions/ et “Human Gene Therapy” (avril 01, 2000): https://www.adventist.org/en/information/official-statements/documents/article/go/-/human-gene-therapy/, se trouvent sur le site officiel de l'Église adventiste du septième jour. Ces documents présentent une vision équilibrée des développements scientifiques au moment où ils ont été préparés et des réponses chrétiennes appropriées. Les déclarations affirment que soulager la souffrance humaine est une responsabilité chrétienne importante et tiennent compte d'un certain nombre de principes bibliques pertinents, mais laissent de nombreuses questions sans réponse. Ils recommandent de ne pas faire de modifications génétiques héréditaires. Je pense que c'était plus facile à dire quand la technologie n'existait pas, mais ce n’est pas aussi clair maintenant que la technologie devient disponible.
  35. The Colossian Forum: http://colossianforum.org/.