Janine Monica Lim

Incontournables administratifs pour programmes en ligne

Numéro spécial

Éducation adventiste en ligne

Que ce soit aux niveau élémentaire, secondaire ou supérieur, l’offre de programmes en ligne constitue une démarche d’envergure. Cet aperçu pratique jette un regard sur plusieurs domaines que les administrateurs devraient prendre en considération alors qu’ils mettent en œuvre ou cherchent à améliorer des cours et des programmes en ligne proposés par leurs écoles. Afin de susciter une réflexion, cet article pose plusieurs questions et donne des ressources supplémentaires pour des lectures complémentaires sur le sujet. Administrateurs et parties prenantes de l’éducation impliqués dans les prises de décision devraient s’arrêter sur un certain nombre d’éléments essentiels avant de prendre leur décision : l’harmonisation de la livraison électronique avec la mission de l’école de fournir une éducation adventiste ; le besoin de créer une unité de soutien à l’apprentissage en ligne ; la conception des programmes ; et les indispensables services aux étudiants.

Veiller à ce que la livraison électronique respecte la mission de l’école

Décider d’offrir des cours et des programmes en ligne n’a rien à voir avec l’adoption d’une nouvelle mode. Cela doit être une expérience bien planifiée qui respecte étroitement la mission de l’école1. Voici quelques questions utiles qui exigent des réponses : la livraison en ligne correspond-elle aux plans et objectifs stratégiques de l’institution ? S’insère-t-elle dans le plan technologique de l’institution? La décision d’offrir des cours ou des programmes en ligne ne devrait pas être vue comme une façon d’augmenter les recettes rapidement. Les administrateurs doivent s’assurer que dans leur planification pour offrir une éducation en ligne, il y a des stratégies basées sur l’écoute, la patience et la tolérance visant à surmonter la résistance au changement3. Ils devraient revoir la culture et les procédures de l’école afin d’être bien sûrs que son environnement d’apprentissage est mûr pour une éducation en ligne. Par exemple, on peut recueillir et analyser les données de l’institution, procéder à une évaluation des besoins, faire une recherche par sondage ou former des groupes de discussions afin de recueillir des informations, évaluer les processus organisationnels. Ce sont là des stratégies qui permettent d’évaluer ce qui se passe sur un campus, et comment dans un tel environnement on pourra répondre au changement4.

Recrutement pour un département de soutien en ligne

La création d’une unité centralisée responsable du soutien de l’enseignement à distance est nécessaire pour sa réussite5. Cette unité devrait interagir et travailler avec le reste de l’institution et non pas en silo autonome. Il faut choisir entre une externalisation du soutien à l’éducation en ligne et le développement des talents déjà présents dans l’école6. Les domaines à envisager lorsque l’on développe des ressources comprennent : le recrutement du personnel, la formation des professeurs novices dans l’enseignement en ligne, le support technologique, le support de conception pédagogique, le marketing et les services aux étudiants. Il faut trouver ou perfectionner un personnel formé dans la prestation d’une éducation en ligne et à distance7. Les professeurs auront besoin de soutien, de micros formations  et auront des attentes précises alors qu’ils mettront au point et enseigneront des cours en ligne8. (Voir l’article de LaRonda Forsey dans ce numéro pour plus de détails concernant l’aide à apporter aux professeurs.)

Il est important d’établir des objectifs réalistes quant à la somme de travail et de temps qu’il faudra investir dans la création, la rédaction et le développement de cours en ligne ainsi que dans leur enseignement en ligne. Par exemple, y aura-t-il une politique qui définira clairement qui est le propriétaire légal du contenu des cours développés par les professeurs – sera-ce le professeur ou l’école ? Qui peut mettre à jour le matériel ? À quel rythme ? De quelle façon les professeurs sous contrat ou les collaborateurs seront-ils formés ou embauchés ? Qui va contrôler les ratios élèves-professeurs et comment cela se fera-t-il ? Comment professeurs et élèves seront-ils aidés ? Quel est le plan pour l’embauche et la rémunération du personnel de soutien, en plus du support technologique ? Certaines écoles nomment une ou plusieurs personnes qui assistent tant les professeurs que les élèves. Par exemple, l’université de Montemorelos (UM – Mexique) dispose d’une personne virtuelle qui assiste professeurs et élèves de l’UM. (Voir l’article de Lorena Neria de Gigarte dans le numéro d’avril-juin 2018). D’autres écoles ont choisi d’avoir un directeur des services aux étudiants et un département de soutien aux professeurs distincts. C’est l’arrangement actuel à l’université Andrews (Berrien Springs, Michigan). Une autre approche intègre le tutorat dans les services de bibliothèque pour les élèves en ligne. C’est ce que fait actuellement l’université adventiste Southern (Collegedale, Tennessee). De la maternelle à la fin du secondaire, une façon d’organiser le soutien est en fonction du niveau scolaire des étudiants inscrits, et c’est ce que Griggs International Academy à l’université Andrew a fait. Peu importe l’approche choisie, elle devrait se concentrer sur la prestation générale des cours, et pas seulement sur celle des cours en ligne.

Conception des programmes en ligne

Les programmes en ligne exigent planification et soutien. Les domaines à considérer comprennent le besoin, le public visé, les outils technologiques, les résultats, le séquencement des cours, les finances, les exigences de présence et de participation et l’expérience reliée à l’école et à la communauté. L’embauche de professeurs qualifiés, la surveillance et l’évaluation de leurs résultats fait aussi partie essentielle du processus de planification. (Voir l’article de LaRonda Forsey pour plus de détails à ce sujet.)

  • Le besoin. Tout d’abord, il faut examiner la nécessité d’un tel programme. Les étudiants en ligne de niveau universitaire sont généralement des apprenants adultes qui ne veulent pas déraciner leur famille pour aller étudier. Les étudiants en ligne des niveaux primaires et secondaires peuvent avoir des besoins spécifiques ou des valeurs qui seront mieux comblés grâce à la flexibilité de l’apprentissage en ligne. De plus, des étudiants de tous les niveaux peuvent avoir recours aux cours en ligne afin de résoudre les lacunes et difficultés des horaires dans le plan d’apprentissage de leur campus. Il faut prendre le temps de découvrir quel serait l’auditoire potentiel pour un programme en ligne et découvrir comment répondre au mieux à ses besoins. Quels sont les besoins ? Quel est le genre d’étudiants qui seraient susceptibles de s’inscrire dans le programme diplômant ? Le programme proposé – avec son coût – est-il comparable à celui qu’offrent des compétiteurs ? Le public ciblé peut-il assumer les frais de scolarité prévus ? Existe-t-il un marché pour ce programme ? Le marché est-il déjà saturé ? Par exemple, aux États-Unis, le marché est saturé par le grand nombre de programmes de maîtrise en administration des affaires offerts en ligne. Il ne serait donc pas pertinent d’offrir un programme en administration des affaires de plus. Il faut enquêter soigneusement sur le besoin du programme envisagé, et sur son marché. Pour une telle démarche, vous pouvez obtenir de l’aide auprès de ressources en ligne ou de chercheurs universitaires alors que vous envisagez réaliser une évaluation des besoins et une étude de marché pour votre programme9.
  • Le public visé. En comprenant quel est le public visé, on saura communiquer les caractéristiques de la conception du programme et ses options de livraison. Les étudiants potentiels vivent-ils tous dans la même zone horaire ou des zones rapprochées ? Quel est le niveau de flexibilité que les étudiants voudront avoir dans leur programme en ligne ? Pour le public visé, des sessions en ligne obligatoires présenteront-elles un avantage ou constitueront-elles une barrière ? Les membres de l’auditoire potentiel fréquentent-ils déjà une école physique et désirent-ils des offres en ligne seulement pour compléter leur éducation ? S’agit-il d’enfants qui font l’école à la maison ; des adultes qui voyagent ou travaillent ; ou une autre population qu’une livraison en ligne pourrait meiux rejoindre ? Quelles sont les compétences informatiques et interpersonnelles dont les élèves auraient besoin ? Une livraison synchrone sera-t-elle la meilleure option pour eux10 ?? Utilisera-t-on des centres locaux qui accompagneront l’enseignement à distance – les étudiants s’y réunissant pour un apprentissage basé sur des projets, pour des examens surveillés, et d’autres types d’expériences pédagogiques face à face11. Alors que vous chercherez à identifier un auditoire potentiel pour un programme en ligne et que vous obtiendrez le plus d’informations possibles à son sujet, vous arriverez à concevoir une offre attractive qui répondra à des besoins ciblés en matière d’apprentissage.
  • Les outils technologiques. L’éducation en ligne dépend grandement des outils technologiques – c’est-à-dire des matériels et logiciels informatiques. Qu’il s’agisse des capacités de serveur, de base de données et de systèmes de réseau, ces ressources doivent être facilement accessibles à l’avance pour assurer un programme en ligne. Les outils technologiques obligatoires comprennent : un système de gestion d’apprentissage, une méthode pour stocker et diffuser en continu les vidéos et un outil pour des vidéoconférences en direct de réunions de classe synchrones. De plus, une école peut vouloir fournir des outils de travail collaboratifs tels que des applis Google et une adresse courriel pour chaque étudiant. Les outils doivent être soigneusement sélectionnés. Il faut utiliser la technologie qui est déjà en place dans l’institution ou dans l’école autant que possible. Il faut tenir compte de l’auditoire, des horaires quotidiens, des zones horaires et de l’accès à Internet12. Il faut établir un comité technologique composé d’éducateurs et d’experts technologiques qui seront mandatés pour créer un plan technologique et surveiller la sélection, la mise en place, le soutien et l’entretien des outils technologiques13.
  • La définition et l’évaluation des résultats. Les résultats d’apprentissage des étudiants sont la connaissance, les aptitudes ou les comportements que les élèves devraient être capables de démontrer une fois le programme terminé. Les résultats des programmes devraient être établis et soigneusement définis lors de la planification des programmes et du processus de conception. Une fois le programme achevé, qu’est-ce que les étudiants devraient savoir faire ? Comment mesurera-t-on ces résultats ? Quelles sont les compétences recherchées par les employeurs chez les étudiants une fois ce programme de formation terminé ? Quels genres d’expériences éducatives et de stages pratiques seraient nécessaires pour aider l’étudiant à progresser vers le niveau supérieur ou à obtenir son diplôme ? Quelles sortes de faiblesses scolaires devraient être corrigées chez des étudiants adultes qui s’inscrivent à des cours en ligne après avoir passé de nombreuses années en dehors d’une salle de classe ? (Les domaines à améliorer régulièrement sont les travaux écrits et les compétences en informatique15.)
  • Le séquencement des cours. Le personnel chargé de la conception des cours à l’école, ou dans une université proche, peut être capable de fournir de l’aide ou de la formation dans la conception de programmes et le séquencement des cours. Le séquencement des cours doit être envisagé après que les cours ont été conçus et que les expériences d’apprentissage ont été planifiées pour atteindre les résultats escomptés. Voilà les questions à se poser à cette étape : Quels sont les plans en place pour aider les étudiants à faire face à un événement important de la vie ou à un échec ? Comment ce genre de problème affectera-t-il leur capacité de suivre la séquence des cours ? Ces étudiants pourront-ils joindre une autre promotion ? Combien de temps auront-ils après cet événement pour effectuer cette transition, et qui les aidera ? Existe-t-il des règles énoncées en vigueur qui servent de guide dans cette transition ? On doit évaluer le programme avec des programmes similaires dans d’autres écoles. Ce genre de recherche peut donner des orientations lors de la création de règles et procédures pour votre programme.
  • Les finances. Bien à tort, on considère souvent que les programmes en ligne sont des entreprises génératrices de revenus. Les spécialistes divergent sur la question de savoir si les programmes en ligne coûtent autant que les programmes face à face ou s’ils devraient normalement coûter moins. Voir https://www.onlineprogramhowto.org/budget/ pour une analyse plus détaillée. Les écoles adventistes doivent se concentrer sur la mission de l’éducation chrétienne et avoir comme objectif de permettre au plus grand nombre d’étudiants d’avoir accès à une scolarité subventionnée par l’Église. Les plans pour une éducation en ligne devraient intégrer une réflexion sérieuse sur l’auditoire et la mission (voir l’auditoire visé). La réflexion et la planification sérieuses nécessaires pour un tel programme devraient inclure un examen des sources possibles de financement, des coûts opérationnels et des revenus possibles. Quelle est la source de financement pour cet investissement de départ ? Combien d’étudiants faudra-t-il pour que le programme soit financièrement viable et puisse se poursuivre à l’avenir ? Combien de membres du personnel faudrait-il ? Le programme utilisera-t-il seulement des professeurs auxiliaires ou utilisera-t-il également des professeurs à temps plein déjà employés par l’institution ? Les professeurs à temps plein verront-ils leurs charges d’enseignement allégées afin de pouvoir répondre aux exigences de la préparation et de l’enseignement d’un programme en ligne ? Qui fixera les échelles de salaires ? Les ressources dans l’encadré offrent des informations supplémentaires pour la planification du financement d’un programme en ligne.
  • Les exigences de présence. Les étudiants seront-ils obligés de venir dans l’établissement pour un temps donné dans l’année scolaire (de la maternelle au secondaire) ou du programme de diplôme ? Par exemple, l’école peut inclure une orientation au début ou une évaluation finale à la fin. Certains cours peuvent avoir une exigence de présence face à face, d’autres peuvent être complètement asynchrones. Mais par-dessus tout, il faut prendre en considération l’auditoire visé et ses besoins tout autant que les besoins éducatifs. Certaines présentations exigent-elles d’être absolument communiquées en personne ? L’auditoire visé pourra-t-il voyager jusqu’à l’école étant donné ses horaires, ses autres responsabilités et ses finances ? Où vivront-ils pendant le temps où ils devront être sur le campus ? Les étudiants mineurs devront être accompagnés par un parent ou un adulte désigné. Il faudra donc aussi penser à l’hébergement de ces groupes. À cette étape du processus de planification, il faut examiner la question sous tous les angles.
  • Vécu communautaire de l’école. C’est dans une communauté que l’on apprend, et tout comme pour une éducation traditionnelle, l’éducation en ligne a besoin d’une communauté. Les écoles chrétiennes sont des communautés de foi qui se nourrissent d’expériences d’adoration, d’intervenants extérieurs, de forums, de programmes de fin de semaine, de visites dans les familles des professeurs et plus encore16. Ces expériences donnent à l’école son caractère particulier et augmentent le sentiment d’appartenance et de lien des étudiants. Quelles expériences semblables le programme en ligne offrira-t-il dans les cours et en dehors des cours ? Les cours seront-ils conçus et structurés de manière à inclure des groupes de soutien aux élèves ou des groupes de travail ? L’institution offre-t-elle des assemblées publiques, des séminaires, des symposiums ou d’autres événements pour les élèves qui sont couramment inscrits à l’école ou à un programme diplômant ? Si tel est le cas, comment peut-on offrir en ligne des expériences similaires ? Comment les étudiants pourront-ils avoir accès aux informations institutionnelles : bulletins, nouvelles hebdomadaires, médias sociaux, contenu sur Youtube, répertoires du personnel et des étudiants, diffusion en continu des services à l’église, baladodiffusion, station radiophonique du collège, etc. ? Qui aura la responsabilité d’inviter les étudiants en ligne à assister aux événements diffusés en continu ? Quelles sont les dispositions prévues pour le réseautage social et spirituel des élèves entre eux ? Il faut avoir l’intention expresse d’établir une communauté d’apprentissage pour que les étudiants en ligne et les étudiants sur place puissent interagir.

Politiques éducatives en ligne

Chaque école conduit des politiques qui orientent sa pratique. Il faut revoir les politiques actuelles, les adapter selon les besoins et créer des politiques complémentaires pour l’éducation en ligne. Les domaines à étudier sont les politiques philosophiques, éducatives, de gouvernance, de ressources humaines, légales, techniques et fiscales18. Il faut définir des modalités qui permettront de garantir le respect de la réglementation pour les activités en ligne de chaque pays d'où sont originaires les étudiants. Il faut s’assurer que l’école a reçu la permission d’opérer dans les États et les pays où l’on offre l’éducation en ligne. Il faut décider comment seront gérés le contrôle et la surveillance scolaires, particulièrement au niveau des études supérieures. La livraison en ligne sera-t-elle associée à une instruction face à face ? Sera-ce une unité complètement à part ? Ou entre les deux ? Des structures pour l’évaluation et l’examen des programmes doivent être en place, tant pour les programmes en ligne que pour les programmes sur place. Un comité pour coordonner les initiatives en ligne avec les professeurs, la bibliothèque, les services étudiants, et la participation et la représentation du personnel de soutien doit être mis sur pied. (Par exemple, voir : http://online.aiias.edu/about/dol-staf.)

Proposer des services aux étudiants

Utiliser une approche systémique pour créer et établir des services de soutien aux étudiants : conseils, réseautage de pairs, liste des cours, librairie, bibliothèque, technologie, et services aux anciens étudiants19. Une approche systémique prend en considération tous les éléments et les rapports qu’ils ont entre eux20. On désigne parfois ces services et éléments comme l’emballage des cours en ligne. Ils influent sur la qualité du programme et l’expérience des étudiants. Ils devraient être soigneusement planifiés.

  • Admissions. Les nouveaux étudiants seront-ils acceptés une fois par an, à chaque trimestre, ou plus souvent ? Les grandes institutions à but lucratif ont fixé un haut niveau de compétitivité avec des processus d’admissions rapides (en deux semaines ou moins) et de nombreuses dates de départ tout au long de l’année. Les étudiants peuvent ainsi débuter rapidement après la sélection du niveau choisi. Qui aidera les étudiants à mener à bien leur processus d’inscription ? Comment le bureau des inscriptions garantira-t-il un temps de réponse rapide aux éventuels étudiants ?
  • Orientation. Comment l’école va-t-elle offrir aux étudiants en ligne l’orientation vers l’université, le département, le diplôme universitaire et l’environnement en ligne ? L’orientation se fera-t-elle en personne, en ligne, dans une session synchrone en direct ou grâce à un mini-cours intégré dans une plateforme d’apprentissage en ligne (Learning management system – LMS) ? L’âge et la compétence de l’étudiant vont déterminer la façon dont cela se fera. Par contre, l’expérience d’orientation pour tous devrait comporter : des messages de bienvenue amicaux qui donneront le ton au reste de l’expérience scolaire en ligne ; la prière avec et pour les étudiants qui débutent leur cheminement scolaire ; la présentation de toutes les personnes avec lesquelles les étudiants auront à interagir sans oublier le soutien bibliothécaire, le directeur de programme, les professeurs pour au moins le premier cours, le soutien LMS, etc. ; les présentations par les étudiants ; un survol du programme qui comprend les résultats, des expériences d’apprentissage spécifiques, des expériences particulières, etc. ; et une vidéo de démonstration d’un cours en ligne du programme afin que les étudiants sachent à quoi s’attendre et comment interagir avec leurs professeurs.
  • Conseils. Les conseillers en ligne sont généralement le principal contact des étudiants avec l’institution. Les conseillers offrent un soutien tout au long de l’expérience éducative, et jettent un pont entre les étudiants à distance et les processus créés pour les étudiants sur place, ceux-ci pouvant être exigeants pour les étudiants en ligne21. Il faut planifier les domaines suivants : qui donnera les conseils aux étudiants en ligne ? Ces individus sont-ils disposés à faire des vidéoconférences et à répondre avec empressement aux questions des élèves ? Sont-ils formés pour les besoins particuliers et les façons de voir des étudiants en ligne quel que soit leur niveau d'études : étudiants de la maternelle, du secondaire, jeunes adultes, adultes au niveau universitaire ? Qui enverra des rapports réguliers avec des encouragements et des rappels quant aux étapes suivantes dans le cheminement scolaire des étudiants ?
  • Bibliothèque. Y a-t-il des processus internes en place qui permettent aux étudiants en ligne d’avoir accès aux services de la bibliothèque scolaire/universitaire ? Comment formera-t-on les étudiants pour qu’ils sachent accéder aux ressources de la bibliothèque et les utiliser ? Un ou plusieurs membres du personnel de la bibliothèque seront-t-ils formés et recevront-ils les outils pour communiquer efficacement avec les étudiants en ligne ?
  • Soutien scolaire (aménagements pour personnes handicapées, services de conseil, réussite des élèves). De quelle façon les étudiants en ligne obtiendront-ils les services auxquels les autres étudiants de votre école ont droit ? Quels sont les aménagements pour personnes handicapées qui seront disponibles ? Le département de conseil et de contrôle est-il prêt à aider les étudiants en ligne ? Quels services de tutorat sont disponibles ou devraient être disponibles pour les étudiants en ligne ? Les étudiants auront-ils accès aux centres de réussite pour les élèves sur le campus tels que le centre d’aide à la rédaction, le centre d’aide aux mathématiques, le laboratoire des techniques d’apprentissage ? Ces bureaux sont-ils équipés pour aider les étudiants en ligne ? Qui aura la responsabilité de référer les élèves à ces services ?
  • Support technologique. Voilà quelques questions à se poser : quelle est la gamme de services que l’école va offrir ? Quel département fournira le support technologique pour les étudiants en ligne ? Par exemple, l’école permettra-t-elle seulement l’utilisation des outils de la LMS et des vidéoconférences ? Qu’arrivera-t-il si les étudiants ont des problèmes avec leur ordinateur personnel ? Les étudiants en ligne auront-ils droit à des rabais sur les logiciels scolaires ou les documents imprimés ? Quelles seront les heures d’ouverture du bureau d’assistance pour les étudiants et les professeurs ?
  • Surveiller et décourager la malhonnêteté scolaire. Comment vérifiera-t-on l’identité des étudiants en ligne ? Comment l’intégrité des processus d’évaluation sera-t-elle préservée ? Une des préoccupations en rapport avec la qualité de l’éducation en ligne est la suivante : comment l’institution peut-elle savoir que la personne qui fait le travail est l’élève qui reçoit le crédit ? Il faut aborder cette importante question pour garantir une expérience d’évaluation de qualité. Si l’école a un surveillant, elle pourra comparer la carte de l’étudiant avec la personne qui participe à une importante évaluation nécessaire pour réussir le cours. Certaines écoles surveillent les examens à travers une vidéoconférence. D’autres écoles exigent que les étudiants rencontrent un surveillant approuvé, et d’autres encore exigent même une surveillance sur le campus22. Les programmes en ligne ont aussi besoin d’identifier et de mettre en place des moyens efficaces pour décourager la malhonnêteté scolaire dans les devoirs quotidiens et les travaux de recherche ou de fin de trimestre. Parmi les stratégies possibles, on peut nommer la déclaration précise de ce qu’est la malhonnêteté scolaire (à quoi elle ressemble) et son inclusion dans le manuel de l’élève pour les étudiants en ligne ; et l’établissement de règles pour le signalement de la malhonnêteté scolaire et pour les sanctions disciplinaires. On peut aussi enseigner aux professeurs des stratégies qui aident à dissuader les élèves de remettre le travail d’un autre en le faisant passer pour le leur. Un investissement dans des outils logiciels peut aider à détecter le plagiat23.
  • Les messages électroniques automatisés et l’analyse de l’éducation. Mettra-t-on en place des messages électroniques automatisés pour être sûr qu’ils reçoivent les rappels et les informations importantes à des étapes clés du parcours scolaire ? Et pourquoi ne pas créer d’autres alertes et avis déclenchés par l’analyse de l’éducation dans la LMS ou dans le système d’information sur les élèves afin d’alerter le personnel pour qu’il aide et réoriente les étudiants dans les étapes suivantes menant au succès ?
  • Les plaintes. Comment les plaintes des étudiants seront-elles reçues et examinées ? Qui veillera à ce que les inquiétudes des élèves soient traitées dans un délai raisonnable ?
  • Le marketing. Il faut identifier le marché cible particulier. Ce marché devrait être suffisamment grand pour alimenter le programme et lui permettre de grandir. Rechercher et réviser comment cet auditoire préfère recevoir la publicité – par courriel, sur Facebook, par messages textes, ou prospectus imprimés ? Quelles communautés en ligne ou serveurs de listes peuvent servir à rejoindre l’auditoire visé ? Qui dans l’institution est disponible pour aider au marketing du diplôme ou du programme en ligne ?

La mise en place d’un système de soutien administratif de haute qualité pour l’apprentissage en ligne – de la maternelle aux études supérieures – exige une planification réfléchie et un travail stratégique minutieux. Administrateurs et parties prenantes de l’éducation doivent faire le travail préparatoire si l’on désire un système efficace pour livrer une éducation adventiste en ligne de qualité. Les principes des meilleures pratiques présentés dans cet article aideront à garantir que les programmes s’alignent avec la mission de l’école, que les programmes en ligne aient en place les systèmes d’apprentissage en ligne nécessaires pour les professeurs et les étudiants, et que les programmes soient conçus pour répondre aux besoins particuliers du marché.

Grâce à une planification soigneuse on peut développer un système efficace.


Cet article a été revu par des pairs.

Janine Monica Lim

Janine Monica Lim, Ph.D., est doyenne associée des études supérieures en ligne dans l’École d’éducation à distance et professeure associée de technologie éducative à l’université Andrews à Berrien Spring dans le Michigan, aux États-Unis. Janine Lim est actuellement responsable de plus de 200 cours en ligne, de formation des professeurs, et de systèmes qui soutiennent l’apprentissage en ligne. Elle supervise les professeurs et les cours du consortium des collèges et universités adventistes, et, depuis 2015, elle siège au comité de l’United States Distance Learning Association. Avant ses fonctions à l’université Andrews, Janine Lim coordonnait l’éducation à distance de 22 districts scolaires de la maternelle au secondaire dans le sud-ouest du Michigan, a initié des projets internationaux de vidéoconférences tels que Read Around the Planet et MysteryQuest, a cofondé TWICE (l’organisation de vidéoconférences de la maternelle au secondaire du Michigan), a enseigné des cours universitaires en éducation technologique, a publié des articles et donné des conférences dans son domaine. Elle est aussi l’auteure d’une rubrique sur la technologie pour la Revue. En tant que coordonnatrice de ce numéro, Janine Lim a apporté son aide dans tous les aspects de son développement : identification des sujets, des auteurs et des réviseurs, contribution aux manuscrits, et réponses aux questions. L’équipe éditoriale de la Revue la remercie chaleureusement pour son aide tout au long de la planification et la production de ce numéro.

NOTES ET RÉFÉRENCES

  1. Council of Regional Accrediting Commissions, Interregional Guidelines for the Evaluation of Distance Education (2011): http://www.nc-sara.org/files/docs/C-RAC%20Guidelines.pdfRAC%20Guidelines.pdf; Online Learning Consortium, OLC Quality Scorecard for the Administration of Online Programs (2017): https://onlinelearningconsortium.org/consult/olc-quality-corecardadministration-online-programs; International Association for K-12 Online Learning, iNACOL National Standards for Quality Online Courses (October 2011): https://www.inacol.org/resource/inacol-national-standards-for-quality-online-courses-v2/.
  2. Ansie Minnaar, “Challenges for Successful Planning of Open and Distance Learning (ODL): A Template Analysis,” The International Review of Research in Open and Distributed Learning 14:3 (juillet 2013): 81-108.
  3. Liz Burge, “‘Crafting the Future’: Pioneer Lessons and Concerns for Today,” Distance Education 29:1 (mai 2008): 5-17. doi: 10.1080/01587910802004811.
  4. Alan Davis, “Athabasca University: Conversion From Traditional Distance Education to Online Courses, Programs, and Services,” The International Review of Research in Open and Distributed Learning 1:2 (janvier 2001).
  5. Joycelyn Calvert, “Deakin University: Going Online at a Dual Mode University,” ibid. 1:2 (janvier 2001): 2-20.
  6. Barney Erasmus, Lynette Naidoo, et Pierre Joubert, “Talent Management Implementation at an Open Distance E-learning Higher Educational Institution: The Views of Senior Line Managers,” ibid. 18:3 (mai 2017): 83-98.
  7. Jackline Anyona Nyerere et coll., “Delivery of Open, Distance, and E-learning in Kenya,” ibid. 13:3 (juin 2012): 185-205.
  8. Kevin Oliver et coll., “Needs of Elementary and Middle School Teachers Developing Online Courses for a Virtual School,” Distance Education 31:1 (mai 2010): 55-75. doi: 10.1080/01587911003725022.
  9. Pour de l’aide pour structurer une évaluation des besoins voir la ressource de l’université du Missouri: “Conducting a Needs Assessment” (2018): https://cyfar.org/ilm_1_9. iNACOL, l’association internationale pour l’apprentissage en ligne de la maternelle à l’université a également un tutoriel utile intitulé “Understanding Your Market” (mai 2010), disponible en ligne à: https://www.onlineprogramhowto.org/decisions/organization/market-analysis/ qui fait partie de leur ressource “How to Start an Online Learning Program: A Practical Guide to Key Issues and Policies” (mai 2010): https://www.onlineprogramhowto.org/decisions/organization/resource.
  10. Matthew J. Irvin et coll., “Factors Related to Rural School Administrators’ Satisfaction with Distance Education,” Distance Education 33:3 (2012): 331-345. doi: 10.1080/01587919.2012.723163.
  11. Olabisi Kuboni, “Role of the Local Centre in Strengthening Student Support in UWI’s Distributed Learning Programmes,” Distance Education 30:3 (novembre 2009): 363-381. doi: 10.1080/01587910903236528.
  12. Burge, “‘Crafting the Future’: Pioneer Lessons and Concerns for Today.”
  13. Missouri Department of Elementary and Secondary Education, “Six-Step Process in Creating a Technology Plan”: https://dese.mo.gov/quality-schools/education-technology/six-step-process-creating-technology-plan.
  14. Susan Patrick et coll., Measuring Quality from Inputs to Outcomes: Creating Student Learning Performance Metrics and Quality Assurance for Online Schools (octobre 2012) : https://www.inacol.org/resource/measuring-quality-from-inputs-to-outcomes-creating-student-learning-performance-metrics-and-quality-assurance-for-online-schools/.
  15. Pour des exemples de modules d’acquis d’apprentissage voir Marianne Lewis, Steve Kroeger, Mike Zender, et le Center for the Enhancement of Teaching and Learning (CET&L), University of Cincinatti (2009), “Defining Program-Based Student Learning Outcomes (SLOs) and Translating Them Into a Curricular Structure”: https://www.uc.edu/content/dam/uc/cetl/docs/ProgramBased_SLOmodules1.pdf. Ce travail fait l’objet d’un droit d’auteur.
  16. Voir Don Roy, “Christian Schools―a World of Difference,” TEACH Journal of Christian Education 2:1 Article 10 (2008): 38-44. Disponible à : https://research.avondale.edu.au/cgi/viewcontent.cgi?article=1161&context=teach.
  17. Adele Nye, “Building an Online Academic Learning Community Among Undergraduate Students,” Distance Education 36:1 (mars 2015): 115-128. doi: 10.1080/01587919.2015.1019969.
  18. Minnaar, “ Challenges for Successful Planning of Open and Distance Learning (ODL): A Template Analysis.”
  19. David Brigham, “Converting Student Support Services to Online Delivery,” The International Review of Research in Open and Distance Learning 1:2. (janvier 2001).
  20. Voir le World Bank Blog “People, Spaces, Delibration” pour des blogues écrits par David Evans et Tracy Wilichowski, “What Is a Systems Approach, Anyway?” (février 2017): https://blogs.worldbank.org/publicsphere/what-systems-approach-anyway; Anthony G. Picciano, “Planning for Online Education: A Systems Model,” Online Learning 19:5 (décembre 2015): https://files.eric.ed.gov/fulltext/EJ1085774.pdf.
  21. Sue Ohrablo, “Advising Online Students: Replicating Best Practices of Face-to-Face Advising” (2016). Récupéré du site Web NACADA Clearinghouse of Academic Advising Resources: http://www.nacada.ksu.edu/Resources/Clearinghouse/View-Articles/Advising-Online-Students-Replicating-Best-Practices-of-Face-to-Face-Advising.aspx; Sue Ohrablo, “Seven Ways Advisors Can More Effectively Engage Online Students” (mars 14, 2014): https://www.academicimpressions.com/7-ways-advisors-can-more-effectively-engage-online-students/.
  22. Kelvin Bentley, “What to Consider When Selecting an Online Exam Proctoring Service,” Inside Higher Ed (juillet 2017): https://www.insidehighered.com/digital-learning/views/2017/06/21/selecting-online-exam-proctoring-service; Jean Dimeo, “Online Exam Proctoring Catches Cheaters, Raises Concerns,” Inside Higher Ed (mai 2017): https://www.insidehighered.com/digital-learning/article/2017/05/10/online-exam-proctoring-catches-cheaters-raises-concerns; Distance Education Report, Promoting Academic Integrity Online (mai 2010): https://www.lmunet.edu/uploads/ctle/report-promoting-academic-integrity.pdf.
  23. Susan M. Taylor, “Term Papers for Hire: How to Deter Academic Dishonesty,” The Journal of Adventist Education 76:3 (février/mars 2014): 35-41: http://circle.adventist.org/files/jae/en/jae201476033408.pdf.